QUATRIÈME PARTIE
Vun peuple qui, ayant des réformes à faire dans ses instiiitions, peut conférer au pouvoir central assez de force )our les accomplir peu à peu, et ne lui en donne pas cc- )endant assez pour que ce pouvoir devienne tyrannique? De orte que le principe d'autorité grandisse sans que la li- )erté meure.
Mais si l'on comprend sans peine que ces essais de cenralisation contentent jusqu'à un certain point l'Angleterre, )n conçoit plus aisément encore qu'ils seraient tout à fait nsuffisants en Irlande, où les passions légitimes ot les inté- 'êls du peuple exigent que le principe aristocratique soit luvertemeut attaqué. L'état de l'Angleterre permet de louler s'il vaut mieux pour elle d'exécuter une réforme dus rapide en risquant ses libertés, ou d'accepter une réorme plus lente avec la certitude de demeurer toujours ibre. Mais la question ne saurait être la même pour l'irande, où la réforme de l'aristocratie est la première des lécessités. Aussi les whigs, à qui l'Angleterre permet de aire en Irlande des réformes plus radicales , emploient-ils, our combattre l'aristocratie de ce dernier pays, des moyens e centralisation beaucoup plus puissants (1).
On a vu plus haut comment, à la fin du siècle dernier el u commencement de celui-ci, certains pouvoirs, apparteant à l'aristocratie, lui furent enlevés dans son propre in- ^rêt, et attribués au gouvernement central. Un juge révoable au gré du vice-roi fut, sous le nom d'assistant-barrysîr, chargé de présider les assemblées trimestrielles des iges de paix. Pour suppléer ceux-ci dans leurs fonctions uolidiennes, des magistrats salariés furent établis (stipeniary magistrales); et afin de rendre plus sûre et plus comlode pour les ricbes la police du pays entier, une espèce e gendarmerie (constabulary) fut instituée. C'étaient aumt de moyens pris par le gouvernement central pour aider t défendre l'aristocratie faible et inhabile dont il était ami.
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A peine ont-ils été en possession du pouvoir, les whi" ont retourné contre l'aristocratie irlandaise la centralisatio qui avait été établie pour la protéger. Lassistant-barrystei qui jadis recevait du pouvoir cenlnd la mission expresse o tacite de soutenir les hautes classes contre le peuple, pour mandat aujourd'hui de soutenir le peuple conti'c Taris tocratie. Autrefois il mettait tout son art .'i î Justice ou l'incapacité des juges de paix, ii vaille plutôt à jeter un voile sur les fautes et sur les écart du peuple. Lesniaj^islrals sain ' ' i îiirymagistratfsj dunl tout l'oflice consistait à ^. I iges de paix, sor
institués à présent dans le but manifeste de les remplace! Ils étaient déjà, en 1857, au non! ' ^
dont cinquante avaient été nonm.
agents révocables, assez semblables à nos commissaire» d police, sont en Irlande en grande faveur auprès du { dirigés par l'autorité centrale, ils ont coutume umieux que l'aristocratie ; et, dans tous les cas, ils ont 1 mérite de n'étri' pas les agents de celle-ci.
tinlin cette gendarmerie, créée pour veiller au repos di l'aristocratie, et placée par la loi de son organisation sou la direction et le contrôle immédiat des juges de paix et (î grands jurys, devient, par leffel d une loi récent arme puissante entre les mains du gouvernement général en 1850 elle est centralisée complètement, et passe ainsi di service de l'aristocratie à celui du vice-roi (2) '.
Mais les whigs ne se bornent pas à tourner contre Taris tocratie les vieilles lois créées jadis dans le dessein de la for tifier; ils s'efforcent aussi, pour l'atteindre plus sûrement
< liCs tendances de la gendannoric irlandaise {amtiolnttary) 5 toujoui-slos mômes; et, en ce moment, l'un desgriefiide l'arisiocr. contre elle, c'est que la constabulury devieni une force niilit;* entre les mains du pouvoir central au lieu de rester une force ci à la disposition des comtés.
{Note de la septième èiHHnu I «o : ,