‹ L'Irlande sociale, politique et religieuseChapitre 80 sur 333 · PARTIE itt^ORIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE itt^ORIQUE

I Sentant sa dernière heure approcher, il jette un regard (uloureux sur ses enfants, dont l'âge est encore tendre; il , demande avec anxiété qui protégera leur faiblesse quand jie sera plus. Ils auront encore une mère : mais une loi ire s'oppose à ce qu'elle soit la tutrice de leur jeune âge ; tte loi interdit à tout catholique d'être le tuteur de ses •opres enfants ^ ; mais du moins il pourra désigner, parmi s catholiques, quelqu'un qui soit pour ses enfants un cond père, et succède à sa tendresse envers eux? Non. i loi lui interdit cette faculté : il ne peut choisir pour cet )jet qu'un protestant, et s'il indique un catholique, son loix étant nul, la tutelle est, de droit, déférée au chance- ^T d'Irlande, auquel il appartient de nommer un tuteur 'otestant pour tout mineur catholique-. Ainsi le pauvre itholique, à la veille de quitter celte terre, n'y peut laisser 2S enfants en bas âge sans emporter au tombeau la triste iinsée que leur jeunesse sera environnée d'embûches, et ur conscience religieuse livrée à tous les efforts de la coription.

Mais si le catholiqae irlandais n'est point, au déclin de îs jours, menacé d'un pareil malheur, une plus grande ifortune lui est peut-être réservée. La loi ne perd pas de je un seul instant le but qu'elle poursuit, qui est d'amener j protestantisme les partisans de l'Éghse catholique. Or, Dur atteindre ce saint but, tous les moyens ne doivent-ils is être mis en usage? Ne faut-il pas que la loi qui frappe I cathohque à cause de son culte lui devieime douce et ienfaisante, s'il quitte sa rehgion? Ne faut-il pas encouiger par quelques faveurs les conversions à TÉglise proistante? Si, par exemple, dans le nombre des enfants du ithohque, l'un se fait protestant, tandis que les autres

* No papist to be guardian. Penalty on papist taking guardianship, )0 liv. st. 2 Amie. ch. vi, § 4 (1703).

* Chancery may dispose custody to near protestant relation ; and if )t fit, to ottier protestant, 2 Anne, ch. vi, § 4.

s'obstinent dans le papisme, la loi civile traitera-t-ellei

même l'enfant quhadopte le culte légal et ceux qui der

rent attachés à la loi proscrite? L'enfant qui, en se fais

protestant, comble le vœu de la loi, perd par ce même aé

l'affection paternelle; quand le père va abandonner le il

la loi ne doit-elle pas venir au secours de celui-ci? Sa

doute. La loi décrète donc qu'en pareil cas le fils du cath

lique qui se sera fait protestant aura droit, sur la fortui

de ses père et mère, à une dot dont la quotité sera fii

par le chancelier d'Irlande ^ ; et si ce fils catholique qui

fait protestant est l'aîné de la famille, il obtiendra une pi

teclion encore plus étendue : d'abord, comme aîné et si

vaut les principes du droit commun, il aura la totalité

l'héritage paternel, et pour que le testament du père irri

ne vienne pas contredire la loi, il est étabh que dans ce c

la loi sera supérieure à toute manifestation d'une volor

contraire^. ^

Ainsi le père de famille n'aura vieilli que pour voir l'i

de ses fils apostat, et les enfants qu'il chérit dépouillés p

celui qu'il ne peut plus aimer! Mais qui l'empêchera

disposer, de son vivant, de tout ce qu'il possède, de donn

tout à ceux qu'il aime au préjudice de celui qu'il maud

et d'anéantir même sa fortune, ne fût-ce que pour la di

puter au renégat? La loi a prévu ces mouvements et c

passions, et elle y a porté remède. Elle déclare que, du jo

même où le fils aîné se fait protestant, il est par cela mên

saisi de la propriété de ses père et mère. Cette propriété d

vient la sienne. Ses parents en conservent encore l'usufru

mais elle est inaliénable entre leurs mains, il en est déso

mais le véritable et l'unique propriétaire : son père et^

■i * On bill in cliancery by prolestant child against popish parent, st

table maintenance ordered. 2 Anne, ch. vi, § 3 (1703). ^ From inrolment in chancery of bishop's certificate of eldest soi

conformity, popish parent made tenant for life, réveillon in fee to t

son; maintenances and portions of children {protestant or papist) n

exceoding one third. 2 Anne, ch. vi, § 3.

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