‹ L'Irlande sociale, politique et religieuseChapitre 246 sur 333 · TROISIEME PAF'.TIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PAF'.TIE

fast et Dublin fussent autres que Manchester et Glasgow. Disons-le donc, l'obstacle vient évidemment de ce que l'Irlande étant le pays le plus misérable et le plus agité du monde entier, l'Anglais aime mieux placer ses capitaux partout ailleurs qu'en Irlande; et précisément parce que ce pays est sous ses yeux, il voit plus vite et plus clairement à quels périls ses capitaux seraient exposés s'il les y envoyait.

Que faut-il conclure de tout ce qui précède?

C'est d'abord, qu'aussi longtemps que les causes qui s'opposent au progrés de l'industrie irlandaise existeront, ce n'est point à l'industrie qu'il faut demander du travail pour ceux qui n'en ont pas, et un remède aux maux dont l'oisiveté de la population est la cause réelle ou supposée; et, en second lieu, que, pour rendre possible le développement de l'industrie irlandaise, il faut commencer par détruire les causes qui maintenant la paralysent. Or, ces causes sont connues : c'est l'anarchie du pays et l'esprit qui animales classes ouvrières.

Mais à qui appailient-il de combattre ces obstacles funestes à l'industrie irlandaise?

Ce n'est point, sans doute, l'affaire des gouvernements d'établir l'industrie; mais certes, leur tâche naturelle est de prévenir ou de dissiper les causes politiques qui empêchent l'industrie de naître ou de prospérer.

Maintenant, par quels moyens le gouvernement pourraitil rendre au pays la paix, et au peuple les dispositions qui sont nécessaires au développement de l'industrie en Irlande? \ Ceci est une autre question qui sort de l'objet du chapitre actuel. J'ai dû me borner ici à montrer que l'industrie, quanta présent, ne saurait être pour llrlandeun moyen de salut, puisqu'elle rencontre, dans le pays même, des obstacles immenses. Ces obstacles viennent du vice même des institutions; de sorte que chercher' les moyens de développer l'industrie en Irlande, conduit à rechercher quelle

sorte de réforme il faudrait faire dans les institutions de a pays. La question est posée; mais l'ordre du livre en place ailleurs la discussion.

L'émigration.

S'il est impossible de trouver de l'emploi pour tous ceus qui, en Irlande, sont inoccupés ou travaillent mal, il faut dil-on, diminuer le nombre des travailleurs; et quel meilleur moyen pour atteindre ce but que l'émigration?

De tous les systèmes qui, depuis vingt années, ont été proposés pour le salut de l'Irlande, il n'en est peut-être pas un seul qui ait, en Angleterre, plus de faveur que celui d'une émigration pr:atiquée sur une grande échelle. C'est un remède violent, il est vrai, mais qui repose sur un fait, simple en apparence, et propre à saisir les imaginations. Voici quelques millions d'individus dont la condition, en Irlande, est profondément misérable ; qu'on les transporte dans un autre pays, moins rempli d'habitants, ils y trouveront un sort heureux, et, délivrés de cette population surabondante, ceux qui restent seront à l'aise et prospéreront. Cette théorie s'appuie de l'autorité des économistes les plus distingués, elle a plusieurs fois reçu la sanction du parlement lui-même, et beaucoup croiraient incurables les plaies de l'Irlande si l'émigration ne devait les guérir.

Les doctrines pohtiques, au nom desquelles on gouverne les peuples, ne sont-elles pas sujettes à d'étranges varialions? Nous touchons encore à une époque où les théories des publicistes et la scieftce des gouvernements n'avaient point en vue d'objet plus cher et plus constant que l'accroissement de la population (1). Sévères pour le célibat,

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