‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 5)Chapitre 63 sur 83 · II · texte numérisé non relu

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3aa QUE FERA l' ANGLETERRE? PARTI WHIG.

puissance politique de celui-ci pour çxercei' une plu^ grçinde oppression sociale. Elle abusait avec moins de réserve du pauvre et du faible, elle écrasait pluç résolument l'infortuné, rebelle à ses rigueurs, quand ia voix du malheureux ne trouvait d'écho^ nulle part et que çles lois foudroyantes arrêtaient celui-ci dans ses projets de représailles. Ainsi protégés par une sorte de terreur légale, les riches d'Irlande respiraient plus à l'aisfe, continuaient à recueillir sans trop de peine les revenus de leurs fermes , et pratiquaieol: plus paisiblement leur tyrannie. Or, ces lois ont été j^resque entièrement abolies par les whigs. Ceux-ci ii'ont conservé dans leur gouvernement de llrlapdç qu'une ombre imperceptible du coercion-bill, espeoe

. de fantôme légal dont ils ne font pas même usage ( i ). Il y a deux raisons principales qui forcent toute administration tory ^n Irlande d'y mettre en vigueur ces lois d exception : la première est que cçs lois sont exigées d'^ux par l'aristocratie dont ils dépendent; et ta seconde est que leur avènement aux affaires,

• ee révoltant l'Irlande , les force de ryourir aux jnoyens violents de répression. C'est là ce qui rend si difficile le retour au pouvoir pour Içs tories dont le premier acte obligé est l'établissement en Irlande d'un régime cruel et-sanguinaire^C'est aussi là qu'est le principal mérite des wïiîgs, capafiles '(^'administrer rirlande , sans le Recours' ae ces lois odieuses qui .violent Iç droit commun et l'humanité.

. Ce h'^st pas que le gouvernement des ii^hîgs €»i Irfqnde protège les attentats dont les pches «et lés propriétés'y sont l'objet. Il les réprime aussi, mais autrement. D'abord qes attentats sont momdngs sous

I^ rigiffie des whigs , parce que les rich^ , i^y^n)^ mqiiis de privUéges et de pQuvQii^, excft^jif vqpii\^ 4<3 haines ; et puis quaud U ep ps^ copamis, leur r^ • pre^ioQ est abandonnée açi CRHf§ prc^ii^^rie 4p 1^ justice. .

Cette répression régulière et modérée , 1^ ^V^ que Içs whigs autorisent ep Irlande ^ ^çt loin 3fins Ifloute de satislatre les p^ss^qç de r^psftQp^fi^ ^Cr 6outqi|iée à unp protection psjiitiçvilièrg, ^t qwj, pqpy p^u qu^Mii aci^usé soit acquitté pai>}e jury, s'éc^iç qu^ la société est menacée de dissolutipn ; qqç ^ sùr^ |i^ des propriétés et 4^$ persoppes n-e:^is|ç phis; qxkf )a justice est impossible avec les lois ordfpaires , e|: demande à grands cri^ qu'on r^^piette ep Yig^çm* Quelques lois d'e^eption:

Tout ré<^mmept encore, r^ri$tqçrs(tié du çqn^ 4e Tipperary adressait d'une vpix uuftnimç ^q goiir yernement: central une supplique^ humble e( prç^ san^e, à l'effet d'obtenii" quelque pi;ptc^tio,p 'extraordinaire devepue nécessaire, d^s^^-ell^^par 1;^ g^?rrç systématique que les. pauvres livf aiept ^ I^ personne çt 4 là propriété du riche. ]\ïais jusqu'il présept les wbigs ont réfu!&é à l'aristocratie tpute assistan^f exoiî)itani;e ; et persuadés qp^ lef attentats qpi 4^7 soient le pays, sont au naoins provogpés par TpgQ^iaç' et par J'imprévoj^apçç d^ ^ches, îls opt^p Iç coprage de dire à rdristocratie 4e Xipperary un^ grapdç vérité trop longtemps méconnue en Irlande. Ils lui ont i:appelé que la propriété met ses droite en perfl, quand elle ôtiblie ses devoirs (i). ' .

Ainsi le gouvernement des whigs en Irlande n'y détruit pas sans doute la puissance politique de

3a4 QUE FERA. ^l'aWGLETERRE ? —PARTI WHIG.

l'aristocratie; mais il la combat; et il ne peut , avec les armes incomplètes qu'il possède , mieux soutenir la lutte contre un adversaire aussi formidable que le parti aristocratique; il ne saurait pllis habilement affaiblir l'ennemi qu'il est dans l'impuissance de détruire.

En résumé, les whigs sont dans l'impossibilité sans doute j d'exécuter ^a Irlande toutes les réformes qu'exigerait ie salut de ce pays ; ils ne peuvent faire que partielles ou transitoires les réformes politiques pour lesquelles ils sont cependant les plus propres; les réformes religieuses qu'ils sont capables d'accomplir pèchent toujours par la base, puisqu'elles laissent debout le principe anglican qui est la première plaie de l'Irlande;: et ils n'abordent même pas la Informe des privilèges civils qui. sont comme l'âme de l'aristocratie. Mais si les whigs ne guérissent pas les maux de l'Irlande , ils ont au moins le pouvoir de les adoucir; ils gagnent du temps; ils accoutument l'Angleterre à s'occuper de ce pays , ils mettent au grand jour ses plaies les plus hideuses.

Ainsi, l'on pourrait dire, comme résumé de tous les partis, que les radicaux n'ayant point encore été vus à l'œuvre, l'Irlande ne sait ce qu'elle pourrait attendre d'eux; eUe a conpu lejrégime des tories, qui ne peuvent que la révolter ; les ,i^higs ne lui donnent pas satisfaction, mais ils la font patienter.

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