‹ L'Irlande sociale, politique et religieuseChapitre 62 sur 333 · PARTIE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE HISTORIQUE

11 faut le reconnaître ici, tout roi d'Angleterre, au xvii« iècle, devait se résigner à n'être ni juste ni humain nvers une partie de ses sujets pour pouvoir gouverner autre.

Ainsi, tout a concouru à la destruction des catholiques 'Irlande, à l'implantation violente du protestantisme dans B pays; tout y a concouru, Tudors, Stuarts, république ou lonarchie, amis ou ennemis, parce que le pouvoir domiant en Angleterre ne fut en cela, pendant plus d'un siècle, ue l'instrument d'un mouvement général qui pouvait bien tre modéré ou précipité, selon les accidents et les passions es hommes, mais qu'il n'était au pouvoir de rien ni de ersonne de comprimer.

Nous voici au terme de la seconde époque, de celle qui st renfermée entre la naissance de la réformation en Anleterre, et l'établissement définitif de la réformation en Irmde. Après avoir indiqué le grand mouvement du xvi« ècle, j'ai tâché de montrer comment l'Angleterre, peuple institutions libres, s'étant rangée du côté du cuUe réformé, ut nécessairement vouloir que llrlande fît comme elle; j'ai it de quelle manière elle essaya de convertir à la foi nouelle les Irlandais, qui cependant demeurèrent et devaient emeurer fidèles au catholicisme; j'ai dit aussi comment, e pouvant convertir les Irlandais au protestantisme, elle vait dû nécessairement, et à l'aide de tous les moyens de irreur et de violence, faire l'Irlande protestante; j'ai ajouté ne ce qui est arrivé était inévitable. Vais-je donc prêter des 'mes à cette école nouvelle qui s'incline devant tous les louvemenls des peuples, quand ces mouvements sont emfeints d'une certaine fatalité; qui ne doute plus de la sainlé d'une cause, quand elle est marquée du sceau de l'irisistible nécessité? On se tromperait étrangement si l'on [•oyait que telle fût ma pensée.

Quand je vois un homme en proie à une passion ardente, une passion criminelle; lorsque je le vois, soit égarement

d'esprit, soit dépravation de cœur, animé d'un besoin ir périeux de vengeance ou d'un sentiment ardent de cupidit je puis, portant un jugement sur les conséquences de cet passion mauvaise, dire qu'elle conduira au crime celui q l'éprouve; je puis, en voyant à quel point elle a subjugi l'âme dans laquelle elle est entrée, prévoir qu'elle entraînei nécessairement et fatalement à la spoliation, au meurt même, celui qui n'a point su se défendre d'elle; je le ju< et dois le juger ainsi : mais je ne déclare point honnête l'a teur de ce crime fatal; je ne proclame point juste cette n cessité d'un crime que je juge inévitable î Je dis que, l'errei ou la passion existant à un certain degré, le crime doit an ver; l'effet est fatal, mais la cause ne l'était point. Celui qi s'est égaré pouvait ne pas commettre Terreur; celui que passion a fait son esclave pouvait ne lui point donner acci dans son cœur. Je dis que le spoliateur qui, par cupidit ravit le bien d'autrui, le meurtrier, qui tue son semblab par vengeance, pouvaient résister à des penchants qui, ur fois maîtres de leur âme, sont devenus souverains et irr< sistibles.

Les passions des peuples sont comme celles de l'hommi Les passions qui ont poussé l'Angleterre à détruire l'Irlanc catholique présentent le même caractère de fatalité; ces pa sions une fois admises, l'Irlande devait périr, comme do fatalement périr la victime qu'a désignée la vengeance d meurtrier, comme doit fatalement succomber l'être pk faible luttant contre un adversaire plus fort ; mais ce qu' faut apprécier, ce n'est point la conséquence de ces pas sions, ce sont ces passions elles-mêmes; ce n'est ps l'effet fatal, nécessaire, si l'on veut, c'est la cause qu' faut juger, la cause libre, indépendante, volontaire; oi quelle était cette cause? C'était l'esprit d'intolérance reli gieuse, la fausse croyance que la vérité doit être imposée pa la force, la haine d'un culte envers un autre culte; or ce erreurs, ces passions sont mauvaises; elles n'étaient poin

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