DEUXIÈME PARTIE, GHAP. Il, § VI
trairement à ce principe exclusif, a été mal fait. On a violé la constitution le jour où l'on a aboli une seule des lois pénales- portées ^ contre les catholiques d'Irlandel- Ce$ lois n'opprimaient nullement les catholiques : il ne dépeiidait que de ceux-ci de devenir libres sous la protection de^lpis, ils n'avaient pour cela qu'à se faire protestants; or, il était bien naturel qu'on exigeât d'eux cette condition, puis(|ue le protestantisme est la loi du pays^ la loi de l'État^ la loi du sol. Ce parti en est encore à 1688.^
On a^ suivant ce. parti, violé la constitution lé jour où l'on a permis à TÉcosse d'avoir une Église presbytérienne^ et une sorte de sacrilège a été commis quand le parlement anglais a doté des fonds de l'État un séminaire de&tiné à l'éducation des prêtres catholiques ; on a encore violé la constitution lorsqu'on à concédé aux catholiques d'Irlande le droit électoral ^ le droit d'être élu3 au parlement; AUX yeux du parti, ces concessions sont comme non; avenues , et celui qui croit impossible * de les rc^prendreles.déplore. Toutes les îçis que de pareilles concessions sont faites aux catholiques^ le parti tory voit ou feint de' voir un monstre effroyable prêt à s'échapper -de la cage dé fer où il est enchaîné pouF s'élance^r s^ir le peuple et le dévorer; ce monstre hideux, c'^t le papisme.
Ce parti a en vénération singulière le no0 du roi Guillaume III, prince d'Orange, vainqiieùr de la Boyne, et lé devnier fondateur de l'Eglise anglicane en Irlande ; il s'inspire ]âe son souvenir, porte des emblèmes qui le rappellent ( i ), offre dans les banquets pu&Ucs de$ toast$ à sa glorieuçe mémoire, et s'ef-
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force, de maintenir dans toute leur vigueur les passions religieuses sur lei^uëllés s'éleva la fiartune de ce prince: de là lui' est veAuie «Oip de parti orangîste(i). .;,..*'•
Ce parti qtii f pendant pliii^ dlin siècle, foula aux pieds le peuple catholique , a pour ce peuple encore plus de mépVîs^que^de haine ;*quand il dit une compagnie honnétéyc'eSt tiécesssÀrement d'une compagnie de ^flrôtestanti^ qu'il parle; dans sa bouche, tout te 'qui est protestant s'appelle respectable par opposition tout ce qui ^t catholique.
Gç parti estitee que tous les maux du pays lui sont venus de la faiblesse du pouvoir qui n'd point, dans l'occasion ^ assez réprimé les rebelles (ji). Après avoir constaté qu'après IHnsurrection de 1798, soixantte/'six |]fer$onnes accusées de rébellion furent exécutées, seulement à Wexford, l'historien sir Richard Musgrave , qui trouve molle- la répreission , ajoute î On peut juger de la clémence du gouwme' ment (3)... Voilà le véritable orangiste. Sous ces ardeïites passions religieuses et politiques du paf ti ofdngisteou tory, se trouvent bien aussi quelques intérêts,, entre autres celui 'de conserver d'immenses privilèges pour uûe aristocratie qui ne gouverne p6int,'et de magnifiques revenus pour une Église qui ft'à rien à faire.
Le p^rti radical se compose de tout ce qui n'est pas le pa/'ti.tdry. Gomme il s'appuie à sa base sur la* population catholique qui est tïute à lui , on rappelle, aussi le-parti catholique ou national ; il à poUr>âcine la vieille Irlande celtique et librçf pour tête, là jeune Irlande affranchie; pour âme, , la re-
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Hgion c^ttholiqtie; pour drapeau, la liberti. Ses grie& et ses haines reposent sur dix cents ans «l'opp'reAiou} ses espérances sur un deml^siècle de victoires , la sainteté de sa cause sur une suite d'itifoïfiiiin qui dépassent toutfe <rroyance. . • ■
Quoiqu'il soit profondément catholiqbf;, beau*coup de protestahts ê*y rencontrent, tandîs.qjlé dans le parti protestant tory il n'y a pas un cathodique.
Le parti catholique est aussi en Irlande le parti libéral, et la raison en est simple: les' catholiques dont il se compose en grande partie, dyant été- longtemps opprimés f ont naturellement défnandé des réformes que les tories , au profit de. qiii la 'tyrannie était instituée, combattaient de toutêleur puissance. Ceux-ci, qui repoussent ces féËDrâi^s-Jous le prétexte qu'elles soijt incompatibles avec la odnstitullori, prennent, par opposition au 'pa,rti' libéral » le nom de parti constitutionnel. "
C'est ce parti national ou cathaiv]ue-iibéral ou radical, qui en Irlande,' il y a cinqu^^.ftn^t pachait humblement sa tête,- et qui à préd^ntlS^- lève avec audace, appdyé sttf^ e^t'million!
C'est ,cé parti , qui est plud qu il
est It^' nation même ^- qui, en i a
pointer cfi, lAontra que pour < i
suâislit de naître , fX obtint' s
éjpànciptttion politique dés cath<
C'est cc'parti qui, jiprès avoir :■
tion franç^sç ub heureux élan , &t ensuite écrasé par elle; on l'accus^de sympathies pour la répU'blique et pour ses eycès autant 4)tie pçur ,le3 -principââ de la Ubenéi 89 l'avait aidé; 93 le tua.
9^ filÊSISTAKCE A l'oPPRESSIO]^.
Oest ce parti, sur le cadavre dutjuel passa rimiou de 1800 ; qui, après un néant de plus de vingt ailnéei , . renaît au sein de l'association formée par O'Connell, prendpour mot de "ralliement en iS^S l'émancipation parlementaire des catholiques; en i83i rabolitioo des dîmes; en i833, la rupture de l'union.; en 1 838/ la réforme de l'Église et des cor* poration's municipales.
Lorsque je dis qu'il n'y a en Irlande que deux partis f je ne prétends pas soutenir que tous ceux qu'on voit rassemblés sous la même bannière pen-> sent de même : loin de là.. Tel protestant pactise av€ic le parti tory^ et qui est bien loin d*en avoir toutes les passions et tousies priqcipes. Voyez tout^ cette portion. des presbytériens qÙQ j'ai appelés orthodoxes et qui sQi^ pour la plupart les feqnes soutiens 4u parti ôrangiste ou tory; ce n'est pas la sympathie qui les attire veCrs ce parti , car ils détes-» tent profondément rÉglise anglicatie qui lui sert de base. Mais > po))f faire la guerre aux catholiques qu'ils.haï^enffflus encore, ils sont obligés de.se mêler aii principal corps d'armée qui est celui^desi: tories anglicantf. Tel autre protestant comb|U: pour un. réfom.. «.dicale, « ,m d'aillèu« pnxÀJe , « politique et en religion ^ de principes fort différents de ceux des ca,tholiqûes auxquels il s'allie ; c'est ainsi que les presbytériens dissidents ou unitaires,' qui ; sur beaucoup de points , sonf si éloignés du parti catholique, en sont cependant Ips auxiliaires.
Les nuances se rencontrent surtout parmi les protestants qui, qi^ique appartenant à l'Église angUcane, se séparent cependant du P^i^ orangiste ou
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anglican pour appuyer le parti catholique pu national. Les uns y en embrassant la ca^ise libérale , n'obéissent qu'à un sentiment profond de conscitmce et d'équité; les autres font de même. par calcul: quand le parti^ anglican était fdrt, ils le soutenaient; ils l'abandonnent faible et vont au parti catholique dans lequel la force a passé ; ceux-ci agissent ainsi par prudence , ceux-là par peur. Lorsque la cause populaire est près de triompher, et que ison succès définitif devient chaque jour plus probable, beaucoup , qui jusque là condanmaient .cette cause comme absurde et anarchique , commencent à en su^ecter le bon sens et l'équité : ils voient du côté du peuple des victoires prochaines dont il sera doux de prendre sa part, et dans le camp opposé des défaites et des périls qu'il est sage d'éviter.
Mais , qud que soit le motif qui les fasse agir, et quelques dissidences qui séparent l'armée principale et ses auxiliaires, quelle que soit la répugnance qu'éprouvent à s'unir intimement ceux qu!une raison politique rapproche, et que tant de causes moraies et religieuses divisent ; dès qu'ils se sont enrôlés sous la même bannière, dès que le presbytérieri est uni aux anglicans, ou l'aQglican aux catholiques, il y a union étroite , et nécessité de combattre ensemble : qgr il n'existe en Irlande que deux armées, à l'une desquelles il faut absolument appartenir. Sa sommé on peut dire que nulle part les partis ne sont plus tranchés , et qu'en aucun pays il n'y a cependant une plus grande variété de passions, de sentiments, d'idées et d'intérêts.
Ce serait aussi ime erreur que de croire, parce
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qu'il n'y at<|ap dépx partis^ que -quicaiique s'estune fois do&né à l^,uu y soit à tout jamais enchaîné; il existe , k U tèrité«, dans chacun des deux partis un fonds immobile et immuable; dans le parti tory, c'est le dargé' airi^liçau et l'aristocratie anglicane ; dans le parti raxiical , c'est toute la population ca^ tholiqu^ L^s classes moyennes protestantes et la secte des presbytériens formept ce qu'on peut appeler la portion , Variable et flottant^ de la population , qui fournit toVit à tour et tout à la fois des élémeAt^ aux radicaux 6J;' aux tories. Tel protestant > qui ep 1825 réclamait «âveq ardeur l'émancipation parlementaire des.jbaïhoUques , vote aujourd'hui contre eux dans Jes élections. Xel autre, qiji s'est réuni à eux povlr>fair^' abolir les taxes d'Église (cburcb rates) et le système des dîmes, va devenir leur adversaire If jour où, au lieu de s'en•prv^|^lre aux abus de rSglise anglicane, on en attaquera le principe iai-méme* Bien loin d'être éternelles , ces alliances sont au contraire, en Irlande, sipgulièrement fragiles. Dans un premier mouvement d'enthousiasme, dans un élan généreu^p on se rapproche , on s'unit , on fait un pacte d'amitié perpétuelle ; on croit sincèrement à cet accord. Cependant l'union est plus a la surface qu'au fond. Protestants et catholiques s'embrassent étroitement lorsqu'en i B29 ils remportent 1^ grande victoire, due à leurs communs efforts ; l'effusion est réelle, l'harmonie touchante ; et pourtant le germe de division existe déjà au fond des cœurs. Voilà, dit tacitement la conscience protestante , de quoi contenter les catholiques ; ce sera le poipt d'arrêt. Le cathoUque au contraire : Voilà , se