‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 5)Chapitre 6 sur 83 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

OÙ Ton montre par quelles causes rirlande, qui est maintenant un piys libre, tend à âeTenir un pays démocratique.

Dan^ leur résistance k Toppr^ssioii politique , leç Irlandais ont trionipl^é ; aujourd'hui qu iU o^t }a aef^ret 4^ leur forée» se borneront- ils à se défendre? S^'attaqiierpnt-ils pas à leiir tour? Jusqu'à présent ils ont lutté ppur obtenir que les garanties de la coqstitutipn anglaise leur fussent accordées sincèrament} mais, ^'il était vrai que les institutions aristocratiques qui^contentent l'Angleterre ne pussent pas satisfaire l'IrlaniiB , celle-ci ne se senrifaitelle pas des libertés propres à l'aristocratie pour attaquer l'aristocratie elle-même ? C'e^t-à-dire qu'au inoyen ides institutions, qui lui manquaient et qu'elle a conquises elle aurait le pouvoir de repousser les institutions qu'elle pps^ède, et dont elle w veut plus. L'avenir nous est vpjlé ; mais le passé et le présent s'offrent à nous y qi^ fM^us montrent en ïrlande de terribles orages s'amassant au-dessus de cette aristocratie^ source de toutes les misères irlandaises. Et les périls qui menacent l'aristocratie irlandaise, ne lui viennent pas seulement de ce que l'Irlande a conquis des libertés; mais surtout de ce qu'un certain assemblage défaits, de principes et d'accidents, travaille à faire de cette

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société libre une gfociété démocratique. Quels sont ces faits, ces accidents, ces principes? Quelcjues-uns §e préseptent d'eux-mêmes à nos regards.

Le prefîiier est la grande association nationale $ le second , l'autorité d'un grand chef, M. O'ÇoqneU; le troisième, 1^ puissance du clergé catholique; le quatrièpie, le caractère de la secte presbytérienne; le cinquième est la naissance des clauses moyennes} le sixième, enfin, la nature des partis politiques. Examinons séparément ces éléments nouveau:^: de la société irlandaise.

§ l^^. l' ASSOCIATION.

Il y a pour tout peuple comme pour tout homme tesu en servitude deux conditions morales possibles: le découragement ou l'espérance , l'abattement de l'âme ou l'énergie, la soumission ou la révolte. Tant, que l'esclave n'est pas abruti, il aspire ardemment à briser sa chaîne; s'il ne le tente pas , c'est que le poids de ses fers l'écrase et décpurage son effort ; mais le jour où le nœud qui l'étreint lui permet de se ^mouvoir , on est sur que déjà il s'agite pour devenir libre. Le bonheur des esclaves m'^ toujours paru^un mensonge odieux et une amère cjérision ; j'estime trop mon semblable pour croire heureux le peuple ou l'homme le plus tranquille dans ^es fers.

Jusqu'en 1776 l'Irlande fut dans la situation de l'esclave immobile , abattu ou dégradé. A cette époque il arriva d'Amériqiie un écho de liberté qui fit

i6 RÉsisTAircÊ A l'opprîission.

tressaillir le captif dans ses chaînes, et le maître dans sa tyrannie. Tai dit plus haut les phases de ce réveil populaire, et d'abord la grande assemblée des volontaires de 1778, première association qui se forma en Irlande. La lutte engagée par les volontaires , et d'où naquit l'indépendance parlementaire de 1 78a , n'était point encore nationale ; c'était une querelle entre l'oligarchie. protestante d'Irlande et le gouvernement anglais. L'aristocratie irlandaise, qui depuis un siècle était tout à la fois esclave et tyran, s'était habituée à la tyrannie sans s'accou* tumer à la servitude; tout en continuant d'opprimer l'Irlande, elle voulait secouer le joug anglais. Son triomphe fut d'abord éclatant; mais elle ne vit pas qu'en s'afFranchissant , elle donnait à ses propres sujets le plus funeste exemple ; elle ne comprit pas qu'en ^e servant d'eux pour combattre un maître , elle leur enseignait à tourner leurs armes contre elle-même. L'Amérique avait instruit l'Irlande protestante , celle-ci enseigna l'Irlande catholique : c'était d'ailleurs le temps où la France révolutionnaire décrétait et promulguait à coups de tonnerre la liberté du monde.

En 1 79a parut pour la première fois sur la scène le peuple irlandais , soulevé contre s^ deux tyrans, la faction anglicane établie en Irlande, et l'Angleterre, point d'appui de cette faction* Ce fut le mouvement des 1 rlandais" Unis j des catholiques du sud et des presbytériens du nord, plus unis d'intention que de princif>e , pactisant avec plus de. bonne foi que de raison; première . association vraiment nationale^ quoique encore très-impar(aijte4 composée des élé-

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