‹ L'Irlande sociale, politique et religieuseChapitre 90 sur 333 · PARTIE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE HISTORIQUE

thème les associations des whiteboys^ Le second est que les violences des whiteboys se portaient indistinctement sur tous les propriétaires et sur les fermiers, et que la plupart de ceux-ci étaient catholiques ^

Enfin, et ceci est un troisième fait non moins grave que les premiers, les mêmes rébellions, qui, dans le sud, éclatèrent parmi les paysans catholiques, se manifestèrent peu de temps après et à l'occasion de causes analogues dans les provinces du nord, où les paysans, qui étaient protestants, s'insurgèrent, les uns en 1764, sous le nom de oakboys, enfants du chêne, parce que les riches propriétaires et les ministres protestants faisaient peser sur le pauvre tout le fardeau de l'impôt et de la dîme ; les autres, en 1772, sous le nom de steelboijs, les enfants dJ acier, parce que le marquis de Donegal, grand propriétaire, avait un jour expulsé tous ses fermiers^. Les protestants du nord, en général presbytériens, ne prenaient pas sans doute les armes en faveur du Prétendant. Us étaient alors bien éloignés du temps où ils pourraient faire cause commune avec des papistes.

« Comme tous les insurgés du sud, dit lord Charlemont, étaient des catholiques, c'était une idée répandue généralement parmi les protestants que l'or et les intrigues de la France étaient au fond de toutes ces rébellions; mais telles n'en étaient point les causes réelles, d'ailleurs bien faciles à reconnaître... Les causes manifestes à tous les yeux, c'étaient la misère, l'oppression, la famine parmi le peuple * ! »

* G. Lewis, Irish Disturbances, p. lia. ■' Ibid., p. 128-136.

5 Ibid., p. 34. — Gordon's, History of îrèl&nd, t. It, ch. xixvil.

* Misery! Oppression! Famine! Hardy, Life of lord Cbarlemoiit, 1. 1, 173. — Je renvoie à l'ouvrage de M. George Lewis tous ceux qui voudraient posséder des détails plus circonstanciés sur les associations dont le w'hiteboysme forme le type. Cet ouvrage est intitulé Irish disturbances, publié à Londres en 1836. — Le livre de M. George Lewis

Les insurrections des whiteboys ne se prenaient donc point au gouvernement : elles attaquaient la propriété et les propriétaires ; c'était une guerre de la population agricole contre les possesseurs de la terre K Et s'il fallait une dernière preuve pour démontrer que tel était leur caractère, il suffirait de considérer ce qu'il est aujourd'hui. Les insurrections des whiteboys, qui, depuis 1760jusqu'à nos jours, se sont constamment reproduites sous des dénominations diverses, ont toujours eu et ont encore pour cause première l'excessive misère du peuple : et cette misère extrême a eu elle-même pour point de départ la persécution née des lois pénales.

Page 1