‹ L'Irlande sociale, politique et religieuseChapitre 58 sur 333 · PARTIE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE HISTORIQUE

nassacrés en 1641 par ceux qu'ils avaient dépouillés, et au nilieu desquels ils avaient eu l'imprudence de vivre ^ Dans 'impossibilité d'exiler d'Irlande tous les Irlandais, voici ce (u'on fit : sur quatre provinces dont se compose l'Irlande, m résolut d'en peupler trois exclusivement de protestants, :t de n'admettre de catholiques que dans la quatrième ; non |ue celle-ci dût être sans protestants, mais ce serait la seule )ù il serait permis à des Irlandais catholiques de résider. ]elte province, deriiier asile offert aux catholiques irlanlais, fut le Gonnaught, auquel on joignit le comté de ]lare. Alors tous ceux que la guerre avait ruinés, tout ce \m par sa pauvreté même avait échappé aux persécuions, toute la misère irlandaise en un mot, fut refoulée wec ses haillons ou se précipita sur le Gonnaught ^. Gette (ile population était cependant ce qu'il y avait déplus noble m Irlande : elle emportait avec elle la foi religieuse de ses )éres et l'amour de la patrie. Tout l'avenir de l'Irlande était à. Une fois entrés en Gonnaught, les catholiques y furent )arqués comme un bétail ; il leur fut interdit, sous peine de nort, de dépasser les limites qui leur étaient fixées. Leur )orne au sud était la rive droite du Shannon ; tout Irlandais rouvé sur la rive gauche pouvait être tué par qui que ce ùt, sans qu'il y eût matière à procès ^. La rive droite du shannon, où l'Irlande était emprisonnée à jamais, c'était ce aineux comté de Glare, qui, il y a dix ans, envoya le prenier un catholique au parlement. Il sort quelquefois des grandes iniquités de singulières expiations.

Quand les pauvres Irlandais, dans l'excès de leur déresse, mourant de faim, eux, leurs femmes et leurs enanls, levaient la main au ciel et imploraient la compassion

* Leland, t. III, 586.

* Cromwell linding the utter extirpation of the nation, wtiicli lie lad intended, to be in itsel very difficult, and to Carry in it somewhat 3f liorror. . foiind out the following expédient of transplantation. Cikil wars in Ireiand, 275. — Clarendon's Lile. t. II, 116.

5 Lingard, t. XI, 159. — Civil wai^sin Ireiand, 275.

de leurs persécuteurs, c'est alors que Cromwell et sesi saints leur répondaient : Go to hell or to Connaught. « Vai au diable ou en Connaught'. »

J'ai dit que le Connaught était la seule province où l'oiii reçût les catholiques, sans cesser pourtant d'être occupéei par les protestants ; on conçoit en effet combien eût été for-i midable pour ses voisins une pareille agglomération d'en^ nemis, exaspérés par leur misère, s'ils n'eussent été conte-i nus par une puissance placée au milieu d'eux. Cette puis-. Sance fut celle des villes, qu'on résolut de faire toutes pro-. testantes, laissant seulement aux catholiques les campagnes? du Connaught. La tâche était plus délicate qu'aucune autre,^ parce que lés villes étaient presque exclusivement occupéear par des habitants. Anglais d'origine, qui, quoique calholi*^ ques, semblaient devoir exciter plus d'intérêt que les popu-> lations irlandaises. On ne s'arrêta point pourtant à cet ob-v stacle. On chassa les calhohques anglais de leurs maisons^ de ville, comme ailleurs on avait expulsé les Irlandais detj leurs cabanes champêtres ; on mit subitement à leur placeç! des Anglais ou des Écossais protestants. Ces bourgeois im-.. provisés, sortis de l'armée, rempHrent aussitôt les corpo-?' rations municipales ; un colonel devint maire ; un sergenfci alderman. Sir Charles Coote, général répubhcain et prési-)^ dent de Connaught, chargé d'exécuter cette expulsion des^ catholiques de la ville de Galway, appelait cela clearing thei toiun, le balayage de la ville. Rendant compte de sa missions au gouvernement, il n'a, dit-il, laissé à Galway que queh: ques personnes d'un âge si avancé, et dans un état de santé si triste, qu'à raison de la rigueur du froid il eût été, dit-il, ; impossible de les expulser. Sur quoi le conseil d'État l'ap-i; prouve, mais sous la condition qu'il aura bien soin de ren- . voyer le petit nombre épargné par lui, dés que la saison ;

sera devenue moins sévère. (Take care thatthe few so dis-.i

(\ * Lingard, t. XI, 157. ii

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