‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 4)Chapitre 82 sur 126 · SECTION III · texte numérisé non relu

SECTION III

Conséquences religieuses.

Établissement légal et officiel de l'église protestante au sein de l'Irlande catholique. — L'Université et les écoles protestantes.

On a vu l'influence qu'exerce sur la société civile et sur la société politique le point de départ anglais et protestant de l'aristocratie irlandaise ; il ne reste plus qu'à examiner les conséquences du même principe sur la société religieuse. Ainsi, après avoir considéré comment ce principe agit sur les relations mutuelles du riche et du pauvre, des gouvernants et des sujets , on va voir quelle influence il exerce sur les rapports réciproques du catholique et du protestant.

On a dit plus haut dans quelles circonstances l'Angleterre devint protestante , et comment , étant protestante , elle voulut que l'Irlande, le fiit aussi.

Cette volonté n'était pas seulement chez elle la conséquence d'une passion religieuse , c'était aussi l'effet d'un principe politique. Nul n'aurait compris, au seizième siècle , que l'on séparât complètement

l'aulorité spirituelle du pouvoir séculier; mais dans aucun pays peut - être l'union du gouvernement temporel et de la puissance religieuse ne fut aussi étroite qu'en Angleterre, parce que nulle part ailleurs le chef de l'Etat ne fut en même temps et à ce titre le chef de l'Eglise. On conçoit donc sans peine, qu'après avoir fondé leur propre gouvernement sur le protestantisme, les Anglais aient donné une base pareille au gouvernement d'Irlande. Alors l'Eglise et l'État ne font qu'un : l'Eglise , c'est l'État; l'État, c'est l'Église. Plus tard des rois sont écartés du trône , comme suspects de catholicisme; bientôt il faut être non-seulement protestant, mais encore anglican , pour être roi : c'est assez dire que les Anglais ne veulent pas seulement faire l'Irlande protestante , mais qu ils aspirent encore à la faire anglicane.

De même qu'en général on ne conçoit guère une religion sans culte, de même l'aristocratie ne comprend point une Église sans des richesses et des pri- ^•] viléges; l'Église d'Irlande sera donc riche et magnifique ; l'aristocratie d'Irlande aura une Église aristocratique.

En Angleterre, on dépouilla l'Eglise catholique de ses terres et de ses droits , qu'on transporta à l'Église protestante. Cette spoliation pouvait être injuste , mais elle se faisait au profit d'un culte accepté par la majorité de la nation. En Irlande , on prend le même moyen pour doter la nouvelle Église. On lui attribue des terres conlisquées, et le droit de dîme sur tous les produits du sol irlandais; niais, tandis que l'aristocratie appoite et fonde le nouveau

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