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doute ^ au milieu de beaucoup de défauts trop réels, la surabondance des explications qui s'y trouvent sur les institutions et les mœurs ; mais le lecteur anglais est prié de considérer que ces développements , inutiles pour lui , peuvent être nécessaires au lecteur français. Or, c'est pour la France que ce livre est fait. L'auteur n'hésite pas même à dire ici qu'en général il a supposé son lecteur le plus ignorant possible; et il est toujours parti de ce point que ce que les Anglais savent le mieux est précisément ce que les Français connaissent le moins. On ne connaît généralement en France de l'Angleterre que ce qui momentanément, dans ce dernier pays, excite les passions des partis politiques; c'est assez dire que l'on ne sait guère de l'état de l'Angleterre et de l'Irlande que des cas exceptionnels et extraordinaires. En Angleterre , quand tout le monde est occupé d'un intérêt accidentel , chacun n'en connaît pas moins le cours des choses dont nul ne parle ; chacun y sait comment se rend la justice, et comment s'y fait l'administration, quoique le couronnement de la reine soit le seul texte des entretiens. Mais, en France, dès qu'arrive un écho de cet événement singuher , c'est tout à la fois le seul dont on parle et le seul que l'on sache. Pendant ses voyages, l'auteur s'est con-
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stamment tenu en garde contre la disposition si commune, quand on visite un pays, de n'y voir que la circonstance du jour, et d'omettre l'observation des objets d'un intérêt supérieur, mais dont les passions du moment ne sont pas occupées ; et , en écrivant , il a dû ne pas oublier que le développement le plus fastidieux pour un Anglais sera souvent le plus indispensable à ses compatriotes.
' Après cette réflexion offerte à l'Angleterre, l'auteur voudrait en présenter une autre qui s'adresse surtout à l'Irlande. On trouvera souvent, dans le cours de cet ouvrage, des jugements, soit d'éloge , soit de blâme , portés en termes généraux , qu'il ne faut point cependant prendre dans un sens absolu et exclusif , parce que , alors même qu'elle n'est pas exprimée, l'exception est presque toujours sous-entendue. Ainsi , il lui est arrivé fréquemment de qualifier en termes sévères la conduite de l'aristocratie irlandaise ; il a du s'exprimer ainsi , convaincu comme il l'est, que cette aristocratie, qui a été le principe de tous les maux de l'Irlande , en est toujours la principale plaie. Est-ce à dire pour cela qu'il n'y a pas, en Irlande , un riche qui soit généreux, pas un propriétaire qui soit humain, pas un noble qui soit ami de son pays? Non. Ce ser. b
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rait tirer des paroles de l'auteur une conséquence fausse et injuste. Il constate et a dû constater l'égoïsme de l'aristocratie irlandaise ; ce qui n'empêche point qu'il y ait en Irlande des riches dont la charité est éclatante , et des lords amis sincères de leur pays.
L'auteur n'a plus à présenter ici qu'une seule observation relative à la forme du livre. Cet ouvrage a pour objet dé faire connaître l'état présent de l'Irlande ; mais , pour mettre le lecteur en état de mieux juger cette situation actuelle , l'auteur a cru devoir en faire précéder l'exposé d'une introduction historique dans laquelle il constate les événements les plus importants de l'histoire d'Irlande. Cette introduction n'est point une histoire; c'est seulement un aperçu du passé, auquel on ne demande que les faits rigoureusement nécessaires pour lintelligence du présent. Il est sans cesse question, dans le courant de cet ouvrage, d'hommes et de circonstances qui appartiennent à l'histoire d'Irlande, et qui sont peut-ôtre peu connus en France. Comment apprécier un raisonnement , comment saisir une alhision , si l'on ne connaît ni le fait ni le personnage qui en sont l'objet? L'introduction historique ne fait point , à proprement parler, partie du livre; mais elle en est une base
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nécessaire ; elle embrasse sept siècles ; c'est une longue période dont l'auteur n'a point sans peine présenté un très-court tableau.
On vient de voir, par tout ce qui précède, quelle tâche s'est imposée l'auteur; à travers quels écueils il a marché , quels efforts il a faits pour atteindre le but. Maintenant pense-t-on qu'il s'abuse au point de croire qu'il a triomphé des obstacles? On se tromperait : sa conscience lui rend seulement le témoignage qu'il n'a rien omis pour les surmonter. Après un premier voyage en Angleterre et en Irlande, il s'était mis à l'œuvre ; mais, au bout de deux ans de travaux, il a reconnu que beaucoup de matériaux lui manquaient; et, retournant à la source des faits, il a visité de nouveau ces deux contrées, où il a tâché de voir ce qui avait d'abord échappé à ses regards , et où il a contrôlé ses premières recherches par de nouvelles observations. Son livre est le fruit de quatre années laborieusement employées. Dans le cours de ce long travail, la puissance lui a manqué souvent, jamais le courage. Engagé d'abord dans des voies défectueuses, il a écrit des volumes qu'il a ensuite sacrifiés et qui lui ont ainsi demandé beaucoup de temps et de soins à peu près perdus ; mais , après s'être égaré, il est revenu sur ses pas, et a cherché la