PARTIE HISTORIQUE
Autre effet de h révolution française. — Abolition de quelques lois pénales.
L'Angleterre, qui entend résonner en Irlande les échos de la révolulion française, se hâte, pour y calmer les passions populaires, de faire quelques concessions réclamées impérieusement par les réformateurs ^
Et d'abord le barreau est ouvert aux catholiques ^ On donne aussi aux catholiques artisans et commerçants le droit d'employer plusieurs apprentis ^. La loi qui interdisait le mariage entre protestants et catholiques est abohe *.
Bientôt à ces concessions on en ajoute d'autres, et, au commencement de l'année 1793, dans le moment où la France déclarait la guerre à l'Angleterre comme à toute l'Europe, le gouvernement anglais, sentant le besoin de pacifier l'Irlande, aboUt les plus dures parmi les lois pénales encore existantes contre les cathoHques irlandais. Ainsi, la loi qui prescrivait sous de certaines peines aux catholiques d'observer les rites du culte anglican, c'est-à-dire la loi de conformité, est abrogée ^
Désormais les parents catholiques peuvent élever leurs enfants comme il leur convient et où il leur plaît, sans avoir à craindre les lois de persécution relatives à l'instruction et à l'éducation^.
Les catholiques ont désormais le droit de voter aux élec-
* Wyse, Catholic association, t. I, 114.
- From 24 jime 1792, papist may be admitted barrister 1792. 52 George III, cli. xxi.
s 1792. 52 George III, ch. xxi, § IG.
* 9 William III, ch. m repealed. 1792. 52 George III, ch. xxi.
5 No papist shall incur penalty by not atlending service in his parishchurch onsunday. 1795. 55 George III, ch. xxr, § H.
6 1795. George III, ch. xxi.
lions pour le choix des membres du parlement, quoiqu'ils continuent à n'être pas éligibles ^
Enfin, ils sont désormais admissibles à tous les emplois civils et militaires, dans l'état et dans les corporations municipales, à r exception d'un certain nombre de fonctions réservées exclusivement aux protestants ^.
Les réformes qui précèdent composent ce que l'on a coutume d'appeler la troisième émancipation de l'Irlande, ou l'émancipation de 1795. L'indépendance des colonies américaines avait amené la première, la seconde élait née de l'indépendance du parlement irlandais; celle-ci émane directement de la révolution française.
§ IIL Autre conséquence de la révolution française.' — Réaction.
Cependant, après cette imitation exagérée et quelquefois inintelligente en Irlande des principes révolutionnaires français, des excès de mémoire néfaste étant venus souiller en France la cause de la liberté, une réaction fatale à la réforme ne tarda pas à se manifester en Irlande. Les protestants, qui n'avaient embrassé qu'à contre- cœur le parti des catholiques, trouvèrent là une occasion toute naturelle de l'abandonner; et beaucoup de catholiques, auxquels l'irréligion française répugnait, repoussèrent toute réforme procédant d'une pareille source. La république, qui désormais apparut connue un sanglant fantôme, effraya tout le monde; et dans le sein même des Irlandais-Unis, la division éclata.
Les massacres français de septembre 1792 sont une époque considérable dans l'histoire de l'Irlande. Jusque-là le mouvement républicain se répand rapidement en Irlande.
* 1795. 53 George III, ch. xxi.
^ Papisls may liold ail olfices civil and military and places of trust wilhout takiiig any oatii, or receivingsacrament. — 1793. 33 George III, ch. I, § 7, etch. xxi, § 9.