DEUXIÈME PARTIE, GHAP. Il, § VI. ÎOI
voie indiquée au gouvernement anglais : admirable tâche , mais bien difficile, pour ne pas dire impossible à remplir. Il y a dans les deux partis de vieilles hakies, des passipns implacables i des intérêts exclusifs qui repoussent toute intervention d'un arbitre, et l'on ne saurait s'établir conciliateur entre ceux que séparent des distances $i grandes. Il n'existe, à vrai dire, pour le gouvernement "anglais d'autre alternative que de se déclarer pour celui-ci ojjt pour celuilà i et telle est la violence de ceux enti*e lesquels il lui faut choisir, qu'à l'instant où il opte pour l'un, âl se donne à lui; au. lieu de le diriger, il le suit, et.it est bientôt mené par les passions qu'il devrait conduire. ^
Le gquvernêment anglais en Irlande ne prend une attitude qui lui. soit propre que le jour où les deux partis, mettant les armes à la main pour s'égorger l'un l'autre, il place entre eux ses agents de police et ses soldats. U lui est permis de penser que sans lui^ l'Irlande entrerait aussitôt en guerre civile, et ce sentiment suffit pour adoqcir la tâche, d'ailleurs'si amère, qu'il lui fjpt remplir dans ce pays ; mais, hors ce cas;, il n'exerce, à vrai dire, aucune aolion iadividuelle et spontanée sur les partis , dont il reçoit l^mpulsion , au lieu^de la leur donner.
S'il adopte le parti tory, il doit nécessairement épouser tous ses préjugés religieux, ses rancunes politiques et ses haines; et, en agissant ainsi, il tend à: accroître le sentiment^ national qui repousse ce parti détesté. Se déclare-t-il pour le parti libéral ou catholique, il n'en subit piaâ moins le jôug; et alors.
lOa RESISTANCE A L OPPRESSioiT. «
au lieu de contenir le torrent populaire , il est forcé d'en précipiter le cours.
C'est ainsi' que l'état des partis en Irlande est encore un principe fécond de radicalisme et de détnocratiè*