RÉsiSTAjrcE A l'oppressiob
l'a^socialion , dans les meetings; ses* harangues âectorales tt se» publicalîons par le moyen de ia presse. Les travaux du parlement qui le retient la moilié de l'année, et où il se fait entendre à Tocca; sion de toute question de quelque importance, ceux dô Tassociation qui ouvre ses séances quand le par; lement a clos les siennes, et .dont O'Connell fait à peu ' près tous les frais , n'of&ent point un aliment suffisant à son inconcevable activité. Les meetings db assemblées populaires qui, en Irlande comme ûx Angleterre, se réunissent à tout propqs, et dans lesqudles O'Connell domine comme il y excelle (i), sont encore trop peu pour 8atis£ûre le besoin d'action qui le dévore. Il ne laisse échapper aucune occasion de dire sa pensée au peuple et d'exercer sa. puissance. Une élection générale se préparet-elle ? O'Comnell la dirige presque souverainement ; il dit à tel collège électoral:. Nommez celui-ci; à tel autre : Ne nommez pas celui-là; et toujours il est obéi. Informé qu'une élection importante est douteuse dans le nord , il s'y rend en toute hâte , fait efatendre sa voix toute puissante sur une multitude irlandaise, et le candidat qu'il a soutenu triomphé; de là, sans prendre un instant de repos, i] vole vers Ie,sud où il a appris qu'une autre élection périclite , il fascine et entraîne ses auditeurs, fait élire son fils, ou son gendre, ou quelqu'un des siens; et, reprenant sa course en descendant des hustings , il arriye à Dublin précisément à l'tteure des séances de .Fassodvtion, dans le sein de laquelle sa parole retentit plus fraîche et plus sonore que jamais. 0*Gcmnell est doué d'une infatigable ardeur; quand
l>EDa*MEPAETIE,CHAl,.n,Su. ^7
il n'a point l'occasion d'agir, il parle ; s'il ne parle pas, il écrit; du reste , actes, p£»^les, écrits, tout est dirigé vers un but unique, le peuple,' et parvient à ce but par la même voie, la publicité. Il se passe à peine, dans toute Tannée, un seul jour sans que la presse publie, soit une résolution, soit un disi:ours , soit une épître d'O'Connell.
Ce qui distingue O'Connell, ce n'est pas Téclat de telle qualité particulière, c'est plutôt l'assem* blage de plusieurs qualités communes, mais dont la réunion est singulièrement rare. On citera saps peine tel ou tel orateur plus remarquable que lui, tel homme d'action plus habile , tel écrivain plus distingué; mais cet orateur plus brillant serait incapable d'agir; cet homme d'action ne sait pas écrire; cet écrivain supérieur né sait ni agir ni parler. O'Connell, qui probablement ne fut devenu cél^re ni par de» livrés , ni par des harangues , ni par des actes politiques , se trouve aujourd'hui le plus illustre de ses contemporains parée qu'il est capable, quoique dans un ordre secondaire,' de ces trois choses à la fois. Ci est cependant juste de dire qu'au barreau O'Connell est supérieur, et que dans les assemblées populaires'il est sans rivak
n y a dans la fortune cl'O'-Connell quelque chose de plus syf prenant qùè son origine , et que les moyens par lesquels elle s'est établie; c'est la durée ^e sa puissance, puiss^ce toute ^fondée sur cette base fragile qui s'appelle la faveur populaire. On *voit encore des hommes qui sont grands un jour, ' les hérosi d'un flit, l'expressioiii d'un événement considérable accompli par eux ou par la nation dont
38 BjisiSTAirCB A X.'QPPRBS$|Oir.
ils dirigent les efforts , et 4out la puissance s'évai)Quit d'ordipaire avec la grande drcQpstance dont ils sont les représentants ; mais Cfi qui ne se renconn^ guèi^, c'est cet eippira cqntinu (i'qp hpmme quii pendant vingt années, r^gnie sur ^o^ pays sans autre titre qu^ l'assentiment pppulaire, chaque jour nécessaire, donné chaque joue Q'pst peut-être de M^lf^ les eiiist^ces la plus grande et la plus magni- Qque, mais c'^st aussi la plus laborieuse. 1^ vie d'Q'Qqnuell e$t uu^ perpétuelle entreprise $ un com* l)at qui ne ^uit point Qu'il cesse uu seid jour d'agir, do parler, d'épr|re , sa puissance croule aussitôt, L'bofuiue que ^qn pays a revêtu de la magistrature spprfêip^ e$t wçQf^ fort et ohpi, aprè^ qup Ips causes d^ spn élévation sout pa^é^s; et, président ou roi, i) pput demeurer tel dans la plus complète inertie. û'CkilUnell se reppsant n'^st plus rieu ; son ppu^oir n^ se inain tient qu'à la condition d'uue actiou incessante ; de là ceUis agitation fébrile qui le distingue e> qui , il le faut dire , fait son bonheur eu méwe Op^ps que sa gloire ; car le repos est antipathique fi sQj[\ |n£|tigable nature.
Si , du resté , il ^st facile de concevoir comment il.Esiut des efifprts pontinus. pour perpétuer cette puis^aj^çe qui meurt ^t repaît chaque jpur , pn opm- Pfend uipins aiséuient cpo^ruent celui à qui le be- ^pin d'agir sans relâche §st iwpérieusiepipnt pre^crij, tTQuv^ tpujours sws sa ui{yn d'^^bbpdants élémeulis 4 actiftp. Ô'Qopnell excel|p autapt à le^ découvrir qu'à Ips ç]|plqiter. 4 peiue up grief de l'Irlande estil satisfait, que son œil vigilapt ^rçoit un grief flPUvejiu qu^ va 4evenir le texfp de cîes pjaiptes i i^op
BEUXlitlX PARTIE I GHAB* U, § II. 3^Q
tact est merveilleux à prendre le devant des fiassîons populaires , à las deviner ; il ne pense pas au* tremeat que tout le monde^ il pense plus vite, et il dit le preqiier ce que tout le monde al^it dire. De toutes ses facultés la plus émiapnte ^ c'est saqs coar tredit Textréine bon sens dont il est dou^ y it Taide duquel il mesure tout d'un coup la difficulté , voi|t aussitôt le meilleur parti à prendre» et juge si sûrement le présent, que nul n'est aussi prè^ que lui de l'avenir : intelligasce profi^nde qui est encore du génie , et de tous les génies le plus bienlaisa|it pour les peuples » quand Tégoisme ne l'altère pas à sa source.
Beaucoup se représentent O'Connell sous l^s traits d'un ardent et dévot catholique poussé par le fanatisme religieux à défiendre la liberté. Pour juger à quel point cette opinion est juste, il £aiudrait pour ¥Qir fire au fond des cœurs ; or^ c'est un doo qui n'appartient qu'à Dieu. Si cependant il était permis de hasarder un jugement sur les sentimirats les plus iippénétrables de l'âme, je dirais qu'ici lenoon» il y a ckez Q'Cpnnell plus de bon sens que ^e paswm , plus d'intelligence que de foi. O'Conndl parle ^ Hf lande la seule langue que Irlande comprenne: ^ juge trop bien l'Irlande pour np pas repomaitre que risfi ne s'y peut faire si c^ p'es) ppi: l'iiifliience 4u catholipisine, et il serait pei(t-etre catholique |^?vait par raison politique s'il m l'était pas par (Oirnseience religieuse.
P'autr^s qui n^ considèrent Q'jQonn^U que dans sa "ne politique, se demandent s'il joue un réle, ou a*il çkéit k une qpnviotiQii. CW un doute qu^l
4o BESISTAKCE A l'oPPÏUBSSION.
semble bien difficile d'admettre. £h quoi ! il n'est pas de petit procureur à gages qui , quand* il a y tant bien que mal , plaidé durant quelques heures la plus mesquine cause pour lé plus piètre client j ne soit presque convaincu de la sainteté de son droit y et ne s'anime jusqu'au zèle , quelquefeis jusqu'au désintéressement : et l'on demande s'il y a de la bonne foi et du dévou^aent sincère chez l^ômme qui ^ depuis trente ans , défend la même cause; la causé d'un peuple entier, d'un pays qui est le sien ; une caxise à laquelle il a dévoué toute sa vie, à qui il doit toute sa gloire; la cause ^^brfplus équitable qui ait jamais existé, et qu'il croirait juste encore, alors même qu'elle ne le serait pas ?
O'Connell est en butte à des attaques qui, si elles ne sont pas plus méritées , sont plus faciles à comprendre. Les partisans déclarés de l'obéissance «passive ne peuvent lui pardonner ses allures libres et ses tendances révolutionnaires ; et ceux qui regardent Finsurrection armée comme l'unique remède à la misère du peuple, lui imputent tous' les maux de llrlande, qui souffre et ne se révolte pas. On conçoit que la conduite d'O'Connell ne satisfasse ni les uns ni les autres. Il y a dans le principe politique qui lui sert de guide , dans cette doctrine «intermédiaire entre le respect des lois et l'agression , quelque chose de mixte qui rend son caractère pres^que insaisissable,' faisant d'O'Connell tantôt un^sujet loyal, tantôt un partisan factieux ; aujourd'hui -incliiié devant le roi, demain' roi lui-même sur la'plàce^iîu- Wiqtieîrîmoitié; démagogue , moitié prëSi^'Pôur f juger O'Gônnell y il* faur l'énVisager à la fois sous ce
DSlTXlisME PAETIE, GHAP. II, § II. 4l
double point de vue. O'Connell n'est ni un homme de pure opposition^ |^rlementaire ni im homme de révolution ; il est Yutk et l'autre, tour à tour et selon les cas. Son principe en ces matières se forme'sur la circonstance; tout pour lui consiste à obéir et à résister avec discernement. O'Connell, chez qui le bon sens domine toujours la passion, ne poursuit jamais que ce qui est possible. Trouve-t-il que l'opinion publique est froide sur une question de réforme, il poursuivra cette réforme dans le parlement, avec l'arme seule de la logique , et l'unique secours de la raison. S'agit-il au contraire d'un sujet qui excite les passions popukdres et pour lequel il y ait chance de voir la nation entière prendre fait et cause, O'Connell ne se borne plus à raisonner, il agit. H n'invoque plus seulement un principe, il fait un appel à la ferce. C'est ainsi que, dans les temps qui ont précédé l'émancipation catholique obtenue en 1829, il avait mis l'Irlande sur pied; ainsi, en i83i il soulevait toute l'Irlande contre le paiement de la dîme; remarquez qu'il la soulevait^ mais ne l'armait pas ; il déployait un appareil menaçant, et attendait que le pouvoir irrité lui donnât, -en l'attaquant^ les avantages 'et lés' privilèges de la'défense. O'Connell sait mlervéiUeusémént le parti qu'il peut tirer de* là légalité, et jusqu'où it peut aller dans la violéiîce; il^nse'que c'est 'folié à un peuple qui possède des libertés; de délaisser ces^arines puissantes de combat dont l'usage est légitime et exempt de tous' dangers ; pour recourir à ■ cette arme extraordinaire ,' la rêvolfe*,' dont •l'emploi est 'si périlleux,' et l'effet *si 'iniciértsanC' • Si ^ O'Connell ^ croyait qû'fïnè * bohii^é'^ et
hs^^çh^ xasnvreçtion rpussU à l'Irlande , et fît d'elle l^n peuple beureigi: et libre , il serait sans doute ré^ yolutionnaire. U ept applaudi au mouvement des va- Içntqirps ^^ 17785 niais je do^t^ qu'en 179a il se liut engagé d^^i^ )ç {^ouve^wt pourtant plu« na* \Xmd\^^Ivh^dais:rUms. L^ preniiers Vivaient pour ^ux des chf^^çes de si|(;cès qui manquaient eatièramentaux seconda. Q'Çonnell a l'âme et la mémQifis chargées de tpiites \^ misères qu'ont attirées sur l'Jrlan4^^es viple^ts e$§ais d'indépendapce : de làsop effort çpn^tgnt pour créer ce qu'il appelle Fagit^Oçu constitutionnelle , ce syi^tèm^ indécis entre la pai?: pt la guerrçy entre la soumission et la révolte , entre l'ppposition légale et l'insurrection : système qui sa«s doigte np copfère point m^ peuples les rapides bienfçiits d'i^ne révolution squdaiue et prospère , mais qui ausisi n'expose point le pays aux terrible^ fesr pon^a]3»ilités d'une insurrection malheureuse*
Mais soif que l'PQ considère O 'Connell ^omvite un ardent ^ectiaix*^ PH cpinme un grand chef de part) , politique qu ppt^ipuslîiste , par)enientairfi pu révolutipnn^if^x on es( dans tpus les cas obligé de reponnait^e en lui nnè extraordinaire puissance ] et ce qui , dans pefte puissance I frappe surtout les rer gar4s9 cest; pe qu'elle contient de profondément démocratique. O'ConneU est tout naturellement ^ et par le fait seul de son existence pplitique en Irlande, l'ennemi d0 ^aristocratie ; il ne saurait être }'h&pai&<^ d'une population irlandaise et cathpliqup, sans être l'adversaire 4e l'oligarchie auglipane- P^utTétr^ dans aucun pays Ip représentant 4€f l'inférét et de la paa-
CfUm^l r^neu^i vicient des classes ^up^ieures) parpe qu'il p'y ^ pei^tr^trç p4S de pay^ ai^ mpnde ou il existe une s^pars^tiou aussi nette y aussi p^ofon^ei aussi a}isolue qu'eu Irli^nde ^ptr^ Tfiri^tQq^tie et }e peuple;
U ne h\jX donc pas pi'étonuer si Q'ConueU Uvre $) l'^FÎstqçra^if^ d']lrlau4^ UU^ guerre éternelle; ri^U X^^ \^ saurait çonle^ir 4$^ns ^es a|:taques que ses ps^ sioi^s lui cqnseiUçnt , ^t qu^ sa r^pn lie lui interdit pas. li ne faut pa^ s'é^puuer uou plus ^i O'ÇonppU , l'idole du ptupl^ I (BJ(pite 4au^ les raugs élevée de la société de§ inimitiés ar^^qt^f f 1 n'y a peut-é{re pas d'hQmme qui spit taut aimé et si baïr L§s resisçu? Il^ients de r^risl4)Gratie ^qu(re lui sout assupémeut \^\sx\ paturels { mais mall^eur {lu gran4 seigneur d'I(> lapde qui, incapable fl^ liaïr en silence , proypquç pet ennemi formidable !
Un jour, au miUeu d'un banquet public , faisapt allusion au tribut aupuel qu'O'Çqqnell reçpit de rirlapde (l)f un Iqrd traita Q'CQmx^\!i à^ rnend,i(^^ (beggermau) } le len^emaip O'GQnuell vîpnt à la sé$inpe de l'^s^opif^fio^ :
fc J'ai , dH-i| 1 à Ypup^ raconter une agression npuveUe dirigé^ contre paoi par le marquis *^*, qui s'çst perpBis d'^putpr à moq uom l'épitbètfi^de rneri4i<mt,' Jç y9u4rai§ feipu Ravoir de quel drpit ce seigneur mf( tr^itÇ 4ci 1^ sprte. Quel est sou motif? 3erait-ce
qHP i'^ wprifié ii» rpyepu égal ftu mpitt^ w prp-
àw% du plus beau de sps dppaai»^ , pour me mettre k même d^ me déypu^r p}u9 complètement À la 4éfciwe de mçs ÇQftcitoyeps > pt po^r mieu^f Ips pr«-
t^W ^mV^ V^ WWtoçrîit|ç qiM n'jjçpirequ'à les
44 &É9IST AircE ' A l'oppressiok.
fouler aux pieds ? H m*est arrivé ce qui peat-^tre n'est jamais arrivé à aucun homme, et rirlafi4.e a fait pour moi ce qu'aucun peupletie fit jamais pour un simple individu. Oui , cel» est vi*ai , je reçois im tribut j gage du haut prix qu'on- attache à mes faibles services: Je m'en glorifie , et je repousse en inéme temps que j'entends avec le phis profond dédain les injures de * cette lâche aristocratie , qui marcherait sur le corps^du peuple si elle ne me trouvait sur son chemin. Quels sont, dites-moi, les titres du marquis de ^** à la considération publique ? A quoi doit-il les grandes terres qu'il possédé en Ecosse ? Je m'en vais . vous le dire. Son ancêtre était lord ***, abbé de *** au temps de Knox. Trahissant le dépôt qui lui était cotifié , illivra les vastes possessions qui dépendaient de son abbaye , après toutefois en avoir obtenu pour lui-nflréme la concession des deux tiers. Voyons maintenant l'origine de ses domaines d'Irlande. Gomment sont-ils entrés dans sa famille? — Eh ! mais, par la voie accoutumée du temps, par le sacrilège, le paijure , le vol et l'assassinat. Et voilà un homme qui , héritier du fruit de tous ces forfaits , ose attaquer un autre homme dont tout le crime est de s'être constitué le défenseur de ses concitoyens contre lei^ monstres qui, depuis des siècles, écrasent son pays du poids de leur tyrannie (i). »
Du reste, ce n'est pas seulement par ses sarcasmes, ses inviectives amères et ses fougueuses déclamations qu'O'Connell attaqué les hautes classes dlrlande , et ébranle 'leur autorité; il les rapetisse par sa grande taille, qui, en Irlande , l'élève au-dessus de tous ; il annule surtout leur empire par l'ascendant
DEUXliME PARTIS^ CfULW. il, § II. ^S
qu'il a pris sur ceiuc qui Içur doirent ob^ssan<^ ; il détruit leur pouvoir par la doDaination qu'il exerce lui^-méme sur toute Flrlande. Toute grande individualité est nivelante de sa iistture ; elle ^t supérieure à ce qui l'environne; mais au*dessou& d'elle tout est égal. En plaçant le peuple sous une influence unique , centrale , née du libre assentiment de chacun , O'Connell l'accoutume. à ne compter pour rien les privilèges légaux et traditionnels qui , dans un gouvernement ai;istocratique comme celui de llrlande , sont présumés attachés au nom , à la naissance et à la condition sociale.
§ m. — LE CLERGi CATHOLIQUE. .
Mais de tous les éléments sociaux existants en Irlande, et qui, favorables à la liberté , contiennent aussi des germes de démocratie, il n'en estpeut^étre point de plus fécond, au moins dans le temps présent , que le clergé catholique. Si O'Connell est le sommet de l'association , on peut dire que le clergé catholique en est la base. Mais O'Connell est un homme dont la puissance est destinée à finir avec sa vie, si même le déclin de son pouvoir ne précède sa mort (i). Le clergé est un corps qui ne meurt point*. . Le clergé catholique qst ce qu'il y a en Irlande de plus national : il tient aux entrailles mêmes du pays. Nous Pavons vu ailleurs, l'Irlande ayant été en même temps attaquée dans sa liberté et dans son cuUe, la religion et la patrie se sont mêlées dans
46 AÉsisriï^cÉ K i'Dt»!»Rteissidit.
l'âmé de l'IHutidài^ y et sbnt deVetiuëâ pôiïv Itii une seule chose. A ïbrfce de lutter* pout- Sâteligicm cëutue TAnglaiis , et pont fek patrie eoiitk^ le proteètatit^ il s'est àccouttimé à ne iôW de (iat^tièàud de 6a fbi que ^àrmi les défefa^ëur^ dé isôU iiidêpëhdabce ) et à ne trouVet* de dévôuëniëlit {3bur sôtt ittd6pfttidahce qm parmi les amis dé ^^ réligidil;
Àii iHilieu des agitations ddnt Sdh pays et Mtl âme ont été le théâtre , llrlandais, qui à tu se cdiii sommëi* tàtlt de niiueis au^dedânset autour dé Itli v ne croit à rien de stable et ût bertàitt dàkië oé ittdlllkv si ce n'est à son culte ^ Hé fculte éUMi VÏéuk qtié ifl vieille Irlande , ce culte supérieur aux hommes , aux siècles, aux révolutions, qûî a traversé les plus sinistres orages et les plus dures tyrannies, contre lequel Henri Vltt n a rien pu , qui à bravé la reine Elisabeth , sur lequel a passé , sans l'abattre , la sanglante main de Ci^ohiwell, et qiié fa'bnt pais riléme atteint cent eiticjuâtitë ahiîéfes de jiérsêctiribns cbn» tihues. ^ôiir l^Irlândàié il tl'y a dé isôtltëraîiienient vrai que son culte.
Eh défendant ce ^ullë , rirlàiidài^ k été cent fbift etivahi, coâqûis, chkssê du Sbl hàtâlj il S gardé sa loi él perdu Sa patrie. Mais apiés là bdnRîSîon qui s'étâît ÎPaite dans ^on esprit de fcés deux chdseis; sâ religion sauvée est devenue tout pour itiî, et s'est •encore étendue dàhs sbh fcœur éh y prériatit la plûice qu'y tenait Sbh Indépfendahce. L'âtitel du il prie est ëhcorë sa patiie.
Parcourez llrlande, regardez leis jiopUlatibhij , étudiez leurs tJdœUrfe, leùt^ passions , leur càràtctèhe j ^dhs rècdhnaîtrfei qU'àùjtturd'Iidî méhië bù l*IrlàHde
est politiqiiemeHt libre ^ ses hdhitatitS' sont ^nëôré tout pleins de préjugés et de sourenirs de leur an^ eieûne servitude; voyez seijlçment leul* aspect exté^ rieur : ils marcheut le froùt itielihé vél*s là tei*ré ; leur attitude est humble ^ leur langage tiinide ; ils reçoiTent comme une grâee ee qu'ils pourraient demander comme un droite et ils ne croient point ï l'égaUté que la loi leur assure et dont on leur dôniië des marqnesi — Mais si de la cité Vous passez dans l'Église y TOUS êtes tbilt à coup frappé du contraste. Ici se redressent les eoutënances les plus abattues , et les têtes les plus hbmbles se relèttgut, portant vejhs le eiel les plus nobles r^gâtids ^ rbotnme t*eparait d«is sa dignité* Le peuple irlandais eftt dans son église i et là seulemiesit il se sent libt^ $ 1& ^seulement il est sûr de son droit. Il occupe ié 6éul tëtf àih qui n'ait jamais niahqué sous ses pieds.
Quand l'autel eit aussi national > cofaibient lé prêtre ne le serait-il pas? Dé là la grande puissance du clei*gé catholique en Irlande. Appliqué à rehtét'« Ser lé catholicisme V le gout^fheÉuent anglais ne pouvait abattre le culte sanë détruire le dergé; Et Von a vu ailleurs cbmuieni il tràtailla à là ruine dé eelui^:i. C^endant, en dépit des lois pénales f^iî d'ailleurs sommeiUaieait quelquefois ^ il ^ a toujout^s eu des prêtres en Irlabde; Le cUltè tathdliqué n'y eut longtemps il est vrai qu'une existence tny Stét*ieuse et clandestine^ il était légalenient censé ne pas étr^ , et la même fiction s'étendait au clergé ; alors niêtné qu'on tolérait le culte catholique , on ne l'autorisait pas, oh ne le reconnut même qu'indirectement, lorsqu'au 1798 le parlement anglais v^ta des fonds
48 , AisiSTAlfCB A : li'oPpa^f lÔK.
pour la dotation du sétokiaire de Maynootlvdestilié à l'éducation des prêtres irlandais. 'Quoi qu'il: en soit y le culte cath0liq^e existeaujourd'hui publiquement en Irlande/ sçs temples, s'élèvent, : son clergé s'organise , ses cérémonies s'accomplissent au grand jour; il compte quatre archevêques, vingttrois évéques , deux mille cent cinq églises et deux mille soixante-quatorze prêtres ou vicaii^es. Ce Ji'est pas la loi qui le constitué ainsi , mais elle le laisse s^ iformer; elle lui accorde une tolérance expresse, et maintenant le clergé catholique , dépositaire de la première puissance nationale de l'Irlande, l'exerce sous l'égide de la constitution. Et pour comprendre cette puissance, ce n'est pas assez de savoir ce qu'est pour lepeu[de irlimdais sa religion, mais encore.ce qu'est pour lui son prêtre.
Contemplez ces immenses clauses inférieures d'Ir-* lande qui portent à la fois toutes les charges et toutes les misères de la société, qu'un avide propriétaire pressure sans pitié, que le fisc épuise, que le ministre protestant dépouille, que l'homine • de loi achève de ruiner. Quel est dans leurs sôufifrances leur unique appui? Le prêtre. Qui leur donne un conseil dans leurs entreprises, un secours dans leurs disgrâces, une aumône dans leurs détresses? Le prêtre. Qui leur accorde (chose peut-être; encore plus précieuse) cette sympathie qui console, cette voix amie qui soutient , cette larme d'humanité qui fait tant de bien au malheureux? Un seul homme en Irlande pleure avec le pauvre qui a tant à pleurer; cet homme, c'est le prêtre. Vainement des libertés politit]ues sont obtenues , des droits consacrés , le
BBUXSkME PARUE, CHAJP. ^, § III. 49
peufde souffre toujours. Il y à de vîeiHes plaies sociales sur lesquelles le remède venu^des lois a^leut à se faire sentir, Cek j^Iaies du peuple larges et hideuses, te cl^gé seul h'en détourne pas les yeux, seul il s'en approche et les adoucit. En Irlande, il n'y a que le *pr être qui ait de perpétuels rapports avec le peuple et qui s'en honorée 4 • • .
Ceux ffai en Irlande n'oppriment pas h peuple ont du moins coutume de le mépriser. Je n'ai trouvé dans ce pays que le clergé catholique qui edmât les basses claàses, et en parlât dans des termes d'estime. Gela seul m'expliquerait la puissance des pre^ très e«:ïrlÉlfade. ^ \
La mission 4u clergé catholique en. Irlande est la plus magnifique' qui se puisse imaginer. Elle eàt un accident : car il fallait , pour la faire naître , un ensemble de misères qui heureusement sont propres à ce pa^9. IMtaîs le clergé irlandais n'a point manqué à sa fortuné; un rç^Ie admirable s'offrait à lui, il en a compris la grandeur et il le remplit avec uti dévouement sublime : on ne se doute guère sûr le continent de ce qu'est en Irlande la vie du prêtre catholique qui, dans la guerre terrible que le riche fait an pauvre , est le seul refuge de celui-ci ; et qui met à coniibattre le malheur de son semblable wi zèle, une ardeur, une constance que l'ambition la plus violente et la plus égoïste apporte rarement dans la construction de sa propre fortune.
Il semble du reste que tout en Irlande se réunisse pour placer en relief aux regards du peuple les vertus de son clergé.
Quel doit être le sentiment du peuple quand il II. 4
5o wÉme^JkMéB a li'omtBsnoir.
eompftre son ^lise humble ei pauvre comme lui, eomme lui persécutée, avec cette église orgueilleuse et uKagmâque , l'Église anglicane appuyée sur l'État liont die partage la puissaiice; lorsqu'une loi dufê le coatttiint de payer à celle-ci des tributs énormes dont il ne lui revient jamais une obole, tandis que le peu qu'il donne à son pauvre clergé , celui^i^ le lui rend totâ entîep, ^t y ajoute des soins et des démnum&Èï^ qui ne $& paient point ^ loncpie^ sous ses yeux^ un mimstre protestant ^ un étranger qu'à ne coima^ pas, ocaipe un bénéfice ou il ne prand eotici que de sa fiunilie^ de ses plaisirs et de ses intérêts ; tandis que le prêtre catholique ^ qui n'a point de Itmitte , point de fortune , point dte biens terrestres, qui est enfgmt de llrlande et sorti des mngt populaires , ne vit que pour le peuple et «e doime tout à lui ?
QnB doit-il penser an sein de kes inuQ^sses et profondes misères , lorsque dbaqoe jour il entend les riches, presque tmis sectateurs de l'Église angli^ cane, proclamer que l'aumône est le plus grand de tous les maux, qu'elle est pour le peaple une sourde <# immoralité et de dépravation ; tandis que, du haut de la chaire , le prêtre catholique frappe de ses inalédietioiiis le mauvais liche qui ne donne point au pacrvre, et ne cesse de faire attendre ces paroles de €ihar^: Faite» l'aumône, et le royaume des deus vous appartient.
Je n'examine pcrfnt ici lequel du riche p«HDtestant et dii prêtre cathcdique entend le plus sainement les principes de l'économie politique; mais je »iis sûr tout d'abord que 'le peuple prend le lan-
jymsxttaa partie, chap. ii, § m. 5i
gage du riche pour celui d'un adversaire, tandis que la parole du Second pénètre comme une voi^ amie jusqu'au fond de son* cœur. Qui s'étonnera maintenant de la puissance du clergé catholique en Irlande ? Cette puissance a pourtant encore une autre base, et peut4tre la plus soUde de toutes : de même que le peuple irlandais n'a pas d'autre appui que son clergé, le clergé catholique n'% pas d'autre soutien que le peuple. C'est le peuple seul qui paie son prêtre^ (ie là l'origine du double lien qui les serre étroitement l'ujqi à l'autre; de là leur dépen* dance mutuelle, de tous les nœuds le plus durable. Ajoutons que dans ce pays où toutes les classes supérieures et privilégiées soQt impopulaires, le clergé catholique est le seul corps plus éclairé que le peuple, dont celui-ci accepte 1^| lumières et le pouvoir. lEjL ce pouvoir n'est pas purement soc jal } il est encore essentiellement potitique. La libre existc^eice de l'Église catholique est peut-être, eq Irlande^ ce..i^'il y a de plus directement hostile au pri^cipe qui, pendant des siècles, a dominé dans le gouvernement. Ce n'est pas seulement une église qui s'élève à coté d'une autre égUse; ce n'est pas seulement un corps dç vicaires, de prêtres et d'évéques qui s'organise à la. face d'un autre clergé, élevant autel contre autel, et faisant entendre prédication contre prédication. Il ya, dans le développement aujourd'hui C9mplètement libre de l'Église catholique d'Irlande, le signe d'un principe nouveau , vainqueur du vieux principe anglican, qui jadis était comme le cœur du gouvernement anglais : la vieille Irlande se sent renaître dans l'Église catholique ; la tyrannie pro-
52 RESISTANCE A l'oPPRESSION.
testante (protestant ascendajicy) est vaincue; c'est iin principe politique, bien plus encore qu'un principe religieux, qui triomphe.
Aussi le prêtre irlandais ne se borne pas à secourir le peuple dans ses misères sociales, il le protège encore contre l'oppression politique; il ne se contente pas d'être homme et prêtre, il est encore citoyen , et n'est pas moins occupé de la liberté que de la r^on. •
Pendant longtemps, le clergé catholique, soumis comme le peuple à la persécution, n'avait eu d'autre soin que de s'y soustraire, et il était trop abattu par elle pour conserver aucune puissance de protection ; il se dérobait aux lois pénales , s'efforçait de procurer au peuple les secours spirituels de la religion , et quand il y réussissait , il avait accompli sa tache. Ainsi , au plus fort de l'oppression , le clergé catholique se renferma strictement dans son église, et il s'y tenait encore rèfiigiè , lorsque l'Irlande livrait ses premiers combats et remportait ses premières victoires. Il resta naturellement étranger à l'agitation de 1778, qui était un mouvement protestant; et peu de temps après , quand l'association irlandaise apparut faisant un appel à toutes les forces nationales, il fut d'abord à peu près sourd à sa voix, et puis ne lui prêta qu'un timide concours qu'il s'empressa de retenir quand l'orage de 1 798 vint à gronder.
Cependant ce terrible ouragan passé, les attaques du peuple ayant cessé d'être révolutionnaires pour devenir presque légales, des procédés ingénieux d'agression ayant été trouvés, avec lesquels on poursuit les fruits de la rébellion sans risquer aucun
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de ses périls ; périls imnifenses que le prêtre prudent potir le peuple et pour lui-même ne perd jamais de vue : le clergé catholique, dans ces conjoncturesy a fini par épouser vivement la cause du peuple, et de ce jour il a été son défenseur le plus efficace et le plus redoutable ennemi du pouvoir. Il n'y a pas éa , en Irlande , une crise politique à laquelle le clergé catholique n'ait eu une grande part. Il a été le constant auxiliaire de l'association dont il explique au peuple les actes et les décrets. Pas une élection ne se fait en Irlande sans que le clergé catholique donne ses conseils , pour ne pas dire ses ordres au peuple. Le clergé prend part à touteê les affaires du pays; il se mêle aux assemblées et y fait entendre sa voix. Souvent le prêtre se change en tribun, et la même voix qui recommande de rendre à César ce qui est dû à César, proclame hautement que le devoir de tout bon catholique est de voter contre le protestant, et que le plus humble fermier doit braver les rigueurs du maître , plutôt que de \ ne pas donner son suffrage suivant sa conscience. Personne aujourd'hui n'ignore J en Irlande , que le succès des élections libérales est presque entièrement dû à l'influence du prêtre qui tient en ses mains l'âme du peuple, et sait opposer aùk menaces du riche et du puissant les promesses du ciel et les terreurs de l'enfer. C'est sur la proposition du clergé qfXe l'association a résolu de donner une indemnité aux pauvres fermiers qui, par suite d'un vote indépendant, sont expulsés de leur ferme ; ainsi le clei^é d'Irlande a introduit la charité dans la politique (i). n n'est pas assurément dans les traditions et dans
54 RÉSISTANCE A l'oPPRESSIOTT:
les principes du clergé catholique de se montrer hostile aux gouvernements établis; et lorsque la divergence du principe religieux l'empêche de s'allier à eux, il s'abstient en général de ieulp* ftire la guerre. Regardez la Belgique et la Prusse. Mais ici <Jue foyons-nous? Ce n'est pas seulement un clergé cath()Hqne en face d'un gouvernement protestant avec lequel l'alliance était impossible; c'est un clergé auquel, depuis trois siècles, ce gouvernement livre une guerre implacable, dont la loi proscrivait le culte j déportait les membres , sur lequel tombaient les plus cruelles persécutions dont le souvenir vit encore dans toute l'Irlande; c'est un clergé qui, irrité du mal qu'on lui fait, l'est plus encore peutêtre de la protection magnifique que l'État ac<torde à âa tnortelle ennemie, l'Église anglicane ; un clergé enfin qui, toujours en guerre avec l'État^ n*a jamais eu d'autre ami que le peuple, ce pauvre peuplé d'Irlande, qui, après avoir payé le^'propriétaire, le ministre anglican , l'impôt, les taxes de l'Étàt^ du comté, de la paroisse, trouve encore quelques deniers pour faire à son prêtre une digne condition ( i). Et l'on voudrait que , lorsqu'une lutte s'engage et se continue pendant un demi-siècle entre le gouvernement et le peuplé ; lorsque d'une loi , d'une taxe, d'une élection, peuvent sortir la vie, la fortune, la liberté de tous les citoyens; quand tout ce qui est national se range d'un côté , et tout ce qui est ennemi de l'Irlande, de l'autre; lorsque des alternatives de succès et de défaites appellent dans la lice tous les combattants; on voudrait, dis-je, cpie, placé entre ce gouvernement détesté et ce
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pea{^ ami j le clergé demeurât spectateur indiffiê* rent^ du combat.
Noiâ«' le clergé catholique voudrait rester neutre^ qu'il ne le pourrait pas; mais, pour adopter la cause populaire , il n'a point de violenoe à s'iiiipo* ser. Le prêtre irUuidais est bien loin, à l'heure qu'il est| d^s doctrines d'obéissance passire qu'on a sou» ▼ent reprochées à l'Église catholique, et suiirant lesquelles le peuple, courbé sous la plus pesante tyrannie, n'aurait pas le droit de rdever sa tête. On peut juger de l'esprit qui anime le d^é d'Irlande et concevoir ses principes actuels par la réponse que fit, en i83a , devant un comité de la duunbre des comnmnes y le docteur Dôyle , alors évéque de Carlow (Kildace) ^ dont le nom est en grande véné»
ration parmi le peuple et le clergé d'Irlande»
Le docteur Doyle avait publié une lettre adressée à tous les catholiques irlandais pour les engager à refuser au cWgé protestant le paiement de la dime et à appuyer leur résistance aur tous les moy^is légitimes»
Ainsi , lui dirent les membres du parlement an<glais devant lesquels il coi^paraiasait, vous poses en {Nrindpe le droit de résister à la loi; et quel aeM le fondement de cette résistance? Le jugement individuel de chacun , qui décidera souveraineinent si la loi doit ou ne doit pas être obéie. Est-il rien de plus anarchique?
« Je pense; répond l'évêque catholique, que si,
< quand des abus existent dans un État, les indivi-
< dus étaient obligés de tenir leur jugement sous le « joug de l'autorité qui protide oes abus, il n'y aurait
56 RisiÂTANGE A li'OPPRESSION.
« pas pour le pays de réforme^ossible ; et l^n verferait alor» s'établir sur les bases les plus larges, « iioU'-seuleiiient le principe de robéissafio^passive, (c mais quelque chose encore de pire que le droit «c divio des rois; car ce serait le droit divin des ab^. ft Au nom de Dieu, dites-le-moi , qt^el progrès s'est «jamais fait dans ce pays, qui n'ait été l'œuvre fltid'hammes poursuivant la justice en opposition à « la loi? Pour moi, je n'en connais aucun. Tout le « despotisipe de Jacques P^ était xigouréusement « légal. Même dan$ la question du tonnage, Içs tric bunaux se prononcèrent pour le pouvoip^jpoyal* « Si vous en venez à la révolution de ié88, elle se fc fit sans aucun dout|& en violatiQn de la cl^nstitu*- « tion , et pourtant elle est- lo poîntrde départ de « notre proispérité nationale. Arrivons à l'émanci- « patioii ca&olique. Pendant cinquante années, les «r p|-<)t0stant8 et les catholiques d'I|iande l'ont pi^ur- <c suiv^ de leurs efforts; et cQmbien.*de crimes t>nt 4c accompagné l'opposition qu'elle a xe^contrée ! « combien de collisions, de haines, d'animosités ! «c comfaii^ de luttes sanglantes! Et pour parler d'un « fait encore plus récent, l'organisation actuelle delà « chambre des communes n'est-^eUe pas constitutioii- « nelle (i)? Nul, sans doute, ne niera qu'elle ne le a soit« Cependant cette institution^ que la loi protège, <x le roi et son gouvernement travaillent à la modi- «fier; et leur, plan de réforme, est l'occasion d'éc( meutes populaires à Bristol, à Nottingham, etc. «c Qui imputera au gouvernement ces émeutes et le « sang qui s'y répand ?^'il fallait renoncer à recou- « vrer un droit parce que la poursuite.de ce droit