DEUXIÈME PARTIE, GHAP. £. l
traîne à sa suite : ils souffrent parce qu'ils combattent ; mais la lutte montre leur force ; et je ne saurais plaindre l'esclave blessé dans l'action où il gagne la libertés
Et si, après avoir échappé à l'oppression politique, l'Irlande parvient jamais à se soustraire à sa misère sociale , n'est-ce pas d'abord à ses libertés qu'elle le devra? Qui pourrait contester les bienfaits que rirlande tire en ce moment de la seule liberté de la presse? Qui a mis au grand jour les vices de son état social et politique sinon la presâe, dont la voix, puissante même à tromper, est si forte quand elle est un organe de justice et de vérité? N'est-ce pas elle qui a dévoilé dans le gouvernement irlandais et dans son aristocratie , des excès et des iniquités qui ne se peuvent perpétuer que dans l'ombre , et que sa lumière éclatante a condamnés à périr? Chaque jour elle révèle les maux de l'Irlande qui n'étaient guère plus connus de l'Angleterre que du reste du monde ; chaque jour sa publicité impitoyable les proclame, et après avoir étalé sous les yeux du maître les hideuses plaies de l'esclave, vient demander compte des plaies encore plus hideuses de l'homme libre ; et à présent que ces maux sont mis à nu, il faudra bien les guérir. Comment le seront-ils? Je ne sais encore; mais ils doivent l'être, car leur énormité appelle le remède.