‹ L'Irlande sociale, politique et religieuseChapitre 294 sur 333 · QUATRIEME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIEME PARTIE

avoir jusqu'où ils peuvent aller dans la réforme des instiulions irlandaises; quels sont, parmi les besoins de l'Irande, ceux qu'ils peuvent satisfaire et ceux qu'ils ne sauaient contenter, et quelle influence pourraient exercer sur 'état de ce pays et sur son avenir les réformes qui sont lans leur pouvoir : il faut, en un mot, reconnaître jusqu'à [uel point ils peuvent appliquer aux maux de l'Irlande e remède qui a été indiqué plus haut, c'est-à-dire réormer les privilèges civils, politiques et religieux, de l'arisocratie.

§1- Réforme des privilèges religieux.

Le premier et le plus grand avantage peut-être que posèdent les whigs sur les tories dans toutes les questions reatives à l'Irlande, c'est de ne point être arrêtés tout d'a- >ord, comme ceux-ci, par l'obstacle de l'Église.

Les whigs sont assurément attachés à l' Église anglicane (1 ) , t ils s'en montrent les partisans dévoués ; mais ce qui les listingue des tories, c'est qu'ils n'en veulent pas à tout prix entière coftiservation. Les tories disent : Périsse l'Irlande ►lutôtque l'Église anglicane I Les whigs, au contraire : Sauons l'Irlande, et tâchons de préserver l'Éghse. Les preniers consentiraient encore à faire en Irlande quelques ré- Drmes, pourvu que l'Éghse y demeurât debout avec tous es privilèges et tous ses monopoles ; en d'autres termes ils eulentbien offrir à ce pays quelques remèdes, à la condition l'y laisser la cause première de tous les maux. Les whigs, lu contraire, voient d'abord les misères de l'Irlande, et la lécessité de les guérir. Ils voudraient pouvoir établir dans ;e pays l'ordre et la paix sans y toucher à l'Église; mais si, in poursuivant leur but, ils rencontrent quelque abus de

l'Église qui les gêne, quelque principe anglican qui les entrave, ils suppriment le principe et l'abus.

On retrouve sans cesse dans les actes des tories et d wliigs les conséquences de ce point de départ différent.

Voyez, par exemple, les doctrines et les pmi ' ' ' uns et des autres touchant l'inslruclion relipeuple.

Pendant plus d'nn siècle les basses classes d'Irlande < été privées de toute instruction, par la seule raison qu'ell étaient catholiques, et qu'il n'existait en Irlande que dea écoles protestantes. Les tories régnaient alors, et quand on leur reprochait une institution qui ne donnait aux pauvres irlandais que le choix de l'ignorance ou de l'apostasie, ils répondaient, comme ils le soutiennent encore aujourd'hui, que 1 éducation populaire est un privilège de rKjçlise, qu'on ne saurait enlever à celle-ci.

Lcswhigs, au contraire, pensant que linstruclion du peuple, en Irlande, est pour ce pays une condition essentielle de salut, reconnaissent d'abord la nécessité de l'établir ; et connue il est désormais bien constaté que les -catholiques irlandais ne veulent point envoyer leurs enfants dans les écoles protestantes, les whigs se voient forcés d'attaquer le monopole de l'fcglise ; et, nonobstant les cris de celle-ci, qui se dit dépouillée, ils instituent des écoles nouvelles, dont tout esprit de secte doit être banni, et où la liberté religieuse est promise à toutes les croyances. L'établissement de ces écoles nationales a été un des premiers actes des whigs, et il n'en est point qui les honore davantage (i).

Le parti tory croit si sacrés les droits de l'Église, que leur violation lui parait le mal suprême ; et lorsque l'Irlande conteste un de ces droits ; lorsque, par exemple, elle se révolte contre le payement de Ja dime, les tories estiment que l'Église doit, à tout prix, être maintenue dans l'intégrité de ses privilèges; si le peuple entier résiste, il faut abattre

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