‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 5)Chapitre 8 sur 83 · II. a · texte numérisé non relu

II. a

Ce fut encore dans Tassociation qu^elle trouva le secret de sa force et Tespoir de ison affranchisse- Blent Yer» Tannée ]8!i3, Vàssociathn catholique s^étabUt sur un plan et selon des principes nou-* veaux (i). Les volontaires de 1778, les Irlandais^ Unis de 1 791 , étaient plutôt des corps armés, tout prêts à livrer bataille j que des associations formées pur des citoyens pour la défense de leurs droits. Le premiw de ces corps, presque exclusivement pro-* testant^ ne pouvait représenter Tlrlande catholique; le second, dans lequel se confondaient des croyants de tous les cultes, avait fini par effrayer tout le tiionde par ses tendances et ses manifestes révolutionnaires. La nouvelle association , établie dans un sens de progrès sand violence , d'agitation sans guerre , de résistance sans révolution , attira dans son sein tout ce qu'il y avait en Irlande d'instincts et de besoins d'indépendance.

Quand le gouvernement d'un pays a une racine nationale , s'il s'élève contre lui des orages populaires ^ on est toujours sur de le voir appuyé sur uHo partie plus ou moins considérable de la nation. Ainsi, lorsqu'en Angleterre l'aristocratie est attaquée, ceUé*ci^ trouvant parmi le peuple d'ardents et nom)> breux auxiliaires ^ on doute si elle ne gouverne pas selon les vœux du plus grand nombre; alors surenient il y a encore des oppositions puissantes, mais ce ne sont que des partis en face d'un gouvernement qui est ou paraît être la vraie représentation du pays. U en est autrement chez un peuple qui obéit i une autorité anti-nationale. Ainsi, en Irlande, où l'aristocratie est ennemie du peuple , nul ne résiste

DmxthtE PARTIE, GHAP. U^ §1* I(>

quand le gouvernement est fort; mais le jour où Fopposition est libre d'éclslter, l'hostilité eât universselle , et le pouvoir abandonné , tombe dans l'isolement. Ce sont les opposante qui sont la nation , ëi le gouvernement qui e&t un parti. Ces opposants composent aujourd'hui la grande association irlandaise.

Mais comment ce gouvernement peut-il maintenir son action sur un peuple entier ligué contre lui ? La difficulté est grande , et , pour en comprendre rétendue , il est utile de connaître tout ce qu'il y a de démocratique dans l'association nationale d'Irlande. Je crois devoir en exposer ici le plan et en indiquer le caractère.

Je ne sais si j'en ai bien saisi Fesprit et lé sens ; mais , en cas d'erreur, je ne pourrai m'en prendre au secret et aux mystères de cette association, dont tous les actes se passent à la face du soleil , et sottt ainsi livrés au jugement de tous.

Un comité central , séant à Dublin , et composé de membres dont le mode d'élection a varié suivant les circonstances, représente l'association et prend toutes les mesures jugées utiles à la cau^e Côtùmune. Ce comité s'assemble régulièrement, examine les lois proposées au parlement, les discute, censure les actes du pouvoir et ses agents, prend des résolutions, les ptiblle^ en un mot agit comme un vrai parlement, auquel il ne manque que le pouvoir régulier de faire des lois obligaftoires pour tous. L'association a un journal qui publie ses actes et ses décrets (i).

Comme tous les gouvernements établis, l'associaftien reçoit un tribut en retour de la protection

ao RESISTANCE A L OPPRESSION.

qu'elle donne ; tribut dont la quotité varie, 3e perçoit suivant des formes diverses, mais finit toujours par être acquitté. En 1 8a 5, l'impôt payé àrassocial ion par chacun de ses membres était de deux sous par mois (un penny) (i), taxe légère, mais suffisante pour établir un contrat d'autorité et d'obéissance entre le corps qui la perçoit et l'individu qui la paie. L'association avait des percepteurs qui levaient l'impôt, d'autant mieux payé qu'il était volontaire. Aujourd'hui l'association ne va point chercher l'argent des contribuables, ceux-ci le lui envoient dans la forme de souscriptions individuelles : changements dont les formes signifient peu, mais sont nécessairet^ pour échapper aux lois par lesquelles de temps à autre le gouvernement attaque l'association. Ainsi, par exemple , dans l'origine les membres du comité central procédaient de l'élection du peuple entier ; chaque baronnie envoyait au chef-lieu du comté un certain nombre d'électeurs qui nommaient un QU plusieurs députés pour représenter le comté dans le comité central ; ainsi faisaient les trois cent cinquante baronnies et les trente-deux comtés d'Irlande. De sorte que les meneurs de l'association étaient au fond et même dans la forme les délégués du pays. Cette forme électorale, pratiquée en 1792, fut frappée comme inconstitutionnelle par un acte du parlement (the convention act) , ce qui n'empêcha pas qu'en 181 1 et en 18^5, l'association n'employât le même mode pour le choix de ses re-. présentants ; mais en 181 1 une décision du jury, et en j8a5 une nouvelle Jb.i du parlement ( appelée the '^Igçj^e act) (a) ayant dissous le comité de l'associa-

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