‹ L'Irlande sociale, politique et religieuseChapitre 117 sur 333 · PARTIE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE HISTORIQUE

rançaises; mais tel fut Teinpire des événements, qu'elle le )récéda. Après mille ajournements successifs, et qui ne 30uvaient être renouvelés sans le plus grand péril pour la )lupart des conspirateurs, la rébellion éclata.

Elle avait été trop longlemps incertaine et languissante, )our que le peuple eût foi en elle. Mal concertée, mal di- •igée, accueillie avec froideur par les uns, avec terreur par es autres; conduite par des hommes divisés entre eux, et lui voulaient, ceux-ci une réforme, ceux-là une révolution; •epoussée par raristocratie en masse S et par les classes noyennes elles-mêmes; réduite ainsi à s'appuyer uniquenent sur le bas peuple, composé lui-même des éléments es plus incompatibles, de presbytériens qui s'insurgent )our la république, et de catholiques qui se mettent en nouvement pour la liberté religieuse, ennemis mutuels ju'on associe par surprise dans une marche commune, juoiqu ils tendent vers des buts différents; guidée par de els chefs, soutenue sur une pareille base, l'insurrection le pouvait guère réussir. Elle était morte, pour ainsi dire, ivant de naître, et elle ne se produisit que pour amener, le la pari du gouvernement anglais, la plus terrible et la )lus sanglante répression.

Le récit des horreurs commises durant cette crise fatale lerait à lui seul une longue et cruelle histoire; heureusenent pour l'auteur, les limites de cet aperçu historique ne ui permettent point d'aborder les détails de cette terrible îpoque ^.

* L'aristocratie fournit pourtant à ce mouvement insurrectionnel un loble et illustre chef, lord Edward Fitzgerald, dont la vie agitée et la in tragique ont oflert au célèbre Thomas Moore le sujet d'un livre plein l'intérêi, intitulé: Life and dealli of lord Edward Fitzgerald L'esprit le l'insurrection de 1798, ses préparatifs, son but, et les causes qui 'ont fait échouer sont très-bien éveloppés dans cet ouvrage. Tout est •rai dans le récit de Thomas Moore, qui, cependant, a l'attrait de la iction. C'est qu'il y a tout un roman et tout un drame dans la vie et la nort d'Edward Fitzgerald.

' On trouve aussi un exposé très-remarquable de cette insurrection

Je ne sais si l'on rencontrerait dans les annales sanglantei de rirlande une seule phase où la guerre se soit montré» sous un plus horrible aspect; et l'on ne parle point ici dei actes de barbarie commis dans la chaleur de l'action, e dont se souillèrent les rebelles aussi bien que les adversaires de la rébellion *, Quelle guerre civile et religieusi se poursuit sans amener d'affreuses violences, le meurtre le pillage, la dévastation et l'incendie? on ne veut parlei que des cruautés pratiquées de sang-froid par le part vainqueur de l'insurrection.

Peut-être peindrait-on d'un seul mot toutes les misèrei de l'Irlande à ce moment, en disant que, même après li guerre, le sort du pays fut remis à l'armée.

Au milieu de l'insurrection, la loi martiale avait été pro clamée; la rébellion étant vaincue, la justice militaire m se retira point, et l'armée anglaise, après avoir frappé se! ennemis sur le champ de bataille, les poursuivit d'arrêt! de mort prononcés dans les conseils de guerre.

On peut, par quelques exemples, juger comment pro cède cette» justice du soldat, que' la passion pousse et qu'au cune règle ne contient.

Lord Charlemont parle dans ses Mémoires de prévenus et d'accusés auxquels, avant le jugement, on donne des

dans l'ouvrage de M. Thierry, Conquête de l'Angleterre par les Normands, t. 111,469.

^ Le récit des violences, des massacres, des dévastations exécuté; tant par les insurgés que par leurs ennemis, les soldats anglais et 1^ milice protestante d'Irlande, se peut voir dans Gordon, t. II, 584. — Le; plus grands excès, de part et d'autre, se passèrent dans le comté, e1 notamment dans la ville de Wexford. On en trouve le récit détaille dans un ouvrage intitulé : History of the insurrection ofthe county oj Wexford, 1798, par Edward Hay; Dublin, 1803. — A Wexford. les catholiques rebelles, maîtres de la ville, font une affreuse boucherie de protestants; un tribunal, sorii tout à coup de la foule populaire, se constitue, et, installé sur le pont de Wexford, décide de la vie ou de la mort de ses ennemis. Tous les condamnés sont aussitôt jetés à la rivière. Ceci se passait le 20 juin 1798. C'est le 2 septembre de l'Irlande.

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