‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 3)Chapitre 95 sur 101 · HOTES. J · texte numérisé non relu

HOTES. J

(i) Les cvèques afferment à vil prix leurs biens, soil à leurs enfants , soit à leurs frères, ou autres proches, quehiuefois ouveilenient, le plus souvent au moyen de trausaclions frauduleuses. V. Enquêlo sur les dîmes. i83a, Titlies inlreland. Second report, Coinmons.N" SigS. SelonM. Mahony, avocat distingué de Dublin , les biens d'église affermes iao,ooo I. st., rapportent en réalité de 5oo à 6uo,ooo liv.st., soit aux occupants, soit aux familles de ceux-ci (id.). — Quant aux revenus ap|)arenis des terres ecclésiastiques, voir Ecclesiastical commission , i833. First Report, p. 43. — Sur le mode et la durée des baux donnés par l'Église à ses fermiers,Y. id., p. 213.

(i) Avant le bill de réforme , ^ur six cent cinquante-huit membres des communes, il y en avait trois cent sept élus par des bourgs pourris, dont U propriété appartenait à cent cinquante-quatre propriétaires.

(1) O'Connell à Edimbourg, en septembre i835,

(2) Ea i835, quelques publications tendantes à l'abolition du droit d'aînesse et des substitutions ont paru à Londres, et y ont obtenu un assez grand succès; l'une d'elles portait ce titre: Thoughts upon the Aristocracy of England, by Isaac Tomkins, i835. J'en ai sous les yeux la sixième édition. Une autre était intitulée : Letter to Isaac Tomkins and Peler Jenkina on primogeniture, by T. Winter bollom. Cette troisième ; A Sketch of the aristocracy of England... L'une de ces brochures était, à tort ou à raison, attribuée à lord Brougham.

(i)En 1837 : il n'est pas tout-à-fait exact de dire que le bill qui tendait à abolir en Angleterre les chtirch rates (ou taxes de fabriques) , fut rejeté ; car, en réalité , il fut adopté par la chambre des communes, à une majorité de 5 ou 6 voix ; mais, dans un pays où le gouvernement constitutionnel est compris , on trouva cette majorité si minime , que le ministère considéra le bill comme rejeté, et ne le porta point à la chambre des lords.

(i) On peut juger, par un seul exemple, de la répugnance qu'éprouvent les tories à faire aucun changement dans le gouvernement de l'Irlande. On a vu précédemment (introduction historique, p. 171), qu'en 1793 la loi qui interdisait le mariage entre les piotestants et les catholiques, fut abolie. De là, sans doute, résultait la nécessité d'abroger les lois qui défendaient, sous

peine de mort, au prêtre catholique de célébrer un mariage entre catholiques et prolestaiits. Cependant ces lois, tombées , il est vrai, eu désuétude sont lestées intactes jusqu'en i833, époque à laquelle une adniiuislratiou whig 1rs a formellement abolies. V. loi du ay aorti i833.

(i) Le principe fondamental des écoles irlandaises, dites nationales, est qu'on y donne l'instruction aux enfants, indépendanmient du culte professé pareenx-ci. Il est manifeste que, dans un pays eoinuie l'Irlande, l'exéeulion liJèle de ce principe est la eoiiditioii nécessaire de succès pour toute école ouveiie, tout à la fois, aux protestants et aux calimliques; mais il est facile de comprendre les difficultés que l'on rencontre dans la pratique. Il ne faut point influencer les enfants en faveur de tel ou tel culte, et cependant tout enseignement religieux ne saurait être banni de l'école. Que serait en effet l'éducation sans la religion?— Mais si on entrelient les enfants de religion, comment le faire sans tomber dans l'écueil qu'avant tout il faut éviter.' — C'est à vaincre ces deux ol)^tacles (juc tendei't tous les efforts du gouvernement whig El d'abord, comme garantie de la sincérité de l'intention , il a placé à la tête de la commission centrale qui dirige ces établissements, deux hommes éminents, chacun dans son parti, l'un protestant, l'autre catholique, et qui doivent par leur caractère offrir des gages d'impartialité aux croyants de leur religion ; l'un est le docteur Whately , archevécpie protestant de Dublin, l'autre, le docteur Murray , archevêque catholique; le duc de Leinster , qui est à !a tête de la noblesse irlandaise , homme d'une grande sagesse et d'une grande modération , en fait aussi partie. Ensuite il est établi comme règle principale de l'institution , qu'en aucun cas il ne sera donné aux enfants que l'instruction religieuse déterminée par leurs parents ou tuteurs ; et qu'à cet effet, un jour de la semaine (en outre du dimanche) , les enfants des écoles seront mis à la disposition, soit du tuteur, soit du ministre, prêtre catholique ou pasteur protestant, désignés par le tuteur de l'enfant ou par ses père et mère, afin de recevoir l'espèce d'instruction religieuse qui leur convient. Les enfants ne trouvent dans l'établissement même aucune insiructiiin religieuse, à moins qu'on ait reçu de leurs père et mère, l'autorisation formelle de leur donner celle qui y est en vigueur. Au 3r mai 18 36, ces écoles étaient au nombre de treize cents, contenant plus de cent mille élèves de toutes les dénominations religieuses. Un des soiqs principaux du gouvernement est de fonder en ce moment des écoles normales d'enseignement ; car ce qui manque en l'Irlande à ces écoles, ce ne sont pas les élèves, mais les instituteurs. V, Reports of the commissioners of national éducation in Ireiand for the years i834,iS35, i336et 1837. — On ne saurait mieux se faiie une idée de l'esprit dans lecpiel les écoles nationales d'Irlande sont

dirigées , qu'en lisant les discours prononcés sur ce sujet à la chambre des lords, par l'archevêque de Dublin (le docteur Whalely), qui est tous les ans attaqué dans cette chambre par les orateurs du |)arli tory, et notamment, par lord Lyudurst et l'évèque d'Exeter. V. notamment le discours prononcé parle docteur Whately, le 19 mars i833. Ceux qui voudraient approfondir ce sujet, et examiner non setilemeut ce que l'on fait en Irlande, mais encore ce que l'on devrait y faire dans l'inlérèt de l'éducation du peuj)le et des autres classes de la société, doivent lire l'ouvrage très-remarquable publié sur ce sujet par M. Th. Wyse de Waterford , auteur de l'Histoire de l'As- 50<;(rt//o« catholique . Cet ouvrage est intitulé Education refonn. London, 1 836, Longman. Le discours prononcé sur le même sujet, par M. Wyse, dans la chambre des communes, le 9 mai i835, mérite également d'être consulté.

(i) On veut parler de la réforme opérée dans les pouvoirs des juges de paix, par ]e pour law amendement act, le 14 août i834, qui, en créant une administration centrale de la loi des pauvres , a dépouillé les juges de paix d'un grand nombre d'attributions, et a restreint singulièrement ceux de leurs pouvoirs qu'elle n'a pas détruits.

(2) La pensée la plus avancée des whigs se peut voir dans un écrit intitulé National Property and Prospects of the présent administration and of their succesors, qui a paru i835, et qui, quoique publié sans nom d'auteur, est notoirement émané de M William Nassau Sen ior, ex-professeur d'économie politique à Oxford, auteur d'un ouvrage extrêmement remarquable, intitulé OutUneoï the science ofpoliiical economy, i836, et aujourd'ui investi d'une des plus importantes fonctions de la magistrature anglaise (master in chancery). M. Senior, quoique écrivant en son nom propre, était évidemment l'organe réel du ministère Melbourne ; et sa publication avait pour objet de pressentir et de préparer l'opinion publique sur les réformes qui éiaient dans la pensée des whigs. Or les principaux points qui sont étabhsdans l'œuvre de M. Senior , sont ceux-ci : i» que la chambre des communes est désormais le pouvoir prépondérant dans l'État, et que la chambre des lords ne doit plus être que la seconde chambre du parlement; 2° que si la chambre des lords n'accepte point ce rôle secondaire , le seul qu'elle puisse avoir , il faut de toute nécessité la réformer ; et cette réforme se peut faire en introduisant dans la chambre des lords un grand nombre de lords nommés à vie ; 3° il faut absolument opérer de grandes réformes dans l'Église d'Angleterre et dans celle d'Irlande, et ne point s'arrêter au cri de l'Église qui se prétend dépouillée quand on règle ses droits et ses revenus. Les propriétés de l'Église

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sont (les proprit-lés nationales, dont l'Ktat l.iit l'emploi qu'il juge le plusjusle et le plus utile à la société ; 4" il faut léfoiiner les corporations municipales d'Angleterre. Oa sait que ces corporations ont été réformées en i836. Comme en iSiô on s'attendait à utie résistance de la chambre des lords au bill de réforme des corporçlions municipales d'Angleterre, il était déjà question, au sein du cabinet Wblg , d'un projet de réforme de la chambre des jprds, dunt les articles avaient déjà été esquissés... Mais, les lords ayant cédé, ce projet n'a pas eu de suite.

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(i) En 1837 , un bill tendant à l'établissement de ces conseils locaux fut préparé par M. Joseph Hume, sous le titre de Bill to establish councilsfor the better management of coiiiity rates. On croit tenir de très-bonne source que M. Hume, en présentant ce bill, agissait d'accord avec le ministère whig, sur l'appui duquel il croyait pou^oir compter; et en effet, les ministres whigs ne voyaient dans ce projet de loi, qui dépouillait les juges de paix de l'administration des comtés, pour la transporter à des magistrats élus, rien que de compatible avec leurs principes politiques. Mais la seule présentation de ce bill souleva de si grandes oppositions dans la chambre des communes, dont tous les membres sont jugts de paix, que les whigs n'ont pas osé soutenir ce projet de loi, qui était, il est vrai, conforme à leurs propres sentimenis, mais qu'ils ne pouvaient défendre sans compromettre leur existence ministérielle.

(i) Il y a eu sur celle question beaucoup de défections parmi les wlugs,'qui cependant ne l'ont pas désertée en masse. Voici du reste quel a été , depuis i833 , le mouvement des majorités et des minorités sur cette question ; ea i833 , pour le scrutin secret , 106 voix contre 211 ;en i835, 146 pour et 319 contre; en i836, 88 pour, et 139 contre; en 1837, t55 pour, et 267 contre; enfin en i838, 200 pour, et 3i7 contre. Ou voit qu'il y a encore pour repousser la motion, une majorité de 1 17 voix. Le bill n'aurait quelques chances de sucrés que si le ministère whig l'adoptait. Du reste , il y a sur cette question de singulières variations d'opinion. Beaucoup de tories tendent à croire que le vote au scrutin secret ne nuirait en rien à l'influence de l'aristocratie, et aurait pour avantage de détruire celle du peuple qui aujourd'hui à une certaine action sur le vote pubhc des électeurs. Par la même raison, beaucoup de radicaux qui étaient favorables à la motion, hésitent dans leurs sentimenis. Il existe cependant, sur ce sujet, quelques convictions constantes et inébranlables , à la tète desquelles il faut placer celle de M. George Grote,

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qui a pris en main la cause du scrutin secret (halloi) , el reproduit chaque aniH'e une motion qui l'a pour objet Tous les arguments que l'on peut présenter en faveur de celle réforme sont exposés avec ljeaucou|> de talent dans les deux discours piononcés à la chambre descommunes, par M. Grote, les 8 mars 1837 et i5 février i838.

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(i) Church rates abolis pour l'Irlande en i833.

(2) Les whigs semblent pourtant enclins à faire revivre la paroisse et ses pouvoirs. Ainsi deux luis rérentes de iS33 et de i836 confient aux paroisses d'Irlande le soin de nommer chaque année dis ronimissaires à l'effet de surveiller les cabarets où se\endent de la bierreet des liqueurs fortes, anssi bien que les personnes qui tiennent ces maisons. 3 et 4 W. IV. ch. i.xviii «ect. XX ; 6 et 7 W. IV, c. xxxvnx, sect. xiii.

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(i) La réforme des corporations municipales d'Angleterre s'est faite en i836.

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(i) Les whigs admettent bien quelquefois comme les tories qu'on doit attacher la condition d'un cens à l'exercice des droits municipaux. Mais alors même qu'ils se rapprochent ainsi des tories, ils en sont encore séparés par la quotité du cens que les tories veulent élever beaucoup plus que les whigs. Ceux-ci estiment que l'on pourrait conférer les droits de cité à tous les individus payant un loyer, ou habitant une maison dont le loyer fût de la valeurde 5 liv. st. (lîS fr.). — Les tories fixent au contraire à 10 I. st. (aSo fr.), le minimum du cens municipal. Les arguments sur lesquels repose le système de.< tories se trouvent principalement dans les discours prononcés sur cette question à la chambre des communes, par sir Robert Peel, et à la chambre des lords, par lord Lyndhurst.

(i) Août 1834. Poor law amendment act. Il e.xiste en Angleterre des paroisses où la taxe des pauvres était devenue si énorme, qu'elle avait dépassé le revenu des terres qui en avaient la charge , et que les propriétaires de ces terres et les fermiers avaient déserté leur domaines et leurs fermes, pour s'affranchir de ce fardeau. Les commissaires for inquiring into the

opération of ihe poor laws iii Englaïul), rit(Mit In paroisse de Cliolosbury en Ilerksliire, où la taxp des pauvres s'éleva de lo liv. si., qui était son chiffre en i8i)i,à 367 liv. st. vn iS32, (luoique In popiilalion filt restée presque stationnaire. (V. third report oftheirish poorla\v(oiiimi-.siouers.i835, p. 0 )

(2) Loi ilu 25 août i835.

(3) Loi de i836.

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(1) Il arrive à la vérité quelquefois aux whigs de ne pas centraliser même en Irlande autrement qu'ils ne fout en Angleterre. Ainsi, parexeuqile , laloi des pauvres, donnée cette année même ^i838) à l'Irlande, repose sur le même système timide de centralisation mixte qui sert de base à la nouvelle loi des pauvres d'Angleterre; c'est-à-dire qu'elle charge le pouvoir central de diriger, les classes moyenne et supérieure d'exécuter, et le peuple de choisir une partie des agents d'exécution. Mais il faut reconnaître qu'en général les whigs établissent en Irlande une autre sorte de centralisation qu'en Angleterie.

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