‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 4)Chapitre 87 sur 126 · PREMIÈRE PA.RTIE, CHAP. U, SECT. HT, § I · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PA.RTIE, CHAP. U, SECT. HT, § I

guère les ministres protestants que par la dîme qu'il leur paie, les trouve sur le banc des juges auxpettj sessions , aux sessions trimestrielles ( quarter sessions), aux assises, participant à tous les procès civils ou criminels , où la faveur l'emporte sur le droit, où le riche condamne le pauvre.

Il est mauvais, en principe général, de réunir dans la même main le pouvoir temporel et spirituel; il est mauvais que la voix du ministre saint, qui, au nom du Dieu clément, pardonne, soit chargée d'appliquer une loi dure qui ne pardonne pas. Celui dont l'indulgence s'efforce de trouver l'homme bon ne doit point, par la science du juge, travailler à le convaincre de méchanceté. Et quelle sera la règle du prêtre fait magistrat? Jugera-t-il le crime comme un péché, ou le péché comme un crime? quelque effort que fasse sa conscience, parviendrat-elle à bien séparer l'un de l'autre? ne condamnera-t-il pas par piété ce que la loi lui commandera d'absoudre, et la charité ne le rendra-t-elle pas indulgent pour des faits que la loi lui prescrit de punir?

Mais, s'il est mauvais de remettre au ministre saint l'office de condamner ou d'absoudre ceux que sa conscience religieuse juge autrement que sa raison de magistrat, que sera-ce si ce ministre est l'ennemi pieux de ceux qu'au nom des lois on le charge de châtier, c'est-à-dire s'il ne. trouve à la source même de la charité que des conseils de rigueur; si chaque dureté légale qu'il inflige à un mécréant vient flatter, même à son insu , la première passion de son cœur ; si ce même homme , I. 'il

'^■i■2 CVUSES HE MISÈRE. SOCIÉTÉ CIVILE.

qui, comme ministre protestant, lève la dîme sur les catholiques, les met arbitrairement en prison comme juge de paix?

Il arrivera qu'une Eglise ainsi constituée excitera toutes les haines et aura la puissance de rendre non moins odieuse qu'elle-même toute autorité dont elle sera l'auxiliaire ou l'amie (i).

L'Université et les écoles protestantes.

En Angleterre, l'Église établie ne distribue pas seulement parmi les peuples des secours spirituels pour l'âme, elle croit qu'il lui appartient aussi de diriger les fiicultés de l'esprit ; elle ne règle pas seulement la forme sous laquelle la prière doit monter vers le ciel, elle veut guider l'homme dans les efforts que fait celui-ci pour perfectionner son intelligence, et pour s'élever ainsi encore vers Dieu. L'Église se croit appelée à diriger l'enseignement aussi bien que le culte.

En Angleterre, l'Église et l'Université sont sœurs, et c'est là ce qui explique l'union étroite existant entre l'Université et l'aristocratie. L'Université tient à l'aristocratie par le même lien qui unit celle-ci à l'Église. En Irlande, le même nœud attache l'une à l'autre l'Église et l'Université, et , par conséquent, l'Université à l'aristocratie; mais on comprendra sans peine que les mêmes causes qui, dans ce pays, rendent funeste l'institution de l'Église anglicane, y exercent la même influence sur l'Université qui n'est qu'une partie intégrante de celle-ci.

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