‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 4)Chapitre 111 sur 126 · PREMIÈRE PARTIE, CriAP. IV. 3f6S "^^^'•S^k · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CriAP. IV. 3f6S "^^^'•S^k

tous ont contracté l'habitude de mentir, parce que ^ le mensonge a été pour eux pendant plus d'un siècle une arme nécessaire et légitime. Us ont pris des habitudes de violence et de rébellion , sous l'in-t fluence d'une tyrannie qui les forçait de se placer en hostilité ouverte contre les lois. Maintenant ne vous plaignez point si vous trouvez chez l'Irlandais une aversion générale pour le vrai , un goût absolu pour le mensonge. Est-ce qu'il est capable , grossier et ignorant comme vous l'avez fait , de tracer dans son esprit avec quelque discernement une ligne de démarcation entre les cas où sa conscience peut l'absoudre d'un mensonge et ceux où elle ne saurait l'en justifier? Comment fera-t-il pour distinguer, parmi les crimes que la loi établit, ceux qui ne sont pas des crimes et ceux qu'il doit considérer comme tels? Comment reconnaîtra-t-il parmi les vertus qu'honorent ses ennemis celles qui sont des vertus réelles , non dépendantes d'une convention et d'une forme ? — Admettons que de bonne foi il essaie de faire ces distinctions souventbien difficiles; croyez-vous qu'après l'abrutissement qu'il a subi il aura le tact fin et délicat qu'il lui faudrait pour démêler, au milieu de toutes ces incohérences , le vrai du faux , le juste de l'inique ? Soyez sûr qu'après quelques efforts il succombera dans une pareille tentative : avec l'intention de réformer ses vices, il les gardera; il sera quelquefois honnête et juste, mais il ne sera jamais sûr de l'être parce qu'il aura perdu la règle de la justice et de l'honnêteté. Dans tel cas particulier il sera tenté de dire vrai; cependant, au milieu des

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