PARTIE HISTORIQUE. W
Un pareil décret, qui faisait crouler subitement les éta- )lissements industriels fondés sous la protection des lois, tait d'exécution difficile ; et, comme il était à craindre que Bs magistrats d'Irlande ne fussent pas aussi servîtes que on parlement, l'Angleterre décréta que quiconque contreiendrait'à la loi destructive de l'industrie irlandaise serait out à la fois justiciable des tribunaux d'Angleterre et d'Irmde, et que, quoique jugé et acquitté dans ce dernierpays, l pourrait, toujours être repris et traduit en second lieu levant un tribunal anglais ^ ; c'est-à-dire que, pour soutelir une iniquité, on en vint à violer les premières formes et 3s premiers principes de la justice. Le parlement irlandais l'objecta rien à cette violence; c'était, certes, bien comirendre sa mission de dépendance.
Telle était l'oppression qui pesait sur l'Irlande entière, et [ue supportaient tout à la fols les protestants et les catho- Iques.
Voyons maintenant de quelle manière les protestants rirlande étaient indemnisés de l'oppression que l'Angleerre leur faisait subir à eux-mêmes. Voyons comment, iprès avoir fait sa propre part de tyrannie, l'Angleterre àisait la leur, et de quelle façon, après les avoir plies sous ille, elle les aidait à courber sous leur joug la population catholique.
Les moyens employés par les protestants d'Irlande, assises de l'Angleterre, pour dompter et asservir les catholiques
iu roi du 10; la déclaration des communes anglaises du 30 du même nois, et la loi décrétée par le parlement d'Irlande, le 25 mars 1699, »ar laquelle il est établi sur les draps irlandais un droit d'exportation, iquivalant à une prohibition absolue, et qui eut, en effet, pour conéquence immédiate, la ruine des manufactures irlandaises. Ces actes ont rapportés textuellement dans l'ouvrage de Young., Arlh. Young's Yavels. — La ruine de ces manufactures n'a pas été un effet imprévu les mesures prises; elle en était précisément la conséquence désirée et ittendue. « Je lerai, disait le roi dans une de ses réponses, tout ce qui lépendra de moi pour faire tomber les manufactures de laine en Irande. » ,
* Plowden, t. I, 20i.
d' friande, durant les xvii* et xviii« siècles, consistent principalement dans un ensemble de lois décrétées par le parlement d'Irlande, et mises à exécution par l'Anoçleterre. Les protestants d'Irlande faisaient les lois ; une armée anglaise les mettait en vigueur. Ces lois de persécution sont connues en Irlande sous le nom de lois pénales.
C'est ici que cesse la persécution violente et que commence la persécution pacifique, celle qui adopte toutes les formes de la justice, couvre les actes les plus oppresseurs d'une parfaite régularité ; qui se croit juste parce qu'elle est légale, humaine parce qu'elle répand peu de sang, et qui, cependant, est plus inique, parce qu'elle est plus réfléchie ; plus odieuse, parce qu'elle tue à froid et qu'elle n'a point pour s'excuser la chaleur du combat et les entraînements de la passion.