PARTIE HISTORIQUE
ation certains patriotes qui, ayant fait de l'indépendance, vaient perdu leurs pensions, mais auxquels on les a renues ; qu'il a fallu ainsi pensionn^, destituer, repensioner; dépense totale, environ un demi-million sterling (plus e 12,000,000 de francs) ^))
Dans l'origine, les parlements étaient annuels ; par abus, ïur existence se prolongea ; et, peu à peu, on les fit durer )ute la vie du roi '^. 11 résultait de là que, si la première anée le gouvernement avait acheté la majorité, il en demeurait ! maître, et en disposait selon son bon plaisir jusqu'à l'avéement d'un nouveau roi. Pour éviter la mauvaise chance un règne trop court et d'un nouveau parlement trop ipproché du dernier, il fut un jour proposé au parlement e voter vingt-cinq ans de subsides. C'était aller droit au Lit; mais la motion échoua.
Sous le régne de Georges III, un autre système fut étai : le parlement devint octennal, avec charge de se réur tous les deux ans, ce qui, en huit ans, faisait quatre irlements.
La conséquence fut que tous les huit ans il y eut un noulau parlement à acheter; les députés qui s'étaient vendus sparaissaient généralement, et ne revenaient point par îffet des nouvelles élections : mais il en venait d'autres 'ec lesquels on traitait, et ce qu'on considérait comme 18 garantie d'indépendance ne parut à un grand nombre l'un surcroît de dépense pour le gouvernement anglais, ;st-à-dire pour l'Irlande qui avait à faire les fonds de la rruption.
La chambre des lords était plus facile encore à gagner.
couronne exerçait sur elle cet ascendant que possède turellement un supérieur sur ceux qui tiennent de lui dt ce qu'ils ont. Presque tous étaient d'ailleurs d'une noîsse nouvelle, et par conséquent sans racine dans le pays.
• Plowden, t. I, 582.
' Gordon, t. II. — Plowden, t. I, 387.
Le plus grand nombre enfin ne résidait point en Irlande, Occupés à Londres de leurs plaisirs, ou assidus à la coui du roi d'Angleterre, ils aspiraient bien plus à passer poui des lords anglais que pour de courageux défenseurs des intérêts de leur pays. La session des lords irlandais ne s( signalait guère que par quelques rapports de courtoisi( avec le vice-roi ; et ces rapports, chaque fois qu'ils avaien lieu, faisaient toujours éclater parmi les seigneurs irlandais quelque bassesse nouvelle. « Jamais, dit l'auteur des Mémoires de lord Charlemont, on ne vit une noblesse d( cour varier, autant que celle d'Irlande, les formes obsé quieuses de la servilité ^ »
A vrai dire, la chambre des lords n'était point et ne pou vait êlre un embarras pour le gouvernement anglais. D'ui autre côté elle était si faible, comme institution nationale que son appui avait peu de valeur ; mais elle présentait ai gouvernement anglais une ressource d'une autre nature, e qui avait aussi son prix. 11 arrivait quelquefois que le fond des pensions était épuisé, lorsqu'on avait encore besoii d'argent pour corrompre ; dans ce cas on vendait la pairii à des gens qui n'y avaient aucun droit, et qui, par cetl raison, s'estimaient heureux de la gagner à prix d'argent et les sommes provenant de ce trafic servaient à acheté: les consciences encore libres.
Le grand mérite de la pairie aux yeux du gouvernemen était donc qu'elle lui donnait, en payant ses titres, de quo corrompre la chambre des communes. « Ainsi, disait Grattan, dans le parlement d'Irlande, les ministres vendent leî prérogatives de la couronne pour acheter les privilèges di la nation 2. »
L'agent légal des négociations parlementaires entre l'An
* Hardy's Life of lord Charlemont, t. I, 'tOS.
- The mmisters hâve sold Ihe prérogatives of the crown to buy th< privilèges of the people. (Gratlan sale of peerages, séance du 8 févriei 1791). Grattan's Speeches, t. IV, 17.