‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 4)Chapitre 107 sur 126 · PREMIÈRE PARTIE, CHAP. IV · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHAP. IV

impitoyable tyrannie ? Eh quoi ! l'on voit chaque jour l'homme le plus robuste , et doué de la plus grande énergie morale , se dégrader , s'avilir et tomber physiquement dans une faiblesse absolue , sous l'influence de quelques années d'im régime de misère et de corruption ; et l'on ne comprend pas que six cents ans d'esclavage héréditaire , de misère matérielle, et d'oppression morale, aient altéré tout un peuple, vicié son sang, avili sa race et dégradé ses mœurs! L'Irlande a subi le régime du despotisme : l'Irlande doit être corrompue ; le despotisme a été long , la corruption doit être immense. Vous vous étonnez de trouver des mœurs d'esclaves chez les descendants d'un peuple soumis à six siècles d'esclavage; pour moi, je serais bien plus surpris de rencontrer les habitudes et la dignité de l'homme libre chez celui qui ne connut jamais que le régime de la servitude. Quand je vois une nation qui eut le malheur de tomber sous le joug et d'y demeurer soumise , je ne m'enquiers point des vices qu'elle a , je demande quels vices elle n'a pas et quelles vertus elle peut avoir.

Considérez attentivement le caractère de l'Irlandais , analysez ses vertus et ses vices , et vous reconnaîtrez bientôt qu'il n'est pas une seule de ses dispositions , bonnes ou mauvaises , qui ne trouve sa principale raison dans l'état de la société irlandaise depuis la conquête , soit que cet état social ait fait naître ses penchants, soit qu'A les ait seulement développés. Prenant ce point de départ , vous ne vous étonnerez plus, en comparant l'Anglais et l'Irlandais, de les trouver si dissemblables,

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