‹ L'Irlande sociale, politique et religieuseChapitre 134 sur 333 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

et qu'unis désormais par un lien d'intérêt mutuel, les vainqueurs et les vaincus s'accoutument à mêler leur cause en combattant un ennemi commun; supposez que, ces luttes durant pendant des siècles, les seigneurs en querelle avec leurs rois ne manquent jamais de stipuler des droits pour le peuple en même temps qu'ils conquèrent pour eux-mêmes des privilèges; supposez enfin que ces conquérants, après avoir, par une fusion rapide avec les vaincus, fait oublier les violences de la conquête, travaillent sans relâche à racheter l'injustice de leurs privilèges par les bienfaits du patronage; que, supérieurs en rang, en richesse et en puissance politique, ils ne cessent de se montrer aussi supérieurs en talents et en vertus; que prenant en main toutes les affaires du peuple, ils se mêlent à toutes ses assemblées, discutent tous ses intérêts, dirigent toutes ses entreprises, sacrifient la moitié de leurs revenus pour ne pas vuir un seul pauvre sur leurs domaines, donnent à celui-ci des conseils, à celui-là des instruments de travail, à tous un appui éclairé, charitable, bienveillant; que, placés à la tête d'une société commerçante, ils en comprennent le génie et les besoins ; lui donnent, avec la liberté de l'industrie, toutes les hbertés politiques et civiles qui sont l'âme de celle-ci ; et que, pour faire à cette société de magnifiques destmées, ils lui ouvrent des comptoirs dans le monde entier, établissent pour elle des colonies florissantes, fondent pour elle de grands empires dans l'Inde, rendent ses vaisseaux souverains sur toutes les mers, et fassent toutes les nations du monde ses tributaires; et qu'enfin, après lui avoir ouvert toutes les voies de la fortune, ces mêmes hommes, abaissant la barrière qui sépare d'eux le prolétture, disent à celui-ci : Sois riche, et tu deviendras lord. Sans doute une pareille aristocratie pourra receler encore bien des germes d'oppression et plus d'un principe de ruine; on comprendra cependant qu'elle puisse se maintenir longtemps forte et prospère, et que même, succédant à la con-

oUc donnt nu pt^rt qu\>)l« lioiu ^ou$ $ou oiupuv rillusion. si Mii^«Sl HkllM h faille, d'an gouvornoinout jiisto et na* Honnie On «ompvtnèr* \» i^ègne long ol brillant lio l'aristo*

Snpp(>$<^t« au eonlrtirt^ ()^ rant$ qui. bion loin

d*>siws^>»^nd»vli>8Yiolw(iw«de i , . tt\ inwaiUout Sviusn^.

K^elH^ à hv^ |H^r|M^I«er; rouvivnt coni fois^ los bU^ssuiN^s du )HHipl<(^ cwh^uiïii au liou do ï^ uuir i\ ooluin^i» 5^ oHm^eut do s'ou ItMinr §t^[fmi^i$. rt^fti^oul tout à la fois do lui donner loui':? lois ol do |>rtHidi\> l*>s sioniws» consorvont lonr lau^g^ et loure nKiNirs^ <!4 IHv^Htl onliv onx ot lui la phis iusunnontablo l>arïtèif^, on dt^<>larant orinio do haulo tnvhisou loulo alliance pur k SM^ onliv K^ fils dos vaiuqihnirs ol It»?!^ descendants dw! vaincus; sn)>(H^ei qn*aj^r\^s s'«^liv ainsi conslituès vis>^- \is du )>on(>le ctMKtuis txmnne une faclion distincte par la r«c« H |v^r la pniss«nct\ ct^ eonqu^iwils ^rknnent à être sel^w^ de lui jvnr une cause plus pitiflunde «Kt*re, par la difiîireuce dos ivligioiïs; que> non contonls do lui avoir ravi $•« exislonce nalicmale. ils entropivnwnt encort^ do lui enlever stiui CidU\ ol qu^aprt^ avoir pass^ des siècles à le dépouiller de swï imlépendanct* politique, ils passiMn ouin^iv des sièdes à lui disputer s;si liU^rtè relK - -ipposoj que OIS ewMiui^nls. txraus politiques» tyr - ou\, môpri-

SMil la lotion c\xiK|u)se à omise de sa race> la haïssant à r*use de s<im cullo. soi^iU plactVs dan:? ct^tte situation oxti*aor» diuaire qu'il ny ait pwir eux ni intoixM à protègir lo ^nniple, M pèHI à ropphnier ; alors «n conotvni qu'une anstocmlie cwupwéi» ée parais èlètuents ne puisse en toler ifi'é;|eisme« i(X]ustic^'$ d une part, <|Qe Ihùws, réàslMwes, et mis>^ tle Tautn» ; on oiNfB|NreiKlr« Tartslo* €iiili<» dlrlunde.

L aH$locY«tie dWuf^erre^ tout Habile, toute MilMMMle qpi'eie est^ «H pe«l-ètr^ ètè iiupuissMile à se iMltMir si» enièieltiifiyyi^flle coumtv^ d èdataBies i«rtas les mes

m$â§ à UmU fémmt (màèe mm le fttfUè^^ elk

SujeUe, tomÊne Umàêê k» «riilMratitN^, h émm ée §à forceéÊmmkâèiéi égrtWf^ ék t îméiê A teK^èêUêUêhori§ for Utêqaéê etk « «ppoîe; i4le j eeocMlré Mitra Mire entre im iiiiHW ki fmuêtma ém mI^ devMii k poie d'un petit neialbre; et eet» (fà^ m Êkm^tiêftn^ teot pfoprïHàire$ (ormeni une Uimonté <f |Mite em' liée de tou» ceux qui ne le i^>rit pa», que U propriété y ferait peutêtre en péril ti eiie devenait aux yet» d« peî^ m elifet défMUe.

Maif^ per tifl évéseiMenl prepice plm Mcare fHe mr Te^ fet d'ime pelftiK|tte §»pt^ le fil ea inglelem «'j p^nt encere jwefi'â ee jour etéàk faifie dea eiatifi wSkntmtw, le pegpla iMi|laii Jaiate ï aew amlacfalie le «eaapaâede la terre, parce ^'d a Vànàmi le waaapale de ri />e« dornatfiefMHaeiMeadslefd a'ent ries d le baqrpjru ttairrl Ir f ianiriiff dii w<i»df i arène aana barsei , el 4pM pcaae ^pK, li'à ùk «ne gprande fortune, îl ae^pi^ra peai-étre tm jmt, avee lei terrea de ce lord, iM Ifire ei fealMMean.

peliti((|iie dMt Tetlel eit de repettaacr dea fhaaipi dam let villei rkaèiiJHl de» ranyinpifi, ^.(Mpéém aal, tnwre falefier dea fàbritpÊti wm UmM aaaai répâtir H ma taUke, Ceet là, tf IM le rwa— iJinf, ^eit la

graade garantie de Tarialaeralieaaglaiae^içaraalie ingile

m(fmt îêmrnrà Vwmen de %eê Vmmêaatàeérhhtiàe

ntai paa eieayte, lain étHre

tMtaMtt Cêtftft

Ainfî, e'eat panr l'arialacratie frtwdiitfr m fart Catal 4|w càm qai a pbeé VMmàt à tmée riagji'iiTif ; car

jamais cette aristocratie n'a cessé d'être anglaise de cœur, et presque d'intérêts: voilà pourquoi elle a toujours résidé et aujourd'hui encore réside plus en Angleterre qu'en Irlande, et ce fait matériel, qui la sépare le plus souvent du peuple soumis à son empire, est pour elle la source du vice le plus funeste à toute aristocratie, qui n'existe réellement qu'à la condition de gouverner. Il arrive souvent d'attribuer tous les maux de l'Irlande au défaut de résidence de l'aristocratie; mais c'est prendre une conséquence du mal pour le mal lui-même. L'aristocratie d'Irlande n'est point mauvaise parce qu'elle s'absente, elle s'absente parce qu'elle est mauvaise, parce que rien ne l'altaclie au pays, parce que nulle sympathie ne l'y retient. Pourquoi, n'aimant ni le pays ni le peuple, resterait-elle en Irlande, lorsqu'elle a près d'elle l'Angleterre qui l'invite et l'attire parle charme d'une société plus civilisée, plus élégante, et qui a le mérite d'être la pairie originaire?

En général, toute aristocratie porte en elle-même le frein qui la tempère, sinon l'arrête dans ses écarts et dans son égoïsme. Il arrive d'ordinane que celle-là même qui n'aime pas le peuple le craint, ou du moins elle a besoin de lui; elle exécute alors par calcul ce qu'elle ne fait point par sympathie. Elle n'opprime pas trop, de peur de révoher; elle ménage les forces nationales dont elle lire profit, et il peut lui arriver ainsi de paraître généreuse alors qu'elle n'est qu'habile et intéressée.

L'aristocratie irlandaise a toujours eu le malheur de ne rien craindre et de ne rien esf)érer du peuple placé sous son joug; appuyée sur l'Angleterre, dont les soldats ont toujours été mis à son service, elle a pu se livrer sans réserve à sa tyrannie; les gémissements, les plaintes, les menaces du peuple n'ont jamais modéré son oppression, parce qu'il n'y avait au fond de ces clameurs popubiircs aucun péril pour elle. Des révohes éclatent-elles en Irlande? l'aristocratie de ce pays ne s'en émeut point ; l'artillerie an-

Page 1