QUATRIÈME PARTIE
oiites les résistances, et dût le dernier des Irlandais être 'X terminé, il est nécessaire que la dîme soit payée. Dans Icg iii'iiies circonstances, les whigs agissent autrement : ils souhaitent, à la vérité, comme les tories, que Ton acquitte les dettes de l'Église ; ils en prescrivent même l'obligation "igoureuse; mais, lorsqu'ils trouvent toute la population Rebelle à ce payement, ils n'ont point recours aux mêmes violences pour dompter la rébellion; ils essayent la rigueur, 3t ne s'y obstinent pas ; ils s'arrêtent au commencement de la voie sanglante que les tories parcourent tout entière, .'intérêt général du pays leur paraissant supérieur à celui de 'Eglise, qui pourtant les touche beaucoup. Alors ils s'efTor- 'ent d'apaiser le peuple sans renverser l'Église. Ils n'a- )ohssenl pas la dîme, dont la suppression serait un trop ^and coup porté à l'Église; mais ils s'efforcent, en modifiant l'institution, de la rendre moins odieuse, et, en calmant es passions populaires, de rendre possible le gouvernement ie ce pays.
C'est ainsi qu'en présence de l'agitation irlandaise de 1852 les whigs ont aboli l'impôt protestant le plus odieux mx catholiques d'Irlande, qui était les taxes de fabrique church rates). Ainsi, en 1838, jugeant, par une expérience le cinq années, que le peuple irlandais était résolu à ne )lus payer la dîme, les whigs l'ont réduite d'un quart, et )nl transporté du fermier au propriétaire l'obligation de la )ayer.
De pareils changements n'attaquent pas sans doute e mal dans sa racine, mais ils le rendent moins dououreux.
Il n'entre pas dans les principes des whigs d'abolir en Irlande la suprématie rehgieuse ; ce qui serait pour ce pays a première condition de repos et de bien-être; mais ils peuvent du moins rendre moins blessant et moins odieux le principe funeste qu'ils ne détruisent pas, et c'est déjà beaucoup. L'Église anglicane n'est pas la seule plaie de l'Irlande, II. 12
S06 L'IRL.\N*DE.
mais c'est la plus vive; et le soulagement des autres est impossible, si celle-ci n'est d'abord adoucie. C'est ce qui explique pourquoi les vsbigs peuvent seuls aujourd'hui gouverner l'Irlande.
Si les whigs avaient des ambilioiis vulgaires, leur intérùl serait, quand ils tiennent le gouvernement, de traîner en longueur la réforme de l'Église d'Irlande; car, tant qi celle Église sera debout avec ses abus au milieu des passions violentes qu'elle excite, l'accès du pouvoir sera bien difficile aux tories, dont le nom seul insurge l'Irlande, et qui ne pourraient r ' • e. ce pay.s que s'ils com-
mençaient par y lion religieuse dont ils
sont les soutiens obligés.
Cependant, en même temp> ; attaquée par les whigs, on con 4 , i
l'objet auquel ceux-ci aimeraient â appliquer leurs princip* réformateurs ; car c'est le terrain de combat où ils se sentent le moins à l'aise. S'ils luttent d'abord contre I Église, c'est que, quand ils entrent dans la carrière des réformes, l'Kgliseestle premier adversaire qu'il " ' ' ' >x,
et qu'il faut d'abord vaincre, sous j i i rt
réforme de l'Église est donc bien moins un but qu ils pom suivent qu'un obstacle dont ils travaillent à se délivrer.
en
Quelles réfomics les wliigs peuvent (aire dans les pnviléges civilh de l'arLsiocralie (i'iiiande.
Maintenant l'obstacle religieux étant écarté, quelles r< formes peuvent-ils faire dans les privilèges civils et polit ques de l'aristocratie?
Celte question présente des difficultés dont on va cor prendre tout de suite la gravité.