‹ L'Irlande sociale, politique et religieuseChapitre 42 sur 333 · PARTIE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE HISTORIQUE

i'îrlande, s'abandonnant à leurs penchants naturels, î'étaient, au xv* siècle, tout à fait incorporés aux populaions indigènes.

Mais ces efforts d'union, considérés comme dangereux )ar le roi d'Angleterre, furent bientôt énergiquement com- )altus. Edouard III déclara incapables dêtre propriétaires ous les Anglais nés en Irlande, mit à leur place des Anglais louvellement arrivés d'Angleterre, et enfin fit adopter dans m parlement anglais composé de ses créatures le fameux tatut de Kilkenny * .

Par cet acte, il était interdit, sous les peines de la haute rahison, de contracter avec les Irlandais aucune alhance ar le mariage, de former avec eux aucune association, et e vivre selon leurs lois. La confiscation et l'emprisonnelent attendaient tout Anglais qui adoptait le costume des rlandais, laissait, comme eux, sa barbe pousser surla lèvre upérieure-, portait des vêtements de plusieurs couleurs, renaît un nom du pays et en parlait la langue. L'Anglais ui permettait à un Irlandais son voisin de mener son béni paître sur ses terres se rendait coupable d'un déht. Il lait sévèrement défendu d'admettre dans les emplois pulics un individu d'origine irlandaise^.

Ces prescriptions n'étaient point de vaines menaces. Le Dmte de Desmond, l'un des plus grands barons anglo-norlands d'Irlande, fut, sous le règne d'Edouard IV, condamné mort et exécuté pour avoir épousé une femme de sang irmdais*.

* Encyciop. britann., \'° Ireland, p. 558. — Leland, t. I, p. 520 - Plowden, p. 40.

^ Leland, t. I, p. 520. — Encyciop. britann., v» Ireland, p. 558. — )rdon, t 1, p. 276, 287. — Mac-Geoghan, t. II, p. 145-180. — Plowin, t. I, p. 55-40. — Cette prohibition est renouvelée sous Henri VU. Leland, t. II, p. 106.

* Mac-Geoghan, t. II, p. 102. — Encyciop. britann., p. 560. —Il est considérer toutefois que l'aUiance de Desmond avec une Irlandaise t plutôt le prétexte légal que la cause réeUe de sa condamnation.

Ainsi se brisait, quand il était prêt à se former, le lier destiné à unir les conquérants au pays conquis.

Ainsi, la politique de l'Angleterre en Irlande s'opposant î ce que les Irlandais devinssent Anglais et à ce que les Anglais se mêlassent aux populations indigènes, force fut hier pour les vaincus de demeurer ennemis. Aussi les voit-or rester tels, et, après mille soumissions sincères ou simulées recommencer incessamment de nouvelles luttes, incapables il est vrai, d'amener leur affranchissement, mais suffisantes pour rendre singulièrement lourde et précaire \i conquête de leurs vainqueurs.

Deux faits prouvent mieux que toute autre chose les tristes effets du régime adopté par les Anglais pour le gouverne ment de l'Irlande.

En 1406, plus de trois cents ans après l'invasion, on vii les Irlandais guerroyant aux portes de Dublin et ravagean impunément les faubourgs de la cité * ; et au milieu di règne de Henri YllI, quand ce prince est à l'apogée de sî puissance, le Pale de la colonie est réduit à un rayon d( vingt milles ^ (environ sept lieues).

Son grand crime, aux yeux d'Edouard IV, qui appartenait à la maisoi d'York, était d'être du parti de Lancastre. Dans les temps de guerre civiles, le parti vaincu n'a rien tant à redouter que les vieilles loi tombées en désuétude à cause de leur cruauté même, ou délaissée comme inutiles; c'est toujours là que le despote et le tyran vont cliep cher leurs armes. \

* Mac-Geoghan, t. II, p. 167, 207, 209 et 216. :

- Gordon, t. I.

Page 1