QUATÈIÈME PARTIE, CHAP. II, SECT. III, § III
taient , il y a. quelques années , monirés disposés à l'appuyer, Tont àpeu près aDandohnéé (i)* Atissîleur reproche-t-on , non peut-être sans (^elque fondement , de déserter un principe qu'ils ont souteiiu quand le mouvement démocratiqueavaît son cours, et qu'ils cessent de défendre depuis que ce mouvement est suspendu. Si eette imputation était vraie, il en résulterait qu'eti J^résence de la réaction conservativequi, depuis i835, se manifeste en Angleterre, les whigs, pour garder le pouvoir, se rapprocheraient des tories, comme il est bien certain que, pour s'en emparer plus facilement ^ les tories modérés tendent cnafque jour à se rapprocher des wnigs.
Ces concessions des vsrhigs anglais n'ont jfouiefois, il faut le dire ici , rieu qui ressemble aux apostasies qu'on voit dans d'aulres pays libres.
On doit rendre aiix hommes politiques d'Angleterre la justice qu'en général ils ne prennentJe gouver.nettiént que po\jr y représenter; l'idée à laquelle ils ont attaché leur nom . ou le principe dont ils se Sont^ toute leur vie,^jconstitués les défenseurs; bien di£Ëérënts de ces hommes qui, ailleurs, semblent lié voir dans leur avènement au pouvoir qu'une bonne chance et un coup de fortune qu'ils se hâtent d'exj)lpiter, et qui, viciant suivant les besoins du moment toutes leurs doctri)ies passées, méritant à toiis leurs engagements , insultant à toutes les pnobités , toiichant en dérision toiites les consciences , excepté celles qUi se vendent et se prostituent , semblent prendre à cœur de |>rou ver , paî* l'autorité de leurs exemples, que toutes les théories soutenues par les hommes politiques avant leur entrée aux affaires.
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ne «ont que des déclamations bonnes pour amuser le crédule pufa^c, ou plutôt d'kidignesxnahœuvrespour le trompef. Les hommes d'état en Angleterre ont plus d'honnêteté ou de pudeur. £n général , ils demeurent ce qu'ils sont; quelquefois ils se modifient, mais ils ne changent pas. Alors -même qu'ils deviennent autres , ils s'efforcent de prouver qu'ils sont restés les mêmes; et s'il* arrivait k quelqu'un (feux de. renier hautement ses principes, sa vie et ses actes, l'opinion publique le marquerait au front d'un stigmate d'infamie qui né s'effacerait jamais.
La défection des whigs dans la question du scrutin secret touche du reste bien plutôt l'Angleterre que l'Irlande 11 faut resonnaître enfin qu'en supposant même que la substitution du vote secret au vote public eût en Angleterre et en Irlande toutes les influences salutatfes que lui prêtent ses partisans^ son adoption né donnerait pas à ces deux pays une institulibn nouvelle , niais seulement un moyen de réformer les institutions; . * ' '
lia nécessité où les whig» ont cru être de r^onçer à la question du vote secret*, suffirait pour prouver l'embarras où ils sont de faire des réformes^ d'un ordre général , et qui touchent à la constitution des trois royaumes. Voyons <k>nc les réforfties politiques qu'ils peuvent faire spécialemeiît pouc l'Irlandfe; èt^ en cherchant ce qu'ils peuvent faire , constatons en même temps ce qu'ils ont faifr ; cto lesïnesnres qu'ils ont exécutées sont le meilleur indice de ce. qu'ils seraient capables d'accomplir.
QUATRIKME PARTIE, CHAP. II, SECT. îll, §^lïl. 3oi
Rélbrmes politiques spéciales à l'Irlande, que peuvent faire les whigs dans la paroisse , ^ dans les corppratioos municipales.
Les réformes que les whigs, font ou peuvent faire dans les pouvoirs politiques de Tarii^tocratie ont nécessairement pour objeUes privilèges appartenant à celle-ci, soit^ans l'État, soit dans le comt^^ dans les villes municipales, ou «dans les paroisses.
Lorsqu'cQ. i833 les vsrhigs ont aboli les taxes de febrique(i) que la population protOBtante imposait pour les besoins de son cuîteà la populalioa catholique, ils ont, par cet acte, détruit un privilège tout à la fois religieux et politique qu'exerçait, raristo^ cratîe anglicane dans la paroisseï irlandaise. ^ .
É'onj)eut ajouter qu'jts n'ont ^cune abtre réforme à y faire; car la croisse irlandaise, dont presque toute la vie était dans un al^us , n'existe pour ainsi dire plus depuis que l'abus est aboli (2).
Les «whigs voudraient opérer dans les corporations municipales d'Irlgnde une réforme non moins préfonde, et qui serait plus complète ; car ici ils ne se borneraient pas à qémolir , ils elitreprendraient de réédifier. * .>
Ils voudraient détruire le monopole angliôan et aristocratique de ces corporations , et sur leurs ruines con^tpuire uiy^e ^organisation miinicipale démycf atique et libre. Jls Vaudraient établir en principe que touf'inçlividu catholiq^ie* ou piotestVLt, anglican ou presT>ytérièn, payant une taxe et domicilié dans l'enceinte de la cité, est par ce seul fait un citoyen actif, et à ce titre investi de droits qu'il
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exerce soit directement, soit par les représentants <|a'il4i élus.
Deux foiâ déjà ils ont porté au parlement le projet de4oi qui contient cette réforme ; et ce projet, deuK fo^ adopté par la chambre des communes , a toujours échoué deTafnt les lords.
De toutes les réformes que l'Irlande réclame, c'est peut»étre celle à laqi^Ue ks whigs se sont le plus attachés, non qu'elle éoi^ pour Tliiafnde la plus importante, mais c'est celle que ^Angleterre a le moins de répugnance à accorder, pàvçe qu'une réforme du même genre a été faîte précédemment dans ses propres institutions (i). Les whigs sont sûrs que cette réforme irlandaise ne blesse aucun des principes chers à l'Angleterre ; oapeut donc compter qu'ils la représenteront de noyifeau à la prochaine cession du paHement (mi 1839). La nature de leurs prin- 4:ipes les y engage , les {)assions de l'Irlande les y poui^ent, et les défaites parlementaires elles-mêmes qu'ils ont essuyées en la soutenant les portent à désirét* une occasion de triomphe dans son* succès définitif.
Du reste, qu'elle que soit la vivacité des ccintradictîons que ce projet ^e réibitae a soulevées parmi les tories, c'est encore, à tout prendre, lui des sujets sur lesquels les whigs «et les conservatifs modérés seraiçnt le«^oins inq^pables d« s'entendre.
• fjes corporations municipaèBs d'Irlande qui semblenf avoir pris à tâche de tnpntre^ jusqu'oy*peut aUét* régbîsmé du privilège et l'insolence au monopole ,• abohdent en abus si grossiejrs et si révoltant^, que les plu^ zéléa partisans de l'institution se voient