DEUXIÈME PARTIE, CHAIP. Ily § î
çà et là d'une aristocratie anti-nationale'. Il n'est pas exact de dire que l'association anéantit le gouvernement en Irlande : car comment appeler de ce nom l'empire d'une faction qui ne se maintient que par le secours de la force matérielle ?
Dans un pays où il existerait des pouvoirs légitimes et réguliers, l'établissement d'une association pareiUe serait , si elle pouvait s'y former, l'organisation même de l'anarchie. En Irlande , cette association peut bien être un principe et un moyen de révolution politique , mais c'est en même temps le plus puissant élément social qui existe en ce pays.
Avant que l'association irlandaise se fut constituée , le peuple pensait sincèrement qu'il n'était pas de pouvoir temporel qui méritât l'obéissance et le respect, parce qu'il croyait méchante et tyrannique toute autorité humaine. L'association qui , il faut le reconnaître, gouverne l'Irlande, lui a appris, en le soumettant à son pouvoir et en le protégeant, que l'autorité peut être bienfaisante, -
C'est à l'association que le peuple irlandais doit de perdre ses traditions dé sauvage indépendance , et de contracter des habitudes sociales et régulières. Chose étrange! l'association qui mène l'Irlande est le plus factieux de tous les pouvoirs ; il ne se passe guère de jour sans qu'elle pousse le peuple ^ violer quelque loi ; elle lui prescrit comme un devoir civique de refuser le paiement de la dîme, qui est commandé par la' constitution ; elle voue au mépris et à la haine publique les corporations municipales qui cependant sont des pouvoirs légalement constitués, l'Eglise anglicane qui est la première institution
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du pays , l'aristocratie dépositaire actuelle de toute l'autorité administrative'; et cependant, je le répète, l'association a donné au peuple irlandais ses pre«* mières potions du droit et de la légalité. Avant que l'association existât, et par conséquent avant qu'elle . fit entendre ses conseils, le peuple éprouvait les mêmes sentiments de haine contre tout ce quelle lui récommande de haïr; mais alors il était aveyfgle et farouche dans sç^s ressentiments. L'association n'a pas changé le fond de son âme; elle l'a laissé avec tputes ses haines qu'elle a jugées légitimes , et c'est ce qui a fait sa force : seulement elle les a éclair^e^ de quelque lumière ; elle a appris au peuple non à les étouffer^ mais à les contenir ; elle s'est efforcée d'adoucir ses penchants, d'indiquer à ses passions politiques des voies douces, paisibles, rigoureuse^ meut légales, à la place des moyens violents etcri-^ minel3 auxquels il était habitué à recourir ; elle l'a accputumé à ^recevoir ime direction supérieure , et à accepter l'empire d'une autorité toute morale , à la place du gibet, seul pouvoir social auquel il eût (oL Elle i|'g pas plié le peuple au3^ règles de la loi > mais à une règle : voilà comnaept un élément d'ordre est sorti du désordre même.
On m'a buttu ! s'écriait d'une voix lapientable un paysan Jors de l'élection de Waterford. — Et pourquoi, lui, dit-on, n'avez-vous pas rendu les coups? . — ^^Je croyais, répondit-il, que l'association l'avait défendu. La veille de l'élection de GJare l'association porta une défense générale de s'enivrer : pas une goutte de wiskey ne fut bue par le peuple ( i ).
L'association n'a pas la pui^sanii^e d'empêcher le