PARTIE HISTOHÏQUE
^s absences si souvent déplorées des propriétaires d'Irnde, contre lesquelles luttaient en vain l'intérêt du pays : la police du gouvernement anglais^; de là cette population lobile de colons se succédant les uns aux autres avec une (croyable rapidité, et portant tous dans leur âme la même édeur pour la patrie nouvelle, les mêmes sympathies pour patrie abandonnée.
C'est pour un établissement nouveau un point de départ neste quand ceux qui s'emparent du sol ne s'y attachent is par un lien étroit, et n'y sont pas, pour ainsi dire, énranés. L'absolue nécessité de vivre sur la terre conquise mneau conquérant une plus grande énergie pour vaincre fait naître dans ses rapports avec les vaincus plus depruînce, plus de justice et d'humanité.
Si les Anglo -Normands ne domptèrent point compléteent les Irlandais; s'ils furent iniques et cruels en les )uvernant, n est-ce pas surtout qu'ils ne se considéraient )int comme liés sans retour à la destinée du pays conquis, que, voyant toujours près d'eux l'Angleterre comme une rre amie, comme un port de saiut en cas de naufrage, ils ; furent jamais poussés ni contenus dans leurs actes par le intiment d'un succès nécessaire et par la crainte d'un ;hec sans remède?
Ce point de départ de la population anglo-normande étaie en Irlande, a eu, sur toute la destinée du pays, une ^ande influence.
Lorsque les Normands curent fait la conquête de l'Anglerre, lous les grands vassaux, ayant à lutter contre le pou- )ir royal, prirent deijx moyens principaux pour accroître
' En 4295, sous Edouard I^"", on attribue les maux du pays à l'abnce des grands propriétaires, qui ne sont point là pour détendre le lys et leurs domaines. Richard II établit une taxe contre les absents. myi YllJ pprtp contre ^\\^ wjie \q\ qyi çpj)fis.que |ps deux liep§ fj^ leurs venus au profit de l'État. V. Qprdfin, t. I, p. ?|)p gt 'i^. — Eï\çyop. brilan. \° Ireland, p. 400.
leur force : ils formèrent entre eux une étroite union, et il se mêlèrent aux populations vaincues dans lesquelles il trouvèrent en dehors d'eux-mêmes un point d'appui.
Les seigneurs normands, conquérants de l'Irlande, n'ei rent point un pareil intérêt à agir de même, parce que leu roi résidait en Angleterre. A peine furent-ils maîtres d'un partie de l'Irlande, qu'ils se divisèrent entre eux, et cou mencèrent des luttes déplorables dans lesquelles l'intért général du pays était absolument sacrifié, et où chacu d'eux n'apportait que des vues d'agrandissement personne Ces châteaux forts, que tout à l'heure nous les avons vu construire dans un but d'occupation et de résistance, de vinrent le théâtre de querelles particulières où les Normand épuisèrent entre eux les forces qu'ils devaient réserve contre l'ennemi commun. Quelques-uns possédaient d'iiï menses domaines et une grande puissance; ils avaient a milieu de leurs vassaux une existence presque royale ; leur fiefs avaient été érigés en palatinats; ils créaient à leur gr des chevaliers; ils avaient leurs cours de justice, et null autorité n'avait accès sur le territoire, pas même celle de officiers du roi K Ces grands barons subdivisèrent chacun de leurs possessions entre un nombre infini de sous-tenar ciers, auxquels ils firent des concessions de terre à la charg de service militaire, de la même façon que le roi avait fai vis-à-vis d'eux-mêmes ^ Placés loin du seul pouvoir supé rieur qui pût les modérer, les grands vassaux, jaloux le uns des autres, parce qu'ils étaient à peu près égaux, aspi rèrent mutuellement à se détruire ; et, pendant trois siè clés, l'Irlande fut couverte du sang versé pour soutenir ce tristes rivalités. L'histoire de la conquête est toute remplie la querelle desBurke et des Fitz-Gérald, qui, pendant qua
* Leland, t. I, p. 291. — John Davis, Discovery. — Gordon, t. I.- Mém. de lord Charlemont, t. Il, p. 450.
* Plowden, t. I, p. 5S.