‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 5)Chapitre 54 sur 83 · QUATRIÈME PARTIE, CHAP. II, SBCT. ÏII, § III. îXgS · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE, CHAP. II, SBCT. ÏII, § III. îXgS

ment, attaquer Taristocratie irlandaise par deux moyens principaux , qui se distinguent tout naturellement Fun de l'autre. - ,

jo Par des réformes générales dans la constitution , qui s'appliquent tout à la fois ^ Tlrlànde , à l'Ecosse et à l'Angleterre ;

a^ Par des réformes spéciales à l'Irlande.

Réformes 9éiiériilet.~-Scnitiii secret.

Au nombre des réformes whigs , qui , en s'étendant sur les trois royaumes, atteindraient en' Irlande, comme dans le reste de la Grande-Bretagne, les pouvoirs politiques de l'aristocratie, il en esi une qui toift d*abord attire plus particulièrement l'attention, parce qu'elle a été plusieurs fois soumise aux délibérations du parleinent , et qu'elle y sera sans doute représentée de nouveau : on veut parler de la mesure qui aurait pour effet de substituer dans les élection$ parlementaires le scrutin secret (i) au vote public.

C'est une opinion très-répandue parmi les whigs et les radicaux anglais que , si la réforme parlementîiire de 1 83a , qui a plus que doublé la représentation populaire , n'a point amené tous les effets démocratiques que l'on pouvait attendre d'elle, on doit attribuer ce résultat au mode suivant lequel les électeurs sont tenus de délivrer leur suffrage , c'està-dire au vote public*, qui les place sous l'influence de l'aristocratie; et l'on pense que si le voté était rendu secret , par exemple de la manière pratiquée

296 QUE FERA l'Angleterre ? — parti whig.

en France, les électeurs, devenus plus indépendants, se montreraient plus amis des reformes que réclame le vœu populaire.

Sans examiner ici cette question sous ses faces diverses, qu'il suffise de faire observer que, le principe du vote secret fut-il adopté dans les élections , le bienfait démocratique de ce changement serait au moins douteux pour l'Irlande.

On conçoit l'appui que |)rêterait le secret des votes à l'indépendance des électeurs démocrates en Angleterre, où l'aristocratie est non-seulement le pouvoir établi , mais encore le pouvoir dominant , et dont l'eçapire est accepté. Le vote secret est une arme dufaible contre le fort.

Mais , par cette même raison , n'aurait-il pas un effet opposé en Irlande, où la démocratie est la puissance populaire et r^tionale , et l'aristoct'atie le pouvoir faible et attaqué ? •

Sans doute en Angleterre le secret du vote aiderait la démocratie en gênant la corruption électorale^ qui est surtout utile à l'aristocratie ; car celle-ci , possédant la richesse avec laquelle on achète , est la plus intéressée à ce que l'on continue à se vendre ; et il est certain que le vote secret , qui répand sur l'acte de l'électeur, sinon un voile 'Impénétrable, du moins l'ombre tnystérieuse du douté, enlève au suffrage une partie de sa valeur vénale : comme il détruit la certitude du vote, il rend la corruption moins précieuse pour celui qui achète sans garantie et pour celui qui , ne donnant qu'une assuraface incomplète , doit se vendre moins cher.

Mais on ne saurait trouver dans ces considératipns

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