‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 5)Chapitre 57 sur 83 · QUATRIÈME PARTIE^ CHAP. II, SECT. Ill, § III · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE^ CHAP. II, SECT. Ill, § III

dans' rimpoSsibilité de la défendre. Tout le mpnde admet donc la nécessité de sa réforme, et il est probable mie si le parti conservatif que dirige sir Ro-» bert Peel arrivait aux affaires , il prehdrait en main cette réforme , et s'efforcerait de la faire aussi libé-. raie que ses principes peuvent le lui permettre.

La difficulté principale qui divise les partis sur cette question est pourtant très-réelle. Tandis que les whigs voudraient attribuer le droit de cité à tout habitant domicilié, le système des tories et des conservatifs serait de metti* au droit de citoyen municipal la condition d'un cens plus ou moins élevé (i).

Les whigs appliqueraient aux corporations municipales d'Irlande le même principe qui a été établi dans les corporations d'Angleterre , où la presque totalité des citoyens jouit de la franchise municipale. Les tories, au contraire, restreindraient beau- * coup, en Irlande , le droit qui , en Aïtgleterre , est presque illimité.

A ne voir que la théorie^ il semblerait que Topposition des tories ne serait dépourvue ni de raison ni de justice. Let bon sens permet-il en effet de régir suivant des principes pareils une ville d'Irlande et une ville d'Angleterre ? Est-il sage, dans un pays où les basses classes sont dépourvues de lumières et de l'habitude de se gouverner, de leur conférer les mêmes droits municipaux que dans une autre con<^ trée, où le peuple plus éclairé est en possession d'une vieille expérience ? Mais si la -théorie était consultée , bien d'autres réformes,' en Irlande, pfécéderaient celle des corporations municipales ; et si ces réformes, dont la première serait la destruction

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de l'aristocratie^ étaient exécutées, il serait plus Êicile d'organiser les villes municipales dlrlande autrement que celles de l'Angleterre. Ck)mme le peuple de ces villes ne souffrirait plus des privilèges abolis y il serait moins jaloux d'obtenir des droits. Mais le point de départ manquant, la conséqiience s'évanouit. Des institutions que la logique et le bon sens repoussent étant imposées à Tlrlande , il est naturel que ce pays, quand une réforme lui est of*ferte, consulte moins, pour l'apprécier, son jugement que ses passions. Llrlande se plaint de ce qu'on ne lui donne pas, dans la loi municipale, les mêmes droits et les mêmes libertés qu'à l'Angleterre, et elle fait bien. Lorsqu'elle est forcée de subir toutes Ifis institutions aristocratiques et religieuses de l'An- »gleterre, par la seule raison que celle-ci les ayant chez elle croit de son intérêt dç les établir dans le pays voisin , llrlande est bien fondée à de- Biander qu'on ne lui refuse pas le peu de démocratie que de temps à autre l'Angleter ne. introduit dans ses lois.

Il est d'ailleurs aisé de reconnaître que les' tories, qui invoquent un principe de justice, arriveraient , par son application , à perpétuer le plus inique des privilèges» £n effet, 4'établissement de tout cens un peu élevé, mis comme condition à l'exercice des droits municipaux, maintiendrait pour longtemps encore, dans presque toutes les villes d'Irlande^ le monopole des protestants qui, étant plte riches que les catholiques , exerceraient seuls le droit , parce qu'ils en rempliraient seuls la condition.. Quels seraient donc pour llrlande les bienfaits d'une réforme qui

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