‹ L'Irlande sociale, politique et religieuseChapitre 54 sur 333 · PARTIE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE HISTORIQUE

la mer ^ A. Philippaugh, les Écossais ayant fait cent prisonniers irlandais, les font fusiller immédiatement sans aucune pitié ^ Cent autres prisonniers irlandais sont pris et massacrés de même après le combat de Corbies-Date en Ecosse^. Il est merveilleux de voir comme les lois sont fidèlement observées quand ce sont les passions qui les exécutent.

Il semble en ce moment que toute la puissance et toute la vie de l'Angleterre se portent sur l'Irlande; toutes les passions puritaines, qui s'étaient montrées si impétueuses dans leur invasion de l'Angleterre, s'élancent avec une bien autre ardeur sur l'Irlande catholique. Ces passions s'adoucissaient en Angleterre au sein même des sympathies qu'elles trouvaient; mais, en Irlande, elles rencontrent une barrière qui les irrite et les rend plus violentes. Ce n'est plus ce puritanisme fanatique, mais austère, qui fit irruption d'Ecosse en Angleterre au miheu d'une armée de saints; le puritanisme qui tombe sur l'Irlande s'y précipite comme sur une proie, traînant à sa suite, au miheu de quelques élans généreux, beaucoup d'ignobles calculs et de basses cupidités.

L'Angleterre envoie cinquante mille hommes en Irlande I pour y soutenir la guerre *, armée d'Anglais et d'Écossais, ide presbytériens et d'indépendants, plus avides de venjgeance que de justice, plus altérés de sang que de vérité, plus désireux d'aventures et de richesses que de succès rejligieux.

j A peine la rébelhon irlandaise a-t-elle éclaté, qu'avant même d'avoir reçu des ordres du gouvernement, l'armée anglaise d'Irlande donne la mesure de son zèle et de ses passions sanguinaires par la manière cruelle dont elle se conduit envers le pays insurgé. Entre autres faits d'une barbarie extraordinaire, on cite celui du colonel Mathew,

1 Lingard, l. X, 557.

- Id., t. X, 587.

' Id., t. XI, 55.

H ♦ Id., t X, 266.

qui, cinq ou six jours après la prise d'armes des rebelles massacra cent cinquante paysans qu'il traquait dans le buissons comme des lièvres (starting them like hares oi of the bushes ^). Alors les lords-justiciers, commissaire du parlement anglais, donnèrent à l'armée ces instruction effroyables :

« Ordre d'attaquer, tuer, massacrer, anéantir tous le rebelles, leurs adhérents et complices; de brûler, détruire dévaster, piller, consumer, démolir toutes places, villes maisons, où les rebelles ont été secourus ou reçus, toutt les moissons, blé ou foin, qui s'y trouvent, tuer et anéar tir tous les individus mâles et en état de porter les armes qu'on trouvera dans les mêmes lieux ^, »

Et voici un exemple de la manière dont ces instruction s'exécutent :

« Les soldats écossais, dit Leland, appelés à renforce la garnison de Carrik-Fergus, étaient parliculièremen imbus d'une haine profonde contre le papisme, et exci tés encore dans leur sentiment d'horreur par toutes le cruautés qu'on racontait des irlandais, cruautés abomi nables en elles-mêmes, et qu'exagéraient non-seulemen ceux qui les avaient souffertes, mais encore ceux même qui se faisaient une gloire de les avoir commises. Un jour ^jour néfaste!) ils sortirent de Carrik-Fergus, firent irrup tion dans un district tout voisin, qu'on appelle l'ile Mage^ (Island-Magee). Les habitants de ce lieu étaient de pauvres cathohques irlandais, bien misérables, demeurésjus qu'alors absolument inoffensifs et étrangers à la rébellion Au rapport même de l'un des chefs de cette expédition trente familles de ces malheureux furent assaiUies la nui! pendant leur sommeil, et massacrées impitoyablement dt sang-froid et de propos déhbéré. Si l'on en croit quelques

* Lingard, t. X, 532.

' Id., t. X, 144. — Civil wars in Ireland, 153

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