CARACTÈRE IRLA]ND.A.IS
La légèreté qu'on remarque clans les mœurs d'un peuple ne vient quelquefois que de sa misère , et telle nation , qu'on voit mobile et frivole, n'aurait besoin, pour se montrer grave, que de devenir riche et libre. Je ne sais si le sérieux des Anglais ne tient pas plus à leurs institutions qu'à leur race. Il n'y a point de peuple ni d'homme qui donne tant à ses plaisirs que celui qui travaille peu : l'Anglais ne s'amuse point parce qu'il travaille beaucoup. Il a des droits et des libertés à défendre en même temps que les richesses du monde à conquérir. Le caractère de l'Anglais serait-il le même s'il perdait ses privilèges politiques et l'empire des mers ? J'en doute. Je crois bien qu'il n'éprouvera jamais , sous son ciel brumeux , ces douces sensations de langueur, ces besoins de repos physique et de mollesse que fait naître le soleil de Naples. Mais s'il est vrai que l'atmosphère humide dans laquelle il vit l'excite plus à l'action que ne le ferait le beau ciel d'Italie , ne faut-il pas reconnaître que la disposition favorable au travail , qui naît de son climat austère , pourrait être combattue par des institutions politiques qui , au lieu de seconder ses penchants industrieux, leur seraient contraires ?
Voyez comme son caractère se modifie en dépit de sa race, selon qu'il est soumis à des influences diverses. Qui pourrait, dans l'Ecossais de nos jours, froid, Calculateur, industriel, rangé, reconnaître ce poétique enfant de la Calédonie, fougueux, indiscipliné, rebelle a toute sorte de joug et descendant de ses montagnes à la voix de ses bardes et de ses ménestrels ? Qui reconnaîtrait, au sein de la démo-