‹ L'Irlande sociale, politique et religieuseChapitre 172 sur 333 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

Telle est cependant l'institution à laquelle est lié le sort' de l'arislocratie irlandaise !

Et le nœud qui les attache l'une à l'autre n'est pas seulement moral, religieux et politique ; les ministres protestants n'ont pas seulement le même culle, les mêmes intérêts, les mêmes passions, que les grands propriétaires du pays; mais ils remplissent encore les mêmes fonctions administratives et judiciaires. Un grand nombre de ministres anglicans d'Irlande sont juges de paix (1), c'est-à-dire, en d'autres termes, que les catholiques sont placés sous la juridiction civile des hommes d église dont ils repoussent la juridiction religieuse.

Il est mauvais, en principe général, de réunir dans la môme main le pouvoir temporel et spirituel; il est mauvais que la voix du ministre saint, qui, au nom du Dieu clément^ pardonne, soit chargée d'appliquer une loi dure qui ne pardonne pas. Celui dont l'indulgence s'efforce de trouver l'homme bon ne doit point, par la science du juge, travailler à le convaincre de méchanceté. Et quelle sera la règle du prêtre fait magistrat? Jugera-t-il le crime comme un péché, ou le péché comme un crime? quelque effort que fasse sa conscience, parviendra-t-elle à bien séparer l'un de l'autre? ne condamnera-t-il pas par piété ce que la loi lui commandera d'absoudre, et la charité ne le rendra-t-elle pas indulgent pour des faits que la loi lui prescrit de punir?

•Mais, s'il est mauvais de remettre au minisire saint l'office de condamner ou d'absoudre ceux que sa conscience religieuse juge autrement que sa raison de magistrat, que serace si ce ministre est l'ennemi pieux de ceux qu'au nom des lois on le charge de châtier, c'est-à-dire s'il ne trouve à la source même de la charité que des conseils de rigueur ; si chaque dureté légale qu'il inflige à un mécréant vient flatter, même à son i:;su, la première passion de son cœui'; si ce même homme, qui, comme ministre protestant, lève la dime 1. 18

sur les catholiques, les met arbitrairement en prison comme juge de paix?

Une Église ainsi constituée excitera toutes les haines et aura la puissance de rendre non moins odieuse qu'ellemême toute autorité dont elle sera l'auxihaire (i).

V Université et les écoles protestantes.

En Angleterre, l'Église établie ne distribue pas seulement parmi les peuples des secours spirituels pour l'âme, elle croit qu'il lui appartient aussi de diriger les facultés de l'esprit; elle ne règle pas seulement la forme sous laquelle la prière doit monter vers le ciel, elle veut guider l'homme dans les, efforts que fait celui-ci pour perfectionner son intelligence, et pour s'élever ainsi encore vers Dieu. L'Éghse, se croit appelée à diriger l'enseignement aussi bien que le culte.

En Angleterre, l'Église et l'Université sont sœurs, et c'est lace qui explique l'union étroite existant entre l'Université et l'aristocratie. L'Université tient à l'aristocratie par le même lien qui unit celle-ci à l'ÉgHse. En Irlande, le même nœud attache l'une à l'autre l'Église et l'Université, et par conséquent l'Université à l'aristocratie; mais on comprendra sans peine que les mêmes causes qui^ dans ce pays, rendent funeste l'institution de l'Eghsc anglicanCj y exercent la même influence sur l'Université qui n'est qu'une partie intégrante de celle-ci.

L'Université d'Irlande, établie à Dublin, est fondée sur les mêmes principes qui servent de base à celle de Cambridge et d'Oxford, en Angleterre.

On se tromperait étrangement si Ton Voyait, dans les Universités d'Angleterre et d'Irlande, rien qui ressemble à l'Université de France (2).

L'Université, en Angleterre, n'est point comme chez nous

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