‹ L'Irlande sociale, politique et religieuseChapitre 48 sur 333 · PARTIE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE HISTORIQUE

des forêts les plus sauvages, et sur la pente inculte des montagnes d'Irlande*.

L'œuvre commencée par Elisabeth fut continuée par ses successeurs.

Sous le règne de Jacques 1^'", le complot réel ou supposé de trois princes irlandais, Tyrone, Tyrconnel et Dogerthy, lyant été découvert, les six comtés du nord qui leur appartenaient, Armaglî, Cavan, Fermanagh, Derry, Tyrone et Don égal, furent confisqués au profit du roi; environ cinq sent mille acres se trouvèrent à la disposition de Jacques -. ^omme lors de la première confiscation d'Elisabelh, beau- 30up d'Anglais auxquels on avait donné des terres n'en îtaient pas venus prendre possession, Jacques admit cette bis les Écossais concurremment avec les Anglais au partage ies domaines confisqués, sous le prétexte que les Écossais, îtant plus prés encore de l'Irlande que les Anglais, vieniraient plus volontiers s'y établir, mais en réalité par un ;entiment de prédilection pour ses compatriotes.

Le règlement de cette nouvelle colonie n'était pas en tout loint semblable à celui qui avait servi de base à la prenière.

Dans la colonie d'Elisabeth, le principe était que pour )ccuper le sol il fallait être Anglais; dans celle de Jacques I^% 1 fallait être protestant et appartenir à l'Église anglicane '\

L'expérience avait aussi fait apercevoir dans la première olonisation une faute qu'on tenta d'éviter dans la seconde.

« Les indigènes, dit Leland, rejetés dans les bois et lans les montagnes par les colons d'Elisabeth, y trouvèent des espèces de forteresses, ouvrage delà nature, dans esquelles ils se renfermaient; là, retirés dans l'ombre,

* Leland, t. II, p. 451.

* Leland, t. II, p. 429. — Hallam, Hist. constit., 5-260. — Gordon, F, p. 528.

^ That they shouldnet suffer any labourer that should not take tlie ath of supremacY, to dwell upon theirland. — Plowden, t. I, p. 405. -Leland, t. II, p. 451.

étrangers désormais aux habitudes et aux arts de la vii agricole, ils vécurent du produit.de leur chasse, du lai de leurs troupeaux, et leur nombre s'accroissant en dépi de leur misère, ils devinrent en peu de temps d'autan plus redoutables, que, cachés à tous les yeux, ils puren impunément conspirer contre les Anglais et se concerlei sans que leurs complots fussent connus '. »

Pour échapper à ce péril, on fit cette fois tout le contrain de ce qu'on avait fait d'abord ; on distribua aux nouveau: colons les terres confisquées, en leur imposant l'obhgatioi de résider dans la partie boisée et montagneuse du pays ^ tandis que la population irlandaise dépossédée fut laissé^ hbre dans la plaine, où l'on pensa qu'elle serait aisémen surveillée. On fit une autre innovation plus importante en core : ce fut de cantonner dans des districts spéciaux et biei séparés les uns des autres les Irlandais frappés de confisca tion, et les nouveaux colons anglais qui, suivant le plai d'Elisabeth, avaient au contraire été complètement entre mêlés ^. C'est à cette colonisation que remonte la ville di London-Derry, fondée par la corporation de Londres* c est d'elle aussi que date une population écossaise et près bytérienne en Irlande ; ce point de départ du puritanism( dans ce pays e^t trop grave pour n'être pas constaté. ,i

Jacques 1*^'' avait avancé beaucoup une œuvre inique, e il en fut si fier, qu'il n'eut jamais rien plus à cœur que d( la continuer, [/embarras à ses yeux n'était plus de déloge i les indigènes et de les remplacer par de nouveaux colons car désormais sa sagesse avait résolu toutes les difficultés d'exécution; l'obstacle venait de ce qu'il n'y avait plus d( terres confisquées; or si rien n'était plus aisé que d'expulseï les Irlandais* de leurs domaines et de leurs maisons, encort

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* Id.

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