PARTIE HISTORIQUE
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Nous avons vu plus haut comment, lors de leur arrivée en Irlande, les Anglais avaient chassé des villes tout ce qui était de race irlandaise; maintenant nous voyons- les protestants anglais expulser de ces mêmes villes toute population cathohque ; ces catholiques sont des Anglais eux-mêmes, petits-fds de ceux qui, quelques siècles auparavant, exer» çaient au nom du droit de conquête sur les Irlandais, la même violence qu'au nom de la religion on exerce aujourd'hui sur eux. Tous ces moyens ayant été employés, la mort, la déportation, l'exil volontaire, et enfin le transport d'une partie de l'Irlande dans une autre, les trois quarts du pays se trouvèrent à peu près vacants, et il ne s'agît plus que d'en prendre possession. Ce fut l'instant hideux de la guerre civile, celui où le partage des biens confisqués se fit ; ce fut le moment oii la cupidité se montra plus odieuse peut-être que les fureurs sanglantes du fanatisme ; ce fut l'instant où se sentirent chancelantes des vertus jusqu'alors inébranlables dans leur désintéressement, et qu'une chance de s'enrichir parvint à corrompre. Deux classes de personnes s'engraissèrent principalement de ces dépouilles opimes : En premier Heu les soldats de Cromwell, c'est-à-dire tous ceux qui avaient servi dans l'armée d Irlande depuis le débarquement de Cromwell en 1649 ^ Ceux-là seuls étaient assez saints rehgieusement,et en pohtique, assez amis de la liberté pour mériter de recevoir le bien d'autrui. Venaient ensuite ceux pour lesquels les terres d'Irlande étaient non pas un don, mais l'acquit d'une dette ; je veux parler des spéculateurs, autrement appelés aventuriers^ qui avaient avancé des fonds au gouvernement anglais pour l'aider à réduire l'Irlande, et auxquels on avait d'avance hypothé-
' lîaidiman, Hist. of Grtihvay, 157.
2 Encyclop. brit., v° Ireland, 372.— Hardiman, Hist. ofGalway, 159. — Leland, t. III, 396.
que le sol de ce malheureux pays voué à la destructior Ainsi s'accomplissait la parole d'extermination pronoi cêe par l'Angleterre. Les Irlandais catholiques étaient chas< ses du sol ; ils étaient expulsés des villes ; les propriétés el le commerce étaient passés aux mains des protestants ; les h^landais étaient frappés de mort ou d'ilotisme.
La Restauration. — Charles II. , ifî
Ce qu'il y avait d'irrésistible dans cette destruction des catholiques irlandais par le protestantisme anglais se voii surtout lors de la restauration de Charles IL
Jamais une plus belle chance ne s'était offerte aux catholiques d'Irlande que le jour où, fatiguée de révolutions, h nation anglaise revint au principe fondamental de sa consti tution, qui plaçait un Stuart sur le trône d'Angleterre.
Il n'y eut certainement pas alors un catholique d'Irland( qui, en voyant Charles II restauré sur le trône de ses pères ne pensât qu'il allait recouvrer la plénitude de ses'droiti pohtiques et rehgieux. D'un autre côté, les possesseurs ac tuels, la plupart soldats de Cromwell et répubhcains exaltés ou bien spéculateurs aventureux qui avaient prêté au parle ment leur argent pour faire la guerre à l'Irlande papiste, trena blaient sur le sol qui les portait en voyant la restauratioi qui venait des'accomphr,et dont ils ne doutaient pas que l premier résultat ne fût de faire rentrer les domaines dan la possession des anciens propriétaires. Tous furent déçus les uns dans leurs espérances, les autres dans leurs craintes
Charles II proscrivit le culte catholique en Irlande comm l'avaient fait avant lui ses prédécesseurs sur le trône d'An gleterre; il ordonna qu'on exécutât en Irlande les lois pé nales contre les catholiques; il y suspendit la liberté indi viduelle; de peur que les Irlandais ne vinssent lui demande justice en Angleterre, il leur fit défense absolue de sorti