‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 4)Chapitre 116 sur 126 · PREMIÈRE PARTIE, CHAP. V · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHAP. V

j'admettrai aussi qu'étant loin de sa terre et de ceux qui l'habitent , il lui sera difficile de connaître les souffrances dont le soulagement lui appartient ; j'irai enfin jusqu'à concéder que le propriétaire, qui est retenu sur son domaine d'Irlande , soit par la médiocrité de sa fortune ou pour toute autre cause, sera moins coupable d'opprimer une population qu'il méprise et déteste en vertu des traditions reçues de ses pères, que ne le serait l'oppresseur exempt de tous préjugés.

Mais ce que je ne puis concevoir, c'est qu'après plus de deux ou trois siècles de persécutions stériles pour convertir l'Irlande au culte réformé , l'aristocratie protestante ne voie pas clairement que l'Irlande est destinée à demeurer catholique, et que la persécution, exercée en vain, a dû enraciner dans l'âme du peuple les haines les plus profondes contre les persécuteurs; ce que je ne conçois pas davantage , c'est que ce grand seigneur anglais ou irlandais, qui n'est que propriétaire en Irlande, y prétende aux pouvoirs de l'aristocratie; c'est qu'il se croie en droit de commander à ses fermiers de voter aux élections, selon son bon plaisir, et qu'en voyant ceux-ci donner un suffrage indépendant, il s'écrie, dans une douleur profonde, que les liens sacrés qui unissaient le vassal à son seigneur sont brisés; ce qu'il m'est impossible de comprendre , c'est que celui qui ne réside pas sur des domaines où il est inconnu ; ou cet autre, dont la présence sur ses terres ne s'annonce que par des exactions et des rigueurs; ce juge de paix d'Irlande, qui vit habituellement à Londres, qui vient, en passant, s'asseoir sur le banc

SyVi RÉSUMh.

des magistrats , et qui , après avoir touché le loyer de ses terres, ne s'en ira pas sans condamner à mort quelques mauvais sujets irlandais; ce juge de paix, dont les décrets n'excitent parmi le peuple que la haine et l'indignation , dont l'incapacité est si grande, que, sans l'assistance du pouvoir central, il ne parviendrait point à rendre la justice, et son autorité si faible , que sans l'artillerie anglaise il ne serait point obéi; ce ministre anglican, qui vit sur le pauvre, auquel le pauvre paie des taxes, et dont le pauvre ne reçoit rien; qui, venu en Irlande comme missionnaire , n'y est plus que rentier, et qui , se voyant en Irlande entouré de baines et de périls, prend le parti de quitter le pays, et d'aller dépenser, soit à Londres , à Bath ou à Cheltenham , les cinq cents livres sterling de rente que lui rapporte son bénéfice d'Irlande; ce qu'il m'est impossible, dis-je, de concevoir, c'est que de tels hommes, propriétaires, magistrats ou gens d'Eglise, qui ne font rien pour le peuple, prétendent aux privilèges qui sont l'attribut d'une aristocratie qui gouverne ; c'est qu'après avoir délaissé le peuple à lui-même, ils s'étonnent de le voir ignorant, grossier, mourant de faim, et quand ils l'ont traité en esclave, de le voir vil et dégradé ; c'est qu'après avoir été la cause volontaire ou involontaire de ses maux, ils soient surpris d'en être haïs ; ce qui passe mon intelligence, c'est qu'après avoir abaissé leur pays à un degré de misère inconnu de tout autre peuple , dans le même temps que l'Angleterre surpassait en prospérité toutes les nations du monde, ils s'indignent de ne pas jouir en Irlande de la popularité qu'ol)tiont l'aristocratie

PREMIKRE PARTIE, CHAP. V. 3'"3

en Angleterre; ce qui, en un mot, révolte mon bon sens, c'est que, dépourvue de toutes les conditions d'existence, cette aristocratie, qui n'en est pas une , se déclare légitime, juge ses droits sacrés, ses titres inviolables, revendique rigoureusement les honneurs et les respects qu'obtient à grand'peine une aristocratie éclairée, juste et bienfaisante, et qu'elle crie à l'impiété quand le moindre de ses privilèges est attaqué.

Je me trompe, ces passions de l'aristocratie irlandaise ne doivent point me surprendre, elles sont naturelles ; celui qui naît propriétaire d'esclaves , ne croit-il pas à la sainteté de l'esclavage ?

FIN nu TOME PREMIER.

(i) Wakefield, Account o£ Ireland, t. I, p. ai6.

(a) Giraldus cambrensis, Aucient irish Historiés, Cauipiou, p. i3.

(i) Wakefield, t. I, p. 86, 92, gS, 98. — Mason, l. II, p. 5oi.

La plus grande étendue de bogs est contenue dans la vaste plaine qui forme le bassin central de l'Irlande et qui peut se décrire par deux lignes tirées, l'une de l'île d'Howtli à Sligo, l'autre de Wicklow à Galway; l'espace compris entre ces lignes est de 2,83 r, 000 acres. Le mot marais par lequel on traduit quelquefois bog, rend mal le sens de ce dernier terme. Le caractère d'un sol marécageux est en général d'être très-bas, tandis que les tourbières d'Irlande^sont quelquefois à près de cinq cents pieds au-dessus du niveau de la mer. ( Encyclopedia Britannica, v» Ireland, p. 391.)

(i) Eu CoDuaught tout le monde parle l'irlandais. V. History of Galway- Hardiman, p. 3i3.

(i) On a estimé que ces pauvres cultivateurs eu Irlande sont dans la proportion de cent quatre-vingt-dix-neuf catboliques contre un protestant, Scully's pénal Laws, p. 143.

(2) V. Tliird report of the irish poor Inquiry, 18 36.

« It appears that in Great-Britain the agricullural famihes constitute £///« more thaiia fourlh, whileiii Ireland Ihey coustilute about two-thirds of the whole populaiiou; that ihere were in Great-Biitain, in i83t, 1,055,982 agricultural labourers, in Ireland i,i3r,7i5, although the cultivated land of Great-Britain amounts to about 84,290,000 acres, and that of Ireland only lo nbout 14,600,000; \\e tlius find Ihat there are in Ireland about five agri-

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376 KOTES.

cultural labouiei s lui cvery l^vu ibal there ure fur the buiue quautity ol lund in Greal-Brilain. >•

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(i) L'Irlandais ue mange de viande qu'une fois l'an, le jour de Noël.

Un des grands inconvénients de la pomme de terre, comme fond d'aliment pour une populalion considérable, c'est: 1° la difficulté d'en transporter une grande quantité d'un lieu à un autre. Tel village a des pommes de terre en abondance, non loin d'un autre qui est dans la disette : mais comment le premier fera-t-il parvenir au second l'excédant de sa richesse ? 1° les pommes de terre ne se conseivi-nt pas , île sorte qu'une année d'abondance ne peut compenser une année de disette. V. Sélections from the évidence received by the poor irish Inquiry commissioners. i835. p. 225.

(a) Id., p. 220.

(i) V. Sélections of the irish poor Inquiry, p. 296, — i835.

(i) Lettre au duc de New-Castle du 7 mar? 1727. — Boulter's letiers. r' vol., p, 181.

(i) Tithes Inquiry-House of lords, iS32. 2* report, p. 95.

(2) Poor irish Inquiry, 2*^ report, i836, p. 4.

(3) Wakefield, Account of Ireland, 1. 1, p. 224.

(4) L'auteur a en général adopté les résultats de l'enquête commencée en i835 par ordre du parlement, et dont les principaux commissaires étaient le docteur Whately, archevêque protestant de Dublin, le docteur Murray, archevêque cathohque, MM. Carlisle, Corrie, Vignoles, More O'Ferral, etc. Les travaux immenses de cettecommission lui oiàt paru mériter la plus grande confiance. Ils sont l'image la plus fiJèle de l'Irlande. C'est encore voyager en Irlande que de les parcourir. L'auteur n'a pas sans doute négligé de consulter les importantes publications de M. Nicholls, autre commissaire chargé plus récemment d'une nouvelle euquète sur l'état de l'Irlande. Mais il est impossible, pour quiconque a visité ce pays, de ne pas reconnaître que les constatations de la première enquête et les appréciations des premiers commissaires ont un caractère de vérité, de soin minutieux et d'exactitude parfaite, qui ne se trouve point au même degré dans les rapports de M. Nicholls. On sent que les premiers corr.missaircs racontent tout simplement ce (ju'ils mit vu et ont conmiencé leurs recherches sans prévoir quelle en seiail la conclusion. Il semble au curitmirc que M. Ni'holls ait conçu en Aui,'le-

lei le uu ordre d'idées, a l'appui desquelles il serait venu eu Irlande cliercher des faits; de sorte qu'il n'aurait pas tiré son système des faits, mais aurait accommodé les faits à son système.

(i) En juillet i835, je parcourus le comté de Mayo (Connaught) ; et comme je traversais la paroisse de New Port-Pratt, j'y trouvai toute la population debout, et donnant, au milieu d'une extrême agitation, les signes du plus violent désespoir. C'était la saison de la disette, le peuple était affamé. L'agiiatioD de ces malheureux venait moins de leur misère que de leurs espérances ; on leur avait annoncé des secours promis par l'Angleterre, et ces secours, ils les attendaient. Dans cette situation, l'arrivée d'un étranger au milieu d'eux fit une grande sensation ; une voix s'écria que c'était un envoyé du gouvernement anglais, et en un instant ce bruit se répandit dans toute la foule et dans tout le pays. J'eus à dissiper ces illusions. Je vis alors de mes propres yeux ce que c'est qu'une population entière mourant de faim, épuisée par le jeûne, demandant à grands cris du travail, et réduite à

une stérile oisiveté Voulant me former par moi-même une idée exacte

du degré de misère de tous les habitants de cette paroisse, je visitai au hasard un grand nombre des cabanes dont elle se compose. Voici quelques détails statistiques que j'ai rapportés de cette enquête : sur 11,761 habitants de la paroisse, il y en a 9,838 qui n'ont d'autre coucher que de la paille et de l'herbe, 7,53 1 n'ont pas même de bois de lit, et couchent par terre. Sur 206 personnes dont se compose le petit village de Derry-Lal^en (l'un des villages de la paroisse), il n'y en a que 39 qui possèdent une couverture pour la nuit; les autres, durant la nuit, meurent de froid comme de faim. Je trouvai, dans le cours de mes visites, douze familles qui, au milieu du jour, n'avaient pas encore rompu leur jeûne, faute d'aliments. J'ai vu un pauvre malheureux alité, dont l'unique maladie provenait d'un trop long jeûne imposé par la misère ; il était tout honteux de son indigence , et*se laissait mourir de faim plutôt que de mendier, — La famine dure en général de trois à quatre mois ; elle commence vers la fin d'avril, époque à laquelle les pommes de terre de l'année précédeuie commencent à être mauvaises parce qu'elles germent, et dure jusqu'à la fin d'août, c'est-à-dire jusqu'au moment où se fait la nouvelle récolte de pommes de terre. ~!

(i) Il y a en Angleterre quelques petits propriétaires (yeomen et freeholders) dont le nombre diminue chacjue jour , les petites terres s'absorbant de plus en plus dans les grandes. En Irlande, ils sont presque entièrement sinon inconnus.

On a à tort donné le nom de yeomen en Irlande, aux habitants des campagnes qui, pendant la guerre de 1798, se joignirent à l'armée anglaise pour réprimer l'insurrection. C'étaient tous des fermiers et non des propriétaires. Or, \t yeoman est celui qui cultive lui-même la terre dont il est le propriétaire.

(i) La population a<;ricole est aussi quelquefois placée sur la terre suivant un autre système.

Supposez un village composé de cent familles auxquelles un propriétaire livre deux cents acres déterre, attribuant à chacune d'elles deux acres dont il fixe la rente, soit à une livre sterling Caere, les cent familles lui devront chacune deux livres sterling, en tout deux cents livres sterling. Il est établi que si l'une d'elles ne paie pas ce qu'elle doit, toutes les autres seront tenues de sa dette, c'est-à-dire qu'elles sont constituées solidaires les unes des autres. — C'est ce qu'on appelle le système de fermage en commun {^joint tenancy).

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(1) In Irel'and the owner of the fee has in many cases parted with ail bénéficiai interests in his land^xcept the receipt of a cliief-rent, which is not increased, the lease being for lives, and reiiewable for ever. The « round so let is again uuderlet and siibdivided till at last ihere corne to be six or seven removes between the owner of the fee and the occupying tenant. (Lord Stauley's speech, 5 juillet iSSa — House of lords.)

(i) V. dans Wakefield's Account of Ireland, t. I, p. 287, les exactions auxquelles se hvrent les middlemen. — Arthur Young's Travel, t. II, p. 97, édition in-8. — Et aussi enquête de i832, slate of Ireland, p. 247, et autres.

(a) Je n'ai entendu sur ma route, en parcourant l'Irlande, que des imprécations des pauvres fermiers contre le taux exorbitantdes rentes qu'exigent d'eux les propriétaires. Cependant je pourrais me défier de mes pnpres notes sur ce sujet, si je ne les trouvais entièrement confirmées par tout ce qui, en ectte matière, peut faire autorité, les ouvrages des voyageurs célèbres et dignes de foi, aussi bien que les documeuls parlementaires : Arthur Young, qui voyageait en 1779 ; — Wakefield qui parcourait l'Irlande en 1810; — Inglis eu i834 ; — et toutes les enquêtes parlementaires de i8a5, de i83o de i835 et t836.

(i) Voici lin exemple ; en général, le pauvre agriculteur qui prend à loyer une petite étendue déterre en paie la location au propriétaire, au moyen de journées de travail qu'il fait pour celui-ci, et dont le prix se compense avec les rentes ; mais qui fait le compte de ces journées de travail, qui en fixe la valeur? c'est le propriétaire; et dans un compte ainsi fait le pauvre cultivateur est d'ordinaire complètement dupe. C'est une des causes les plus certaines de la misère chez la population agricole.

(i) A l'exception de la médecine.

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(r) V. G. Lewis irish Disturbances, p. 79 et 32o.

(i) Is it the custom to let farms to ihe highest bidder? — it is. — Enquête de i832. — Tilhes, commons, 3717. — Fitzgerald, 21 5. — Are they let by public advertisement ? w/ne are, and some nol. Idem, 3759.

(2) C'est maintenant une vérité constatée par des autorités irrécusables, que, sous le poids des charges dont la terre est grevée, le pauvre agriculteur ne saurait tirer du sol de quoi payer son fermage et se soutenir lui et sa famille. Il est également reconnu que ses moyens d'existence ne sont suffisants que si, pendant tout le temps qu'il ne consacre pas à la culture de son champ, il trouve de l'emploi comme ouvrier à gages. Or, cette seconde ressource, sans laquelle la première est incomplète, lui manque presque toujours; si l'on excepte le temps des semailles et celui de la récolte, on peut affirmer qu'en Irlande, l'habitaut des campagnes ne peut pas compter sur deux jours d'emploi régulier. — Il ne trouve habituellement personne qui le fasse travailler, parce que tous ceux qui l'entourent soni: pauvres comme lui, et que le riche, qui pourrait seul les employer, est ou absent ou indifférent à leur misère. Dans toute la province de Connaught il y a six mois de l'année durant lesquels toute la population agricole manque absolument d'ouvrage et demeure oisive sur la terre où elle n'a rien à faire, ni rien de quoi vivre ; l'on a même calculé que, dans une paroisse de cette contrée, sur les trois cent soixante-cinq jours de l'année, il n'y en a pas plus de trente pour lesquels le journalier trouve du travail. Les provinces moins misérables, telles que Munster et Leiiister, ne fournissent jamais à la population agricole de travail constant, et dans les paroisses les plus heureuses, il y a toujours au moins trois mois d'oisiveté forcée pour les ouvriers. Ce travail précaire et

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irrégulier est d'ailleurs réuibué par un salaire variable, quoique toujours minime: la plus forle paie pour un journalier est de 12 sols par jour (6 pence), elle est souvent de 8 sols (4 pence), quelquefois de 4 sois (2 peuce); — Pour que le sort de ces cultivateurs fût tolérable , il faudrait qu'ils eussent toute l'année du travail à 10 sous par jour, sans être nourris. — V. Sélections of ihe poor irish Inquiry t835, p. 207, 214; Geoige Lewis, Irish disturbances, p. 27.

(3) 2,600,000, c'est le chiffre adopté par les cominissaires de l'enquête de i835. V. troisième rapport de Poor irish imjuir); i836.

(i) V. G. Lewis Irish disturbances, p. 79.

(i) La première expulsion des fermiers qui se fit un peu en grand en Irlande, arriva par l'effet d'un autre calcul. C'était vers l'an 1760; alors le prix du beurre était exorbitant sur le marché irlandais; de là un grand intérêt pour les propriétaires d'augmenter l'étendue de leurs prairies et de convertir leurs terres labourées en pâturage. De là la nécessilé d'expulser beaucoup de fermiers.

(i) On ne saurait faire de l'état de ces petits fermiers irlau.lais aucune peinture qui ne soit au-dessous de la vérité. Quiconque a vu leur condition pensera que les couleurs du tableau que je présente sont beaucoup trop faibles. Du reste la tyrannie des propriétaires irlandais est un texte qui, pour être développé, demanderait plus d'un chapitre et plus d'un volume. Ceux qui voudraient plus de détails et plus d';iutorités peuvent lire ce que dit à ce sujet Arthur Young, vol II, Sect. 5, Tenant ry of Ireland. Wakefield, vol. I, p. 5io. — Wakefield ne peut mieux comparer, dit-il, le fermier et lepiopriétaire d'Irlande qu'au serf et au noble de Russie : <■ To call thr farmer « tenant would be a perversion of terms; to name Ihe lattrr Laud Lord, << would be a prostitution of lauguage. » Y. aussi Mason, Statistical accouut and survey of Ireland.

(i) There has been a great many of theold people Tumed ojj^'that became beggars, a and good many of ihem died ofwant. V. State of Ireland, enquête de iS32, p. 471.

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(r) • The crimes couimilted by the jr/"'^<:-^c»|i as apunishuicul, for ihe

« violation of their commands, may be reduced to thiee heads : i° death ; « 1° corporal infliction; 3o destruction of property.» Irish disturbances George Lewis, p. 225, 226,239.

(2) Secrets et sermenls des White-Boys. V. George Lewis, p. 164.

(3) V. dans George Lewis, comment le White-Poysme prend sa source première dans les rapports du propriétaire et du fermier. Irish disturbances, p. 58 et io6.

(i) George Lewis, p. 23a, 233.

(2) Pendant des années, dans le comté de Killkenny, un propriétaire ne peut expulser un fermier, ou donner sa terre à bail, que du consentement et selon le gré des White-Boys. Lewis, p. 23.

(i) Irish disturbances. G. Lewis, p. 119.

(i) V. le White-Boy act de 1775.— La peine de mort y est inscrite dans chaque article.

(2) V. l'Insurrection act de 1796. — Renouvelé en 1807 à cause des Trashers. — George Lewis, 43, — La loi du 11 février i832 et le Coercion act de i833.

(3) D'après l'Insurreclion act , quiconque était trouvé hors de sa maison après le coucher du soleil était arrêté et passible de la peine de la déportation.

(4) V. Coercion bill. — Loi du 2 avril i833, art. i3.

(5) Oak-Boys , en 1764. — Les enfants du chêne. — Voyez George Lewis, p. 34. — V. aussi Hardy life of lord Chariemout, I, i85,

(6) Sieel-Boys. — Les enfants d'acier.

(7) Right-Boys. — Les Enfants du Droit.

(8) Nom d'un chef et d'une reine imaginaires,

(9) Trashers ou batteurs, en Connaught. — V. G. Lewis, p. 41.

(10) Pieds-Blancs et Pieds-Noirs. — V. G. Lewis, p. 84.

(11) Il y a bien d'autres noms encore sous lesquels la guerre des agriculteurs aux propriétaires s'est déclarée et dont je ne parle pas ; par exemple : les Carders, les Shanavates ,\e& Caravats, les Blak-hens , les Kirhavallas, leshihbonmeii. [State of Ireîand, enquête i832.) — V. du reste le cliapitre de l'Introduction, intitulé : les White-Bojs, à la fin de la troisième époque.

(i) Quoique l'esprit de parti religieux soit encore bien fort en Irlande, il

3Sl NOTES.

V a un esprit de parti plus grave en oe moment ; c'est l'esprit de parli du pauvre contre le riche, de la démocratie contre l'aristocratie. Au jury l'accusé irlandais récuse bien pus le riche que le protestant; il aime mieux le protestant pauvre que le catholique riche. — V. enquêie de iSSa, Siate of Ireland, p. 206.

(i) Lorsque je parle de gouvernement libre, je n'entends pas un gouvernement fondé sur l'assentiment constaté de tous les membres du corps social réuni pour délibérer sur la meilleure forme de gouvernement. Je parle ici de liberté dans le si ns auî^lais et téodal du mol : or, pris dans cetie acception, liberté est synonyme de privilège; dans une société d'origine féodale, il n'y a pas un seul droit qui ne soit privilège. Le principe féodal est que tout procède du roi. — Le roi est maître de tout le royaume, de la vie, de la liberté de tous ceux qm le couvrent; s'il ne possède plus toutes les terres, c'est qu'il les a concédées; s'il ne peut les reprendre, c'est qu'il s'en est interdit la faculté ; s'il ne dispose plus de la vie et de la liberté de ses sujets que dans certains cas et suivant certaines formes, c'est qu'il en a abandonné le pouvoir ; s'il y a dans tout ie royaume un comté, une ville, une paroisse qui se gouverne et s'administre autrement que par son ordie et suivant sa volonté, c'est encore parce qu'il s'est dessaisi de son autorité à cet égard. On ne dit point en Angleterre : La liberté est un droit imprescriptible de l'homnit'; mais on dit : Le droit de n'être arrêté, poursuivi en justice, et troublé dans sa propriété, que suivant la forme et par les magistrats désignés par la loi, est un privilège concédé par le roi Jean, et qui depuis n'a cessé d'appartenir à tout Anglais.

Si l'on perd de vue ce point de départ, je crois fort difficile de bien saisir l'esprit de toute société anglaise. On se demande quelquefois pourquoi lien dyns les institutions anglaises n'est rationnel; r'est que tout y procède du fait, et rien du droit; telle institution existe, non point parce qu'elle est juste et en harmonie avec les autres, mais parce qu'il a plû à un roi de la fonder en dépit de sa discordance avec tout le reste de l'édifice social. Vous voyez, à côté d'une garantie précieuse pour les libertés, un pouvoir exorbitant, source de Ivraunie . c'est que l'une fut arrachée à un prince faible par ses sujets plus forts que lui; et l'autre, cent ans après, imposée au peuple par un roi puissant. Il est difficile de trouver eu Angleterre un enseml)le quelconque d'institutions qui soient unies entre elles par un lien logique. Chacune de ces institutions est le don d'un roi, l'effet d'un accident, le besoin d'une circonstance, jamais l'œuvre d'un principe. Voilà pourquoi en Angleterre, quand une question politiijue se présente, vous n'entende/ point les orateurs remonter aux princqies du droit et de la justice; mais chacun rerlierche les précédents; et la victoire e.'^t assurée, non pas à celui qui rai-

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