‹ L'Irlande sociale, politique et religieuseChapitre 53 sur 333 · PARTIE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE HISTORIQUE

passions, ont plus ou moins concouru à un résultat unique, ({iii, sans leur réunion, ne se fût point sans doute produit de même *.

Que les Irlandais aient été provoqués ou provocateurs dans celte sanglante tragédie, c'est ce qui demeure indécis; toujours est-il bien certain que les protestants anglais et les presbytériens écossais d'Irlande acceptèrent avec une sorte de joie la lutte d'extermination qui leur était offerte.

C'est une opinion généralement accréditée, qu'il eût dépendu des gouvernants anglais en Irlande, c'est-à-dire des lords-justiciers, d'étouffer l'insurrection dans son germe, et qu'au lieu d'agir ainsi ils travaillèrent non-seulement à la faire éclater, mais encore s'efforcèrent de la rendre plus longue et plus terrible-. L'un de ces lords-justiciers^, sir William Parsons, dont l'équité veut que l'on rappelle le jiom pour le vouer à l'infamie, fomentait, dit-on, la révolte, espérant que les confiscations dont seraient frappés les rebelles lui donneraient l'occasion de s'enrichir; et puis, quand la rébellion se fut déclarée, le plan de ce magistrat ci de ses collègues fut d'envelopper dans le mouvement le plus de monde possible, afin que, le nombre des coupables s'augmentant, la moisson des confiscations qui suivrait la guerre devînt plus abondante *.

Je ne doute pas que des passions sordides n'aient joué un rôle dans l'époque qui nous occupe, car jamais ces sordides passions n'abondent plus qu'aux temps où il y en a de grandes à l'ombre desquelles elles se tiennent Mais ce que

* V. Hallam. Hist. constit., t. Y, 276. — Plowdeii, t. I, 135.

2 Wanier, 130. — Lelaiid, t. III, ItO.— Hallam, t. Y, 279. — Plowdon, t. I, 138. — dordon, t. II, 75.

^ Les lords-justices étaient, à cette époque, les commissaires du rarlement anglais pour le gouvernement de l'Irlande.

* Whatever were the piolessions of tlie chiel governors the only danger the really apprehended was that of a too speedy suppression of the rebels... extensive iorfeitures were the favourite object of the chief governors and their friends, — Leland. t. ÏII, p. 160-161. — Gordon, t. II, p. 103-133

je crois plus fortement encore, c'est qu'il n'était au pouvoii d'aucun des gouvernants de l'Irlande d'empêcher un conflii sanglant de s'engager entre des ennemis implacables, impatients de se combattre, et qui, quand une occasion de s'enlre-luer s'offrait à eux, ne pouvaient la laisser échapper ^

Remarquez que c'est l'Angleterre protestante et l'Irlande cathoHque qui trouvent une arène pour lutter corps i corps...

Alors l'Angleterre déclare solennellement, par l'organe de son parlement, qu'elle ne tolérera jamais le papisme ei Irlande-; alors toute l'Angleterre crie d'une seule voix : I faut détruire l'Irlande catholique; il faut porter le protestan lisme en Irlande; il faut exterminer le dernier Irlandaii plutôt que d'y laisser le catholicisme^.

Alors, pour soutenir les frais de cette guerre impitoyable le parlement emprunte une grosse somme d'argent, pour h payement de laquelle il assure d'avance aux prêteurs le; biens des catholiques d'Irlande. Deux millions cinq cen mille acres sont ainsi engagés à de fanatiques industriels* Cette guerre de destruction, il faut la faire aux Irlandai partout où on les trouvera ; un acte du gouvernement près crit de ne faire de quartier à aucun Irlandais venant d'Ir lande en Angleterre ^. Un capitaine de vaisseau, du non de Swanly, ayant saisi un navire sur lequel se trouvaien soixante-dix Irlandais, les fit her dos à dos et jeter tous

* Hallam, t. V, p. 276.

2 Lingard, t. X, 183. — Civil wars in Ireland J. C, p. 155, 8 dé cembre 16 il, date de l'acte du parlement.

^ The favourite object both ot the Irish governors and the englis parliament, was the utter extermination of ail the CathoUc inliabi tanlsof Ireland. Leland, t. III, 106.— This was a civil war of exterrai nation. Plowden, t. 169.

* Hallam, t. V, p. 281. — Gordon, t. II, p.7»08. — Civil wras of Ire land, p. 155.

5 Lingard, t. X, 337. — Plowden, 147. — That no qiiarters honld b given to arîy Irishman or papist born in Ireland, that should be takci in hostilly against the parliament either upon the sea or in England

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