‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 4)Chapitre 44 sur 126 · PREMIÈRE PARTIE, CHÂP. II, SECT. I, § II · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHÂP. II, SECT. I, § II

à la même cupidité, aux mêmes violences légales, à la même extrémité d'infortune... (i).

Un jour, une voix s'élève parmi ces pauvres fermiers , et s'écrie :

« La terre seule nous a fait vivre ; eh bien ! émet brassons-la étroitement, et ne nous en séparons « pas. Le propriétaire ou son représentant nous a commande de la quitter, demeurons ; les tribu- « naux nous l'ordonnent , demeurons encore ; la « force armée vient pour nous contraindre, résis- « tons, opposons toutes nos forces à une force in- « juste, et, pour que l'iniquité ne nous atteigne pas, « portons les plus terribles châtiments contre ceux « qui la commettent!

« Que celui qui travaillera directement ou indi- « rectement à nous priver de notre ferme , soit puni « de mort!

« Que le propriétaire ou le middleman, son agent, « qui expulsera un fermier de sa terre , soit puni de « mort !

« Que le propriétaire qui exigera d'un acre, de « terre un prix plus élevé que celui que nous aurons « fixé nous-mêmes , soit puni de mort !

ff Que celui qui surenchérira sur le prix d'une « ferme ; que celui qui prend la place d'un fermier « expulsé; que celui qui a acheté à l'encan ou au- « trement les objets saisis chez un fermier dépossédé, « soient punis de mort !

a Atteignons tous ces coupables , non seulement a dans leurs personnes, mais encore dans tous leurs « intérêts et dans leurs affections les plus chères ; « que non seulement leur bétail soit mutilé , leurs

a38 CAFSEs ur MrsÈnr. socir':rÉ civij.r.. « maisons incoruliées, leurs prairies mises en labour, «leurs moissons dévastées, mais encore (jiie leurs « amis, leurs parents, soient comme eux dévoués à (f la mort! que leur femme et leurs filles soient dés- « honorées !... (i).

« Et d'abord , comme, pour être fort, il faut des « armes , hâtons-nous de ressaisir les armes dont on « nous a dépouillés. Jusqu'à ce jour, l'isolement a « fait notre faiblesse : associons-nous ; en^as^eons- « nous solennellement à mettre en vigueur les lois « que nous aurons décrétées; et, pour que cet ence gagement soit plus saint et phis inviolable, don- « nons-lui la sanction d'un serment religieux; cou- « vrons-le aussi du voile d'un secret inviolable (a) ; « étendons siir tout le pays le réseau de notre con- « fédération , et que quiconque refusera de s'asso- « cier à nous par le serment soit considéré comme «ennemi, et traité comme tel; et, pour que nos « lois ne soient pas de vains commandements, pro- « mettons solennellement que quiconque d'entre « nous sera désigné pour être l'exécuteiu' du châti- ♦c ment mérité par un coupable, obéira aussitôt, et '< remplira dans toute sa rigueur l'office qui lui sera « commandé!... »

Voilà sans doute de terribles lois ; ce sont celles des ff^hifebofs (3), code atroce,- barbare, digne d'une population demi -sauvage, qui, abandonnée à elle-même, n'ayant aucune lumière pour guider ses efforts, ne trouvant aucune sympathie pour adoucir ses passions, est réduite à chercher dans ses grossiers instincts des moyens de sahit et de protection.

Alors la terreur se répand dans le pays; de sinis-

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