PREMIÈRI. PARTIE, CHAP. IT, SECT. H, § I
effet celui de ces pouvoirs qui , créé pour la soutenir, ne pourrait pas servir à l'attaquer? Une aristocratie ne saurait être maîtresse des pouvoirs qu'en les exerçant elle-même ; elle n'a une existence réelle et une puissance véritable que lorsqu'elle apporte dans le gouvernement des talents et des vertus. Or, comment serait-elle habile, quand elle ne s'impose pas les soins du gouvernement? comment seraitelle généreuse, quand elle ne sent pour le pays et le peuple ni passion ni sympathie ?
InQuence du même principe sur les institutions du Comté.
En Irlande , de même qu'en Angleterre , l'État est divisé en comtés (i). Comme dans chacun de ces deux pays le pouvoir central ne s'occupe ni par luimême , ni par des agents placés sous sa main , des détails du gouvernement, c'est naturellement dans le comté qui est la principale division de l'Etat que se fait l'administration proprement dite d.es affaires publiques.
Quoique l'on puisse dire qu'en fait l'Etat n'administre point le comté, dont en principe il est le souverain administrateur, l'État a pourtant dans le comté ses officiers, dont les principaux sont le shérif, le lieutenant et les juges de paix (2).
Ces officiers du gouvernement central remplissent
^']1 CAUSES DE MTSÈRïï. SOCIlÉTÉ POLIXrQUE.
dans le comté àtnx sortes de fonctions; les premières, que l'on peut appeler générales, parce qu'elles intéressent le pays tout entier, et dont la plus importante , l'exécution de la justice, a été exposée dans le chapitre précédent (i); les secondes , que l'on doit plutôt nommer locales , parce qu'elles ont plus particulièrement pour objet les affaires spéciales du comté dans lequel ils résident.
Les comtés d'Irlande comme ceux d'Angleterre ont, en effet, quoique placés théoriquement dans la dépendance absolue de l'État, un certain nombre d'intérêts qui leur sont propres, ou qui étant d'une nature générale, sont du moins souverainement réglés par eux : tels sont la construction à leurs frais et la réparation de leurs ponts , la construction de tous les bâtiments nécessaires à l'exécution de la justice, la surveillance de leurs prisons, le paiement des frais de justice criminelle, le paiement de leurs officiers salariés. Ces attributions sont communes aux comtés d'Irlande et d'x\ngleterre.
I.e comté d'Irlande possède même dans ses attributions quelques objets qui n'appartiennent point au comté anglais. Ainsi, c'est le comté qui, en Irlande, fait la plupart des travaux publics exécutés en Angleterre en vertu de concessions du parlement (2). C'est aussi le comté d'Irlande qui est chargé de toutes les routes de grande ou de petite communication, qui, en Angleterre, sont entreprises soit par des compagnies que le parlement a autorisées , soit par les paroisses (3). Il existe peu de charité publique en Irlande; mais les seuls établissements charitables qui s'y rencontrent , les infirmeries et les