‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 5)Chapitre 19 sur 83 · DEUXIÈME PARTIE 9 CHAP. II, § V · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE 9 CHAP. II, § V

qui ne Test pas se confondent > formant une cksse supérieure , à laquelle aspire et peut prétendre tout ce qui est riche et puissant ; dans ce pays, k «haut négoce et la banque , à cause de leurs grandes fortunes, la médecine et le bat*reau, à cause de leurs privilèges, pactisent si intimement *avec Taristocratie , qu'ils s'absorbent eh elle, et aidés par sa nature malléable, ne forment avec elle qu'un seul et même corps. Aussi peut-on dire qu'en Angleterre la classe moyenne , à proprement parler , ne commence qu'aux fermiers, aux petits marchands, aux rentiers médiocres, pour finir au3t électeurs à dix livres sterling. Telle n'était point la classe dioyenne, en France, avant 1789. Alors tout ce qui n'était pas' . noble étant de droit inférieur à la noblesse, dont il existait des signes certains , les plus éroinents dans le commerce, dan$ l'industrie et dans les professions libérales, appartenaient forcément à la classe moyenne , c'est-à-dire à celle qui , n'étant pas le bas peuple, n'est pas non plus là classe supérieure.

Les cotiditiohs de la classe moyenne ne' sont en Irlaiide, ni ce qu'elles étaient en France avant 1 789, ni ce qu'elles sont de nos jours en Angleterre. A la vérité, pendant tout le temps que durèrent les incapacités civiles des cat'holiques,*les. hautes professions industrielles et libérales étant à peu près le 9iofiopole ,des protestants , furent en Irlande comni^ en Angleterre ,' et plus encore qu'en Angleterre, associées à l'aristocratie verâ laquelle les attirait invinciblement là sympathie d'un mémç culte, source de leurs comniuns privilèges. Alors il était vraiment impos^^ible que tout ce qui ,, en Irlande ,,

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était protestant, grands seigneurs, commerçants ou avocats, ne formât pas une phalange unique et serrée en face des catholiques que révoltait le monopole protestant de la richesse , non moins que le monopole protestant du*pouvoir. Il pouvait bien y avoir encore desVangs divers parmi les prolestants ; mais vis-à-vis des catholiques , c'est*à-dire vis-à-vis du peuple, les protestants semblaient ne former qu'une seule classe, toute supérieure, entre laquelle et le peuple il n'existait aucun intermédiaire.

Mais le jour où , en Irlande , les professions in^ dustrielles et libérales deviennent égïilement accessibles aux catholiques aussi bien qu'aux protestants^ la scène change et présente deux aspects divers qu'il importe de ne pas perdre de vue. Quand elles sont remplies par des protestants, ces professions continuent à fournir leur tribut à l'aristocratie protestante, avec laquelle elles s'allient d'autant plus étroi-» teinent, qu'elles se sentent plus ennemies des catholiques devenus des rivaux d'industrie en méote temps que des citoyens libres. Au contraire, occupées par des catholiques , elles ae dontient bien de garde d'approcher de cette aristocratie, dont l'intérêt politique les sépare et la passion religieuse le^ éloigne. De :sorte que'du même élément social jaillissent à la fois comme deux sources différentes • coulant en sens opposés, dont l'une va se jeter ^Sius le sein de l'aristocratie où elfe' se -perd et disp^ait/ tandis que l'autre possède .un . cours: qui lui est propre, e#ie conserve entre* le peuple dont elle est sortie et la dasse supérieure à laquelle elle ne peut se mdér.- Cette seconde source, es^véritablemient

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