‹ L'Irlande sociale, politique et religieuseChapitre 107 sur 333 · PARTIE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE HISTORIQUE

nominale, et si un vice-roi eût voulu se prévaloir de son titre pour disposer des places et des honneurs, les entrepreneurs eussent été en droit de se plaindre d'une violalion fie contrat. En général, si le vice-roi faisait une recommandation, ils n'en tenaient aucun compte ^

La coterie des gens de justice et des hommes de cour, mxquels cette vile besogne convenait, était la même qui, adis, dans les temps de guerres civiles, spéculait sur es confiscations; comme il n'y avait plus de terres à ^rendre, ils ne tuaient plus personne; ils volaient tout le îionde.

Sur vingt vice- rois qui, dans le cours d'un siècle, se succédèrent en Irlande, il s'en rencontra un, lord Townsend, |ui, en 1767, forma le projet d'administrer lui-même*; ;on intention était honnête et pure; il voulait écarter des iffaires la cabale dominante, et gouverner directement Tlrande sans aucun intermédiaire.

Mais les corrupteurs étant éloignés, restaient tous ceux ju'avait atteints la corruption, et qui en avaient contracté es habitudes et les besoins. Il y avait désormais, parmi les ords et dans les communes d'Irlande, un certain nombre le membres accoutumés à vivre sur le salaire de TAngleerre, et qu'on devait se résigner à trouver hostiles si on cessait de les payer. Lord Townsend, qui, avant tout, voulait épondre de l'Irlande à son pays, eut recours au seul moyen ilors connu de succès. Il gouverna seul, il est vrai, mais en )ayant comme faisaient ceux qu'il avait éconduits^; avec ;ette seule différence que, novice dans la corruption, il se aissa dicter des conditions très- dures par les consciences [u'il achetait. Quoiqu'il ne retirât des marchés aucun lucre )ersonnel, il dépensa plus que les entrepreneurs, qui ne

* Hardy'sLife oflord Charlemont, 216.

« Gordon, t. II, 245.

3 Plowden, t. I, 586. — Gordon, t. II, 2i7.

donnaient jamais rien sans retenir pour eux-mêmes. A lou prendre, il en coûtait plus à l'Irlande d'être gouvernée pa un homme d'honneur que par des intrigants K C'est que s'il était digne, son système ne Tétait pas. Rien n'est plu gauche qu'un honnête homme dans les pratiques de la cor ruption ; il n'entend rien aux roueries avec lesquelles i traite. Il faut laisser aux âmes basses les viles intrigues elles y sont supérieures.

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