PARTIE HISTORIQUE
nère ne sont plus que ses fermiers ^ ; loi terrible, incesamnient suspendue comnne un fer menaçant sur la tête du )ère de famille, qui chaque jour tremble d'apprendre quel- [ue séduction fatale, et qui, même à cette heure suprême )ù il bénit ses enfants assemblés autour de son lit de mort, •isque de rencontrer un front apostat qui appelle ses malélictions !
Cette loi, dit un historien protestant, était rigoureuse, nais pourtant nécessaire^. La nécessité est décidément le Tîot de toutes les tyrannies.
On a voulu instituer un régime de persécutions qui tînt e peuple d'Irlande dans l'abaissement et dans la misère sans le pousser à la révolte. Si cependant ces blessures de ous les instants, faites par les lois pénales, finissaient par rriter les catholiques jusqu'au point de les conduire à 'insurrection ! Cette crainte est naturelle : pour combattre e péril, on dépouille de leurs armes tous les catholiques i'irlande^.
Tel est le régime des rigueurs légales auxciuelles ont été soumis pendant prés d'un siècle les cathohques irlandais.
Caractère particulier des lois pénales.
Plus on étudie cet ensemble de lois, et plus on voit clairement que Ir pensée constante du législateur est d'atteindre le cathohque par un doui)le intérêt : l'intérêt qu'il aurait à ne plus être catholique, l'intérêt à devenir protestant. La
* V. 2 Anne, cli. vi, § 3.
- This law, though lamentably rigorous was yet, if religious coercions are to be allowed, lamentably tiecessary... Gordon, History of Ireland, t. II, cli. xxxv.
s Papists notwithstanding any licence heretofere, shall deliver up arms to magistrates. — 7 W. III, ch. v.
Refusing to deliver, on demand or search, and also to déclare what arms, etc. Tliey or any witli their privity hâve, etc. Fine and gaol, or pillorv, or whipping at court's discrétion. 15-16 George III, ch. xxi, §17."
persécution est toujours armée de deux tranchants, I crainte et l'espérance, la menace et les promesses. Si cil ne touche pas par la terreur des peines, elle séduira peut être par l'appât des récompenses.
Ce qui aussi forme le caractère particulier de ces lois d persécution , c'est que , quoique toutes politiques danj leurs conséquences, elles ne cessent jamais d'avoir un principe exclusivement rehgieux.
Ainsi, c'est uniquement parce qu ils sont cathohques que les Irlandais sont exclus du parlement, des corporations, des fonctions électorales et des emplois publics. Qu'ils cessent d'être catholiques, qu'ils abjurent leur religion pour se faire protestants, et l'exclusion cessera. La loi ne dit pas en termes généraux : Tous les cathohques irlandais seront incapables d'entrer au parlement. Voici comment elle s'exprime :
« Nul ne pourra voter et siéger soit dans la Chambre des pairs, soit dans celle des communes d'Irlande, s'il n'a d'abord prêté les serments d'allégeance et de suprématie, et souscrit une déclaration contre la transsubstantiation, contre le sacrifice de la messe, contre l'idolâtrie de l'Église de Rome, contre l'invocation de la vierge Marie on des saints, etc. K »
La plupart des autres lois pohtiques sont conçues dans les mêmes termes; le même esprit domine dans les lois civiles : le cathohque exclu de la propriété, incapable d'acheter des terres, d'en hériter soit par succession, donation ou testament, devient immédiatement capable d'acquérir s'il se fait protestant.
On voit que ces lois sont construites de manière à frapper obhquement, leurs coups sont indirects, et c'est là ce qui les rend plus dangereuses et plus perfides. Elles ne disent pas : 11 est défendu à tous catholiques de pratiquer leur
* Acte du parlement anglais de 1692. ScuUy's pénal laws, p. 64. \