‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 4)Chapitre 112 sur 126 · CARACTÈRE IRLANDAIS · texte numérisé non relu

CARACTÈRE IRLANDAIS

ÉÇ- incertitudes de sa conscience dépourvue de tout

guide moral et accessible aux conseils de l'intérêt , il finira par adopter le mensonge : il mentira parce qu'il ne lui paraîtra pas bien sûr que dans ce cas * particulier le mensonge soit moins licite que dans tel autre cas où il ne doute pas que le mensonge ne soit permis : il hésitera peut-être à commettre telle violence meurtrière; mais il repoussera le remords , s'il en ressent l'atteinte , en se représentant l'analogie qu'a la vengeance projetée avec quelques vengeances sanguinaires qu'il a toujours été accoutumé à considérer comme des actes légitimes.

Dans l'égarement où le jette la confusion de tous les principes , il contracte ainsi de certaines habitudes de violence, et son esprit apporte dans ces violences une certaine méthode qu'ensuite il applique à tous les cas. Qui ne voit dans les pratiques grossières des White-Boys, dans leur principe de se faire justice à soi-même, dans leur système d'intimidation, la source des attentats commis en Irlande, ► tout récemment (i) par les ouvriers industriels? Un fabricant prend quatre apprentis : C'est trop , disent les ouvriers employés par ce fabricant et auxquels les apprentis nuisent par leur travail gratuit; et si vous n'en renvoyez pas au moins deux, nous vous tuerons ; et la menace -étant méprisée, Je crime est commis. Dublin a été en l'année 1837 le théâtre de mille atrocités de cette nature, commises par des malheureux qui regardent la violence comme leur seule ressource , et détruisent ainsi l'industrie de leur pays par laquelle seule ils pourraient vivre.

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