‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 4)Chapitre 17 sur 126 · I-yf) I\TRODTlCTIOX HISTORIQdE · texte numérisé non relu

I-yf) I\TRODTlCTIOX HISTORIQdE

tionnaire s'étant, à son arrivée sur la côte d'Irlande (1) , trouvée séparée du vaisseau qui portait le général, fut obligé de rebrousser chemin , et de revenir à Brest , son point de départ , sans avoir tenté le débarquement (2),

Il tint à peu de choses , si l'on en juge par ces Mémoires, que Napoléon ne fît une expédition en Irlande au lieu de sa campagne d'Ég5T)te. Deux raisons l'arrêtèrent : d'abord , il était peu jaloux d'exécuter une entreprise que Hoche avait conçue ; et en second lieu , il montrait déjà à cette époque une répugnance singulière pour les jacobins français, avec lesquels les Irlandais - Lnis avaient contracté d'étroits liens (3).

L'expédition de Hoche ne s'étant point accomplie , par suite d'une foule de circonstances malheureuses , mille autres événements vinrent retarder l'exécution des desseins de la France sur l'Irlande. On attendait cependant toujours les Français dans ce dernier pays , et le plan d'une vaste insurrection s'y préparait sans relAche. Celte insurrection devait suivre immédiatement le débarquement des troupes françaises ; mais tel fut l'empire des événements, qu'elle le précéda. Après mille ajournements successifs, et qui ne pouvaient être renouvelés sans le plus grand péril pour la plupart des conspirateurs , la rébellion éclata.

Elle avait été trop longtemps incertaine et languissante , pour que le peuple eût foi en elle ; mal concertée , mal dirigée , accueillie avec froideur par les uns , avec terreur par les autres ; conduite par des hommes divisés entre eux , et qui voulaient ceux-ci une réforme , ceux-là une révolution ;

(i) Dans la baie de Bantry.'

(2) Totie , II, 345-269.

(3)Id. 46a. — «What woiild thèse gentlemen hâve ( disait ISapolcon à ■\Volf Tonc, le a février 1798, en parlant dis Jacobins. ) France is revo- ■< Intionized ! Holland is revolntionized ! Ilaly is revoiutionized ! Swit/er- « land is revoiutionized! Europe will be soon revolulicnized! But it seems « it is nol enougii lo content them ! I Know well what they want ; they " want the domination of thirty or fortv individnals, fouuded on the mas- <• sarro of tlir'^c or four inilliims. •>

INTRODUCTION HISTORIQUE. l'^'y

repoussée par l'aristocratie en masse (1) , et par les classes moyennes elles-mêmes ; réduite ainsi à s'appuyer uniquement sur le bas peuple , composé lui-même des éléments les^plus incompatibles, de presbytériens qui s'insurgent pour la république , et de catholiques qui se mettent en mouvement pour la liberté religieuse ; ennemis mutuels qu'on associe par surprise dans une marche commune, quoiqu'ils tendent vers des buts différents. Guidée par de tels chefs , soutenue sur une pareille base, l'insurrection ne pouvait guère réussir. Elle était morte , pour ainsi dire , avant de naître , et elle ne se produisit que pour amener , de la part du gouvernement anglais, la plus terrible et la plus sanglante répression.

Le récit des horreurs commises durant cette crise fatale serait à lui seul une longue et cruelle histoire ; heureusement pour l'auteur , les limites de cet aperçu historique ne lui permettent point d'aborder les détails de cette terrible époque (2).

Je ne sais si l'on trouverait dans les annales sanglantes de l'Irlande une seule phase où la guerre se soit montrée sous un plus horrible aspect ; et l'on ne parle point ici des actes de barbarie commis dans la chaleur de l'action , et dont se souillèrent les rebelles , aussi bien que les adversaires de la rébellion (3). Quelle guerre civile et religieuse se poursuit

(i) L'aristocratie fournil pourlant à ce mouvement insurrectionnel un noble et illustre chef , lord Edward Fitzgerald , dont la vie agitée et la fin tragique ont offert au célèbre Thomas Moore le sujet d'un livre plein d'intérêt, intitulé Life and death of lord Edward Fitzgerald. L'esprit de l'insurreclion de ^798, ses préparatifs, son but, et les causes qui l'ont fait échouer sont très-bien développées dans cet ouvrage. Tout est vrai dans le récit de Thomas Moore, qui cependant a l'attrait d'une fiction. C'est qu'il y a tout un roman et tout un drame dans la vie et la mort d'Edward Fitzgerald.

(2) On trouve aussi un exposé très remarquable de cette insurrection dans l'ouvrage de M. Thierry. Conquête de l'Angleterre par les Normands, t. m, p. 469.

(3) Le récit des violences, des massacres, des dévastations, exécnlés tant I. l 'A.

Ij9 INTRODUCTION HISTORIQUE.

sans amener d'affreuses violences, le meurtre , le pillage, la dévastation et l'incendie ? on ne veut parler que des cruautés pratiquées de sang-froid par le parti vainqueur de l'insurrection.

Peut-être peindrait-on d'un seul mot toutes les misères de l'Irlande à ce moment, en disant que môme après la guerre, le sort du pays fut remis à l'armée ?

Au milieu de l'insurrection , la loi martiale avait été proclamée ; la rébellion étant vaincue, la justice militaire ne se retira point , et l'armée anglaise , après avoir frappé ses ennemis sur le champ de bataille, les poursuivit d'arrêts de mort prononcés dans les conseils de guerre.

On peut, par quelques exemples, juger comment procède cette justice du soldat, que la passion pousse et qu'aucune règle ne contient.

Lord Charlemont parle dans ses mémoires de prévenus et d'accusés auxquels , avant le jugement , on donne des coups de fouet , que l'on met à la question , que l'on pend à moitié, afin de leur arracher des aveux (1). Un homme d'un mérite éminent, sir Edouard Crosbie , s'était prononcé en faveur d'une réforme parlementaire ; le juge militaire en conclut que cet homme est un irpublicuin , et en conséquence il le traduit à sa barre (2) . Des témoins non suspects, des protestants , amis dévoués mais impartiaux du gouver-

par les insurgés que par leurs ennemis les soldais anglriis et la milice protestante d'Irlande, se peut voir dans Gordon, ii, 38.;. — J.cs plus grands excès de part et d'antre se pas^è^enl dans le comté et notani;iient dans !a ville de Wexford. On en trouve le récit détaillé dans un ouvrai^e intitulé History of tke insurrection of the coitntrj' of Wexford , 1798, par Edward Hay» Dublin , i8o3. — A Wexford les catholiques rebelles , maîtres de la ville , fout une affreuse boucherie de prote-lanis; un tribunal sorti tout à coup de la foule populaire, se constitue, et, installé sur le pont de Wexfurd, décide de la vie ou de la mort de ses ennemis. Tous les condamnés sont aussitôt jetés à la rivière. Ceci se passait le 20 juin 1798. C'est le 2 septembre de l'Irlande.

(i) Hardy's lile of Charleuiont,ii, 399. — ■ Gord., 11, 402.

(7) V. Gordon, ir , 39».

INTRODUCTION HISTORIQUE. I ng

nement , se présentent en foule pour déposer eu faveur du prévenu ; mais on repousse leur témoignage ; ils veulent forcer l'entrée du tribunal , où ils savent que l'on accuse un homme innocent qu'un mot de leur bouche peut sauver : mais ils sont contraints de s'arrêter devant la baïonnette des soldats, qui les repoussent violemment (1). Ce n'est pas tout : comme il n'existe point de témoins contre l'accusé , le juge militaire en va chercher dans les prisons ; à ceux-ci il promet la vie , s'ils font une déclaration contraire à l'accusé; l'intimidation , les tortures mêmes sont employées pour obtenir de ceux-là un faux témoignage (2) . En dépit de tous ces moyens , nulle apparence de crime ne peut être créée. Cependant le sort de l'accusé n'est pas un instant douteux ; un homme grossier, ignorant et brutal , président du ccnseil de guerre , prononce l'arrêt de mort , et le fait exécuter aussitôt.

Tout, dans ces cours de sauvage justice, était mis en usage pour trouver des coupables , tout , jusqu'aux preuves mêmes de l'innocence ! Qui le croirait ? C'était, aux yeux du tribunal, un grave sujet de suspicion que d'avoir, au milieu même de la guerre civile , arraché des protestants à la fureur des rebelles; car ce crédit sur les catholiques indiquait qu'on tenait à leur parti , et appelait la rigueur du juge. « Je défie de « prouver que j'aie sauvé la vie de personne ! » s'écrie un catholique , qui a compris les périls de la compassion et de la générosité (3;. L'historieîi qui raconte ces faits est un protestant anglais dont toutes les sympathies sont pour les hommes que son impartiahté l'obhge pourtant de flétrir.

En peu de temps, deux cents victimes tombent ainsi sous la main du bourreau (4) .

(r) Protestant loyalists were forcibly prevented by bayonuets of ihe military from enteriag the court. ( Id. Bgi.)

(2) Calholic prisoners had been lorlured by repealéd lloggings to force them to give évidence agaiust him. ( Id., 391.)

(3) Gordon, ii, 456.

(4)Id.,3,99.

l8o INTRODICTION HISTORIQUE.

Souvent le supplice légal des condamnés ne suffisait pas aux passions qui l'avaient obtenu. Lorsqu'à Wexford les sentences prononcées par la cour martiale furent mises à exécution, on mutila les cadavres des victimes, on les souilla de mille traitements indignes, et on les jeta à la rivière, après en avoir séparé leurs têtes, que l'on cloua sur les murs extérieurs du tribunal (1). Quelquefois, après avoir pendu le condamné , on le remettait sur ses pieds , de façon à ce qu'il reprît ses sens ; puis on le pendait de nouveau, et on multipliait ainsi à plaisir les tortures de la strangulation (2).

Les blessures profondes que fit à la pauvre Irlande cette terrible répression restèrent pendant longtemps ouvertes et saignantes. L'armée anglaise avait détruit toutes les moissons sur son passage : il en résulta, pour la population d'Irlande, une famine générale qui dura deux années (3) . On évaluée plus de trente mille le nombre d'individus tués de part et d'autre dans cette affreuse période ; et les dévastations commises au milieu de la guerre ont été estimées à 80,000,000 de francs (4).

L'insurrection était abattue en Irlande, lorsque deux corps d'armée français y débarquèrent; le premier, fort seulement de mille hommes, sous les ordres du général Humbert, parti de la Rochelle, débarqua, le 22 août 1T98, dans la baie de Killala , sur les côtes du Connaught (5) ; et , après une victoire remportée à Castlebar, ayant rencontré un peu plus loin lord Cornwallis , vice-roi d'Irlande , qui commandait en personne l'armée anglaise, vingt fois plus nombreuse que la sienne, engagea contre celui-ci un combat, où il fut battu et fait prisonnier (6) . L'autre corps d'armée , fort de trois mille hommes , portés par un vaisseau de ligne et huit fré-

(i) Gord.,ir, 419.

(2)Encylop. hritann. Y" Ireland, 385.

(3) Gord,, m, o.C>~ .

(4)Id.

(5) Tone's Memoirs, 11, 'ïrg.

INTRODUCTION HISTORIQUE. l8l

gâtes , sous les ordres du général Hardy , partit , le 20 septembre 1798 , de la baie de Caraaret , et alla aborder, le 10 octobre suivant, sur les côtes de l'Ulster, au nord de l'Irlande, à l'entrée du lac Swilly , où , après un combat naval terrible soutenu contre les flottes anglaises, il lui fallut se rendre (1) . Wolf Tone faisait partie de cette expédition , où il avait un commandement comme général au service de la France ; il fut pris, reconnu, jugé, et condamné à mort. Tel fut le triste et fatal dénouement de ces tentatives d'invasion dont quelques esprits ardents attendaient la régénération de l'Irlande, et qui ne furent , pour celle-ci , que la cause ou le prétexte de nouvelles et plus terribles persécutions.

Conséquences de la rébellion de 1798. — L'union.

Après la crise de 1798 , l'Angleterre, tenant sous sa main l'Irlande rebelle et vaincue , la châtie sans réserve et sans pitié. Vingt ans auparavant , l'Irlande était rentrée en possession de ses libertés politiques ; l'Angleterre conserve un souvenir amer de ces succès de l'Irlande , et elle va profiter de l'abaissement de celle-ci pour la replacer sous un joug absolu.

Le parlement d'Irlande, depuis qu'il a recouvré son indépendance , est devenu gênant pour l'Angleterre ; il faut , pour s'en rendre maître , des soins infinis de corruption , en dépit desquels on rencontre encore chez lui des résistances ; l'occasion est favorable pour le supprimer : en conséquence, le gouvernement anglais résout de l'abolir.

A cette nouvelle, la pauvre Irlande s'agite un instant, comme un corps qui vient d'être privé de vie se remue encore sous le fer qui le mutile et le déchire. Sur trente-deux comtés, vingt et un réclament énergiquement contre la destruction du parlement irlandais. Ce parlement, auquel on est obligé de

(i) Tone's Memoirs, ii, 52 3.

ï82 INTRODUCTION HISTORIQUE.

demander un acte de suicide , le refuse (1) , et maintient par son vote son existence constitutionnelle.

Indigné de la servilité qu'on ose demander au corps dont il fait partie , Grattan repousse avec véhémence le projet ministériel (2i. Mais toutes ces résistances seront vaines. La seule qui, en définitive, élève un obstacle sérieux aux vues de l'Angleterre est celle du parlement irlandais, qui ne veut point voter son anéantissement. Eh bien ! jusqu'alors on avait acheté ses actes ; on va, cette fois, acheter sa mort. La corruption est aussitôt pratiquée sur une vaste échelle; des places , des pensions , des faveurs de toute sorte , des pairies , des sommes d'argent sont prodiguées ; et les mêmes hommes qui , en 1799, avaient repoussé le projet d'union, l'adoptent, le 20 mai 1800, à une majorité de cent dix-huit voix contre soixante-treize. On a calculé que , sur les cent dix-huit votants , il y en avait soixante-seize qui étaient ou pensionnaires de l'État, ou fonctionnaires publics. Une dos plus grandes oppositions à l'abolition du parlement irlandais venait des riches propriétaires d'Irlande , qui , au nombre de leurs privilèges aristocratiques, possédaient celui de disposer souverainement de l'élection d'un certain nombre de membres de la chambre des communes : ce privilège était à leurs yeux une fortune sacrée , et les en priver serait une spoliation. Voici comment on fit taire leurs plaintes : on estima arbitrairement que chaque bourg pourri représentait, pour celui qui en était le possesseur, une somme do 15,000 livres sterling ( 37.5,000 francs ) , et cette somme fut promise comme indemnité à tous ceux qui , par lefTet de l'acte d'union , perdraient leurs privilèges politiques. L'engagement pris envers eux fut tenu , et le total de l'indemnité s'éleva à 31,000,000 de francs (1 ,260,000 Uvres sterling) (3).

(i) En 1799.

(a) Gratian Spreches. Collection des discours de Grallan, prononcés tant au parlemeni d'Irlande qu'au parlement d'Angleterre, et publiés par son fds. 4 vol. in-S", 1822. Les deux fils de Grattan sont anjourd'luii membres de la chambre des communes d'Angleterre.

(3) V. Grattan Speeches , iv, 9. — V. aussi Gord., t. 11.

INTRODUCTION HISTORIQUE. l83

Ainsi s'accomplit , imposé par la violence , aidé par la corruption, l'acte destructif du parlement irlandais, non sans soulever en Irlande tout ce qu'il y restait de passions nationales et de sentiments patriotiques.

Lorsque après le vote du parlement, le vice-roi, lord Castelreagh, fit dans la cîiambre des communes la motion d'usage, tendante à obtenir l'expédition du bill dans la forme ordinaire : « Et moi , s'écrie un membre de la chambre « ( M. O'Donnell) , je demande que le 6/// soit brûlé ! — Oui, « ajoute un autre membre (M. Tighe) , et brûlé par la main « du bourreau (1)! !»

Quel a été V effet constitutionnel et politique de l'acte d'union?

Rien n'est plus fréquent que de méconnaître le caractère véritable de cette mesuré , et l'erreur vient de ce qu'on prête au mot d'union tantôt un sens purement moral , tantôt un sens politique trop étendu.

Si par union il fallait entendre l'accord , la sympathie de deux peuples auparavant divisés, on devrait reconnaître que ce terme convient peu pour exprimer l'acte dont il s'agit ; car jamais peut-être l'Irlande et l'Angleterre ne furent plus hostiles l'une à l'autre qu'après l'union de 1800.

Ce serait aussi commettre une autre erreur que de croire que l'acte de 1800 a eu pour effet de confondre l'Irlande avec l'Angleterre , d'en faire une province de celle-ci , soumise en tous points au même gouvernement, à la même police et aux mêmes lois.

Avant l'acte d'union l'Irlande avait ses institutions propres ; après l'union elles les a conservées toutes, moins une seule.

En s'adjoignant le royaume d'Irlande , l'Angleterre n'a point décrété qu'à l'avenir l'Irlande serait gouvernée par les lois et les principes de la constitution anglaise : elle n'a

(i) Grattan Speeches, iv, 37.

l84 l-VntODLCTIOJV HISTORIQUE.

rien fait et ne pouvait rien faire de pareil. La constitution anglaise n'est point une Charte en cent articles , qu'on expédie en toute hâte à la nation qui a urgence d'un gouvernement. Elle se compose surtout de coutumes, de traditions , de mœurs , et d'une multitude de statuts , souvent liés euxmêmes à la coutume dont on ne saurait les dégager , soit qu'ils aient pour objet de la combattre, soit qu'ils lui viennent en aide. Or, si on peut prescrire à un peuple l'observance d'une loi , on ne lui enjoint pas une coutume ; une coutume est un fait complexe , le résultat de mille faits précédents , c'est une expérience répétée si souvent , que d'usage elle devient loi ; elle se consacre , mais ne s'impose pas, et fùt-il possible d'en transporter les prescriptions chez un peuple où elle n'est point née , on ne pourrait lui en transmettre l'esprit. Qu'a donc fait l'Angleterre quand elle a proclamé l'union de l'Irlande ? elle a déclaré ({u'à l'avenir toutes les lois nécessaires aux deux pays seraient faites par un parlement commun, où chacun enverrait ses représentants ; mais , en disposant pour l'avenir , elle a laissé intact le passé ; et l'Irande , unie à l'Angleterre, estdemeurée en possession de ses coutumes et de ses lois , hors celle qui lui attribuait un parlement spécial (1).

Ainsi , môme après la loi d'union , il y a toujours une Irlande : aux termes de cet acte les trois royaumes forment un seul empire , s-ous le titre de royaume uni de la Grande- Bretagne et d'Irlande. Lors de sa fusion avec l'Angleterre , l'Ecosse perdit son nom ; l'Irlande en s'unissant a gardé le sien : elle conservera bien plus longtemps encore ses mœurs et ses passions nationales.

(i) Ce sont les lermes exprès du l'art. 8 de l'acte d'uuioa. — «Toutes « les lois, toutes les cours de justice, siibsisterout telles qu'elles sont établies, «.assujetties néanmoins aux cliaugenients qu'y pourra faire le parie- « luenl uni, selon que les circonstances l'exigeront. » — 39 et 40 George III,

« ch. LXVÎI.

INTRODUCTION HISTORIQUE. l85

Page 1