‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 5)Chapitre 28 sur 83 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Quels MDtlM remèëes au dmI? Trefe prlAeépats «ont

indiqués.

On a VU quels maux endure llrlande; ou a vu tous ces maux procédant d'une cause première et <xmtmue ; ^ifin i'on vient de voir qudle sorte <de résistance a £iit battre parmi le peuple l'excès de ses misères. La situation de Tlriandw peut «s nêsumer ainsi t indigence profonde parmi )e peupte^ «nanehîe permanente <ians i'État.

Maintenant toutes ces «iséres Mcialf» et fiofelîques étant connues^ oomin^t lei guérir ? Oocnmient apaiser les souffrances cruelles de tout «kn peuple qui jeune? Gomment calmer les soulèvenM^nfs faraiidables de ia douleur irritée ? «Comment rendre k vie au peuple et la paix au pays?

Lorsqu'on voit chez im peuple des miUioQs de pauvres , ie pnemîer sentiment qu'on éprouve , c'est cdui d'une pîltiié profonde ; et avant de s'engager davis

• Io4 DES REMÈDES AU MAL.

la voie des réformes qui tiennent à l'organisation politique de la société,^rcsprit h'est-il pas tout d'abord enclin à rechercher par quels moyens immédiats on pourrait adoucir la condition matérieHe de .^^t de malheureux ? On se demande si , indépendamment même de toutes les formes de gouvernement ^ le pauvre peuple d'Irlande ne pourrait pas étl*e tout d'un coup tiré de sa profonde indigence par quelque procédé subit y extraordinaire , extrême comme la misère qu'il s'agit de guérir. Le peuple d'Irlande meurt de faim.^ il faut le secourir. Est-ce. avec des lois f des réformes constitutionnelles ? Non : il y a urgence ; c'est «du pain y et non des théories qu'il lui &ut. Le pauvre peu] de d'Irlande manque de vivres y il faut lui en donner. Il manque d'ouvrage , il faut le faire travailler. La pauvre Irlande est surchargée de population, il faut alléger le fardeau qui l'écrase; et ces secours , il faut les donner tout de suite à l'Irlande. EtcettemisèrCy qui appelle à grands cris une assistance soudaine y n'augmente-t-eile pas chaque jour? Chaque jour cette population de pauvres devient plus nombreuse , et à mesure que sa misère accrue excite plus dé pitié, les menaces de son désespoir inspirent plus de craintes. C'est, çn çfifet, un phénomène digne de. méditation que la population de l'Irlande, si misérable^ se multiplie plus rapidement que celles de l'Angleterre et* de l'Ecosse si prospères ; et, ce qui n'est pajs moins remarquable, c'est qu'au sein de l'Irlande elle-même la population s'accroisse aussi davantage en proportion de sa misère. C'est dans le Connaught que la famine sévit le plus durement, et c'est là que le peuple se multiplie

TROISIÈMS PARTIE, CHÀP. I 9 § I« Io5

le plus raj^devienl: ( i ). Comment donc nç p^s tenter d'arrêter tout d'un coup ^ttp effroyable misère dont * le progrès recèle, tant de sou£frances et de périls? , Trois systèmes se présentent qui promettent de conduire au but qu'cm Teut atteindre.

Le premier serait de procuiçr da trayail aux pauvres inoccupés.

Le second consisterait à diminiier la population , en fournissant aux indigents des moyens de s'établir hors du pays. ' *

Letrokîème serait de nourrir , aux frais, dé FÉtat , ceux qui ne seraient ni occupés enjrlande , ni pourvus dans une autre contrée.

En d'aulares termes ^ trois moy^s s'offrent pour le salut de rklande : ïindustrie, 1 émigration, et l'établissement j^-un système de charité publique.

Exaottnons sépaiément ces trois systèmes. Us ont été et ils smnt encose en ce ngypment méme^ de la part des plus graves publicistes , l'objet d'études et de travaux" qui provoquent une sérieuse attention.

§ P*". — AGCROISS£M£]]Fr DE t'iNBUStRIE.

, Çles trois p«9j:ens proposés, le premier serait évidemment le meilleur, i'il était praticable ; car il vaut miei4x sans doute tirer d'una population oisive des traifaux utiles , qjue de lui faire l'autoône ou de Fexiler.

lôG DES BEMÈDES AU MAL« -<^ L'tlICbUSTRIE.

Cest sans douté exagérer le mal que de porter jusqu'à quatre millions le nombre des Irlandais qui sont 2d>solument inoccupés. Des documents officias établissent que sûr Sjept millions sept cent soixantesept mille habitants' (i), il y en ai^atre milUons huit cent soixante-trois mille qui sont principalement employés à la terre y et un miUlm» quatre cent dix-^neuf mille employés soit au <»mmerce , soit à Tindustrie : d'qù U semblerait suivre qu'il n'y aurait guère qu'un million d'habitants total^nent dépourvus d'emploL Mais en Irlande le ehifi&e le plus considénable de» pauvres ne viient^pas de ceux qui n'ont aucun travail, mais dé ceux qui n'oM ^iM de travail régulier. La moitié des fermiens iidandais sont dies pauvres pendant uife partie de l'année; et, si où né ixini^lâfit que^ les ouviievs agrib(des oîi industriels qui ne manquent* |a«ais d'ouvrage^ le chiffi€ de^ travaiiiears oecupéMe réduirait k presque rien (!») On peibt ()onc affirmer, sans nsque d'erreur, quesurjes huit miilioîis «xt^tant en Irlande, il y eu a la moitié qài n'ont aucun travail, ou n'ont point tout le travail qu'il leur faudrait pour soutenir leur existence.

Les mêmes documents statistiques qui prouvent qu'en Irlande près de cinq millions d'invidus travaillent à la terre, établissent qu'en Angleterre et en Ecosse , sur -une populafÉon totale de seize miUions deux cent cinq mille, la terre n'en qiécàpe guèrcuplus de cinq millions, c'est-^ditfe à peu près le même nombre qu'en empjoffe l'Irlande ; et cependant T Angleterre et l'Ecosse otit t!^|^le étendue de cinquantequatre millions d'acres, tandis que l'Irlande n'en a

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