QUATRIÈME PARTIE^ GHAP. III. ^^l
beqreuseiBeRt au peuple fort^ et comment elle peut compter dans l'avenir sur de seniblables succès. Forte de sa cause juste, de son progrès constant, de ses efforts continus , dirigés Ye{*s un but unique , et de tous. les embarras accidentels qui viennent gêner son adversaire, Tlrlande avance sans cesse dans la voie qu'elle suit: tantôt elle obtient de F Angleterre un acte de demi-justice , tantôt une concession ; un jcnuf on.lui accorde, par calcul, ce que la veille on avait refusé à. son bon droit ; on cède tour à tour à la pitié qu'inspirent ses infortunes , et à la crainte que font nj^tre ses agitations; et l'Angleterre -J^st ainsi conduite moitié malgré elle, moitié librement, à renverser en Irlande l'édifice qu'elle voudrait mainr tenir. Si l'avenir, était douteux, que l'on ccMssulte le passé.
^ L'Angleterre n était pas , il y a cinquante ans , moins jalouse qu'jelle ne Test à présent de conserver en Irlande dans leur in tégr^i|é, ses institutions aristocratiques et religieus^iH: à'Cette époque, la. faiblesse relative de l'Irlande était encore bjen plus grande que de nos jours; c'est, cependant de *ce temps que datent les plus grands avantages r^m«o portés par l'Irlande sur l'Angleterre. De 1 776 à 1 793, c'est-à-dire pendant près de vingt années , il semble que llrlande tienne en échec l'Angleterre; il sembl? que celle-Cf qui, jusqu'alors, avait tout refusé à l'Irlande, ait pris le parti de tout céder ; et pourquoi ? C'est que l'Angleterre était alors dans tous les. embarras de sa puissance, bravée dans T Amérique du Nord, menacée dans l'Inde, en guerre avec la France et l'Espagne : de là les émancipations- irlan^
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éac»ê8 de 1 778 «t de 1 782 ; l'AngleteiTe dcmm à Flr* knde des libertés en même temps que les colonies ftftiërkafaies prennent les lenrs. Le jour ou la France nftvcrfnlioftnaire déclarant la guerre à l'Europe, fait emEfprendre à F Angleterre le besoin c^étre en paix avec ellé-^néme, celle*<^ donne k rirlande de noo« iPêtteslibea'tés:de là Féidancipatioti de 1793.
Et kmqne enfin , en 1819, elle accorde à l'Iiiande to grande émancipation partementaire, die a^ove ingénument qn'elle lait cette concession ^ non parce qu'elle est juste , mai» parce qu'elle est nécessaire» Efqtielle étah cette nécessité? C'était d'empêcher l^îttMrreetion générak de l'Irlande que Ton ircyah imminente.
Cest sans doute une déplorable situation que cdle de l'Angleterre, ne se sentant ni le pouvoir d'être éqeitabie enters l'Irlande, ni la force de Jui refuser teiite justice; impitoyable dans sa puissance, et gé« néreose seulenient aux jours de sa faiblesse; réponse sani aujourd'hui cemme impies et sacrilèges la»- ré-» formes qu'elle exécute le lendemain comme néce»^ Ittirei.'Blle Yôit ainsi démolir pièce k pièce, d'année en dntiée^ de concession en concession, cte liécessif ér ëh ftédes^lé, toutes les institutions qu'elle aurait i cosor de eonsenrer en Irlande. Et ch^fue jour doit fiécessaifement rendre phis rapide et plus irrésîs* tible ée travail de destruction. Le peuple anqael des ecPBeessions sont faites , non parce qu'elles sont justes, mais parce qu'elles sont nécessaires, tire de là *iin enseignement inévitable. Avertie qu'elle ne dbit rien attendre de l'équité de ses maîtres, l'Irlande ne travaille qeCk leor prouver sa Ibrcef voilà pwir-
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qneif éàêi qu'il veut quelqtia chose, O'C^QndA préehe Tagitatiaii^ et secoue sea $epi mUlioii^ 4'hcNBiiies ce^mme un époa^aAtaU piropc^ k jeter rAngleterre dauâ la réflexîoQu
Et pourtant ee triste s^^pstème de ODPcwBÎqps irnchées à la pear, à la &iblefise, et quidqpiefoie k la pitié, siettble le seul que^ dau^^on é|at piéteut p l'Angleterre puisse suivre vis-à-iria ^ l'Irlaftde.
Ou a vu ailleurs par qu^le raison VAagleQmn^ serait dans Timpossibilité d*e:sécirter pmibkuii wt ek Ubreiaent les refermes qi^ veut ^Irlande* EQis m^ peut fatve ainsi ces réformes ^ parce que si une par* tie de la population voudrait qu'on reudîl juelÂca è l'Irlande , il y en a une autre dont les passions, pe*^ Utîqiiea^et religieuses exigent que l'oppramon de Viriande soit continuée. Or, ces posions el e^ pi^ }ugés qui s'irriteraient 'contre une réforaee Iq^qua, spontanée 9 cèdent à une réforme inçoséa par une force majeure, et s'inclinent devant une nécessité. L'Angleterre pardonne à scm gDavememeot d'âtre faiUe , knpuissant même , devant les exigeneoi de rirl^mde'f elle ne lui pardonnerait po«t de menw ^mmcrfer aux simples voqux de œ pays )ea inatitar tione politiques et religieuses dent eUe kn a confié le dépôt } et il y a telle réforme que les vrb^ sa» raient afasoluafient incapables d'exécsilnr eennne juste et catiounflle^ et que l'Angleterre laiiisveît accomplir par les tories , eemaie déplerable^ nais néeeifôaire.
Ainsi s'écrouleront les institutions anglaises étar blies^m Irlande, en dépit des c^rfS^que Sut l'Angle^ terre pour prévenir leiu' ruine* Ces institatiom
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tomberont, et l'on peut affirmer en même temps qu'elles ne seront point renversées en Irlande sans (pie les mêmes institutions, existant en Angleterre, reçoirent le contreKîoup de leur chute.
L'Angleterre commettrait une grande erreur si elle croyait que ce système mixte de résistance et de concessions successives Ist préservera des p^ rils auxquels elle pense avec raison peut*étre^ qu'dUe serait sujette si eUe réformait i3uvertement«t directement les institutions de l'Irlande. Elle se ferait une étrange illusion si , parce qu^^6 proteste pour le maintien de ses instilutions en-Iiirade, elle croyait échapper à là contagion du principe irrésistible qui les abat. Il suffit mémei^n peu de réflexion pour se convaincre que sa propre Église'et sa propre aristocratie seront plus * ébranlées par la destruction lente et cbBtestée de l'aristoéèatie et de l'Église d'Irlande y qu'elles ne le sendent par une jnéfiarme subite et complète de celle^^ci.
QuHmporte la fiction qut%u|^o9e ce»institutiâns stables en Irlande^ si d'Angleterre on entend sans cesse les coupi( qui leur sont portés et les' ccis d'alarme que poussent leurs partisans? C'est eu vain qpe r Angleterre, dans son contentement Me l'Église et de l'aristocratie, décrète que l'Irlailde aussi doit feu être satisfaite , si les misères de ce fays murmurbnt contre l'aristocratie et l'Église une perpétuelle accu- ^tion'qui retentit incessamment en Anglel^^rre.
Ou craindrait, pour le sort de l'Église d'Angleterre si on abattait l'Église d'Irlande; en conséquence on veut' que celle-ci re*ste debout. Miiifi/pie suit-ilde là? C'est que tous lès jours l'Angleterre