‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 4)Chapitre 84 sur 126 · PREMIÈRE PARTIE , CHAP. II, SECT. Ill , § I. 3l · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE , CHAP. II, SECT. Ill , § I. 3l

L'Église anglicane enveloppe l'Irlande entière d'un vaste réseau administratif: quatre provinces (i), trente-deux diocèses, treize cent quatre-vingt-sept bénéfices, deux mille quatre cent cinquante paroisses , telle est la division religieuse du pays. La paroisse n'est qu'une fraction administrative du bénéfice, qui constitue la plus petite unité ecclésiastique ; le culte protestant a des établissements partout, même là où faute de sectateurs il ne s'exerce point. Ainsi l'on compte en Irlande quarante-deux bénéfices et cent quatre-vingt-dix-huit paroisses dans lesquels il ne se trouve pas un seul croyant de l'Église anglicane. Les services de l'Église ne sont point répartis en raison de la population protestante; c'est le pays catholique qui est divisé en vue de l'Église anglicane. Il existe des diocèses entiers où la population est exclusivement catholique , ce qui n'empêche point qu'on y trouve un établissement complet propre au protestantisme. Pour n'en citer qu'un exemple , dans le diocèse d'Emly , qui contient quatre-vingt-quinze mille sept cent deux habitants , il ne se trouve que douze cents protestants attachés à l'Église établie ; tout le reste, au nombre de plus de quatre-vingt-quatorze mille , est catholique. Cependant le culte anglican a dans ce diocèse quinze églises , dix-sept bénéfices , et trente-un ministres salariés.

Le personnel attaché au service de l'Église anglicane se partage naturellement en haut et bas clergé : quatre archevêques, dix-huit évêques , trois cent vingt-six dignitaires , tels que doyens , chanoines , chanceliers,. trésoriers, archidiacres, prébendiers ,

3l6 CAUSES DE MISÈRE. SOCIÉTÉ CIVILE.

prévôts , etc., composent le haut clergé ; le clergé inférieur ou paroissial comprend tous les ministres appelés aux bénéfices : ces ministres sont au nombre de treize cent trente-trois, auxquels il faut ajouter sept cent cinquante-deux vicaires ou suppléants (i) ; un grand nombre de ces évéques ou ministres anglicans occupent des diocèses ou bénéfices exclusivement peuplés de catholiques , et n'ont par conséquent rien à faire : aussi arrive-t-il souvent qu'ils ne résident pas. On a calculé qu'en i83o, sur treize cent cinq ministres à bénéfices , il y en avait trois cent soixante-dix-sept qui n'étaient pas à leur poste; et qu'en i835 il existait cent cinquante bénéfices où ne résidait ni ministre ni vicaire.

Le clergé d'Irlande est pourtant magnifiquement doté. Outre son droit de dime , il possède six cent soixante-dix mille acres de terre. L'estimation la plus modérée, et en même temps la plus authentique, porte à plus de 22 millions de francs le chiffre de ses revenus annuels (2); et ces revenus passent tout entiers en traitements et en salaires pour les ministres de l'Eglise; il n'en est pas appliqué la plus légère portion à l'Église elle-même. Quand l'Eglise d'Irlande a besoin de bâtir un temple ou un presbytère (3), elle implore la charité du parlement. Depuis l'année 1 800 , elle a reçu en* dons parlementaires destinés à cet usage la somme de 782,061 liv. sterl., ou 19,942,755 fr. (4).

Le haut clergé , dont presque tous les emplois sont des sinécures avouées, jouit d'immenses richesses; il absorbe à lui seul plus de 8,000,000 de francs (5) : les évêques ont terme moyen i25,ooo fr.

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