DEUXIÈME PARTIE
chaiicellt>rie(court of chancery). Il en esldemêmeen Irlande.
Les deux contrées sont également divisées en comtés, sur lesquels l'État maintient plutôt qu'il n'exerce sa souveraineté (1); et, dans l'un comme dans l'aulre, les agents par lesquels le gouvernement central constate plus qu'il ne fait sentir son autorité sont les mêmes. Les principaux représentants de l'État dans le comté irlandais sont, comme dans le comté anglais, le shérif, le lieutenant-gouverneur, les juges de paix.
En Irlande, comme en Angleterre, il y a dans le sein de l'État et en dehors des comtés un certain nombre d'agrégations municipales, communes ou villes, qui, pour leur administrai-ion, ne dépendent point du gouvernement central, parce qu'elles ont reçu de celui-ci le privilège de s'administrer elles-mêmes. Ici et là on les désigne par le nom de corporations municipales.
Enfin, dans les deux pays, on voit à la base des pouvoirs que l'on vient d'indiquer celui de la paroisse : pouvoir souverain dans sa sphère, indépendant de tous les autres, et qui, chez les deux peuples, présente la même structure extérieure (2).
Et non-seulement l'édifice politique qui apparaît aux yeux est le même en Irlande qu'en Angleterre, mais encore les autorités y sont instituées !^ur la même base ; elles y portent les mêmes noms; toutes y sont créées théoriquement en vue des mêmes objets ; elles s'y exercent légalement suivant les mêmes doctrines: elles y sont, en droit, sujettes aux mêmes règles, et renfermées dans les mêmes limites. El, dans les deux pays, l'aristocratie est le principe fondamental de tous les pouvoirs publics.
D'où vient donc qu'avec d(^s institutions semblables les deux peuples ont des sorts si différents ; et que l'un est tombé dans l'abaissement et la misère avec une forme de gouvernement qui a conduit et maintient l'autre au sommet de la richesse et de la puissance?
C'est que, dans les instilulious politiques, si la forme est importante, l'esprit qui les anime importe plus encore. Or, les institutions de l'Irlande présentent bien à l'œil le même corps que celles de l'Angleterre ; mais, ce qui leur manque, c'est l'âme. L'aristocratie piotestante, qui, en Angleterre, est le cœur même de tous les pouvoirs politiques, semble, en Irlande, en être le cancer.
Qu'on examine successivement le gouvernement de l'Irlande dans toutes ses parties, dans l'Etat, dans le comté, dans les villes municipales et dans la paroisse, et l'on verra que le même vice originaire et peruianent, qui corrompt la société civile, porte dans la société politique la même corruption ; on reconnaîtra que la même cause qui empoisonne les relations du riche avec le pauvre, du propriétaire avec le fermier, n'altère pas moins profondément les rapports mutuels des gouvernants et des gouvernés.
§ [«'. — l'ktat.
liillueuce du principe aristocratique anglais et protestant ijur les pouvoirs de l'État. — Haine du peuple ponr la justice. — Le ministère public manque en Irlande. — L'unanimité du jury en Irlande. — Comment et pourquoi il a fallu créer en Irlande un certain nombre d'officiers de justice et d'agents qui, en Angleterre, n'existent pas.
Le vice-roi s'efforce, en Irlande, d'y reproduire l'image delà royauté ; il tient à Dublin une cour brillante dont l'étiquette se règle sur celle de Londres ; il a deux palais, un brillant état-major, et un traitement annuel de 5 à 600,000 francs (1).
Le vice-roi d'Irlande, de même que le roi d'Angleterre, a près de lui un conseil privé (privy council). Il nomme à tous les emplois publics qui, en Angleterre, sont au choix du roi ; il exerce pareillement le droit suprême de faire grâce et de commuer les peines ; et il est également investi de la puissance singulière de suspendre le cours ordinaire